CARACTĂRISTIQUES ET IMPACTS DURABLES DE LA RĂVOLUTION DIGITALE
La révolution digitale est née de l'évolution des nouvelles technologies de la communication et de l'information (NTIC) et notamment d'Internet. Mais comment notre société s'est-elle adaptée ? Focus sur les marques et les consommateurs.
Encore plus important que lâinvention de lâimprimerie et de la rĂ©volution industrielle, le digital est en train de rĂ©volutionner le monde entier.
Du point de vue des marques, le digital marque une transformation sans prĂ©cĂ©dent que ce soit aux niveaux marketing, de la communication, de lâadministration, de la production⊠Depuis lâapparition dâInternet dans les annĂ©es 90, rares sont les marques qui ne se sont pas installĂ©es sur le web en crĂ©ant un site (commerçant ou non) et/ou un profil sur les rĂ©seaux sociaux.
La tĂ©lĂ©vision, la radio, la presse et lâaffichage sont encore des mĂ©dias indispensables aujourdâhui, mais la rĂ©volution digitale a pris le dessus et Internet est devenu le mĂ©dia privilĂ©giĂ©. MĂȘme les grands titres de presse comme Le Monde ou Le Figaro ont dĂ» sâadapter Ă la rĂ©volution digitale et proposer du contenu web en plus de leur version papier. Câest dire Ă quel point le digital est en train de bouleverser les codes !
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Les apports de la révolution digitale pour les marques
  1. Des clients plus ciblés et/ou une cible plus large
Capable de toucher une large cible, si lâon opte pour une stratĂ©gie de marketing viral par exemple, Internet permet de pousser les frontiĂšres de la zone de chalandise pour un point de vente physique. En effet, grĂące au e-commerce notamment, la nationalitĂ©, la monnaie ou les horaires dâouverture dâune boutique ne sont plus un problĂšme pour la vente et lâachat dâarticles. Les internautes peuvent acheter partout, Ă nâimporte quel moment et sur nâimporte quel support avec la tendance du responsive web design.
Avec le dĂ©veloppement dâInternet, le concept de zone de chalandise numĂ©rique est apparu. Si certaines marques ont optĂ© pour une stratĂ©gie marketing qui ne cible que les femmes parisiennes entre 20 et 50 ans par exemple, il leur est aujourdâhui possible de ne sâadresser quâĂ cette cible sur la totalitĂ© des internautes. GrĂące Ă lâensemble des donnĂ©es collectĂ©es (Ăąge, sexe, ville, films favoris, sites web visitĂ©sâŠ) sur les rĂ©seaux sociaux notamment, les marques sont donc capables de proposer des offres ciblĂ©es selon le goĂ»t des internautes au travers de la publicitĂ© display principalement.
  2. Les pouvoirs des réseaux sociaux
Justement, les rĂ©seaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn, SnapchatâŠ) parlons en ! Ils sont en grande partie responsable de la rĂ©volution digitale mise en marche depuis quelques annĂ©es. Ils permettent aux marques de communiquer avec sa clientĂšle, dâĂȘtre proche dâelle, de se construire une rĂ©putation online et dâenregistrer des donnĂ©es sur ses clients. Ainsi, les marques sont aujourdâhui plus Ă mĂȘme de connaĂźtre les besoins et les attentes des consommateurs en suivant et analysant leur comportement sur le web.
Si lâinstantanĂ©itĂ©, la rapiditĂ© et la proximitĂ© sont devenus des notions clĂ©s avec le dĂ©veloppement des rĂ©seaux sociaux, les marques ont dĂ» sây adapter. Pour avoir une place auprĂšs des internautes, les marques doivent crĂ©er du contenu innovant, suivre les tendances (faire appel Ă des influenceurs par exemple) et communiquer avec sa communautĂ© (rĂŽle des community managers). A ce propos, le dĂ©veloppement des chatbots vont certainement rĂ©volutionner la place du consommateur auprĂšs des marques. Affaire Ă suivre !
   3. Une concurrence accrue
Avec la rĂ©volution digitale, si les clients sont partout les concurrents aussi. En effet, le digital permet aux entreprises de proposer des produits Ă des prix trĂšs attractifs sur des marketplaces (ex : Amazon), des pures players (ex : Vente privĂ©e) ou des plateformes communautaires (ex : Airbnb, Blablacar, UluleâŠ).Â
Depuis quelques temps, on parle Ă©galement dâuberisation. Ce terme dĂ©signe âle phĂ©nomĂšne par lequel une startup ou un nouveau modĂšle Ă©conomique liĂ© Ă lâĂ©conomie digitale peut menacer et remettre en cause rapidement un vieux modĂšle de lâĂ©conomie traditionnelle (ex : le modĂšle de Blablacar pourrait uberiser la SNCF)â.Â
Lâessor des comparateurs en ligne (ex : Liligo) et des marketplaces accroĂźt encore la compĂ©titivitĂ©. En revanche, mĂȘme si la concurrence sâintensifie, analyser ce que font les concurrents est plus accessible avec Internet et lâutilisation dâoutils de veille concurrentielle ou de benchmarking.Â
Exemple : la rĂ©volution digitale chez LâOrĂ©al
La révolution digitale vécue par les consommateurs
Nous constatons une trilogie des rĂ©volutions numĂ©riques du Web pour expliquer les consĂ©quences sur lâindividu :
le Web 1.0, Web des moteurs de recherche et des sites Internet oĂč lâinternaute dĂ©couvre le pouvoir de sâinformer ;
le Web 2.0, Web des mĂ©dias sociaux et rĂ©seaux sociaux oĂč lâindividu dĂ©couvre lâorganisation en rĂ©seau et le pouvoir de se mobiliser ;
le Web 3.0, Web des donnĂ©es oĂč lâinternaute dĂ©couvre lâexploitation Ă©conomique de ses liens sociaux.
Web 1.0 : Le consommateur informé
La vague 1.0 du Web, que lâon peut dater aux annĂ©es 1990, voit fleurir les premiers sites Internet en html (Hypertext Markup Language). Rapidement le nombre de sites requiert de pouvoir sây retrouver dans ce foisonnement de pages Web. La puissance des algorithmes de Google prend progressivement le dessus en pertinence et sâimpose comme mode de recherche dominant. En France, 94 % des recherches se font sur Google.
Lâinnovation du moteur de recherche dote le citoyen consommateur dâun nouveau pouvoir : celui de dĂ©nicher, recouper lâinformation et sâinformer sur tout et nâimporte quoi. Les personnalitĂ©s influentes et les organisations dĂ©couvrent ainsi le risque de se faire dĂ©masquer si elles publient de fausses informations. Lâinternaute nâest plus dupe mais il devra attendre que le Web Ă©volue pour le faire savoir haut et fort. En attendant, il profite dĂ©jĂ dâune plus grande libertĂ© dâinformation. Il commence Ă ignorer les sites âvitrinesâ car reproduisant en ligne les plaquettes commerciales des entreprises. Face aux discours policĂ©s, aux promesses sans preuves, aux belles photos figĂ©es, il prĂ©fĂšre les sites dits âuser-centricâ qui font un effort de contenu centrĂ© sur ses besoins dâutilisateur : conseils, guides dâaide au choix de leurs produits, FAQ, etc. Les sites enterprise-centric ne sĂ©duisent pas les internautes et deviennent invisibles pour le moteur de recherche Google. En effet, avec Google Ă©merge une discipline toute neuve consistant Ă favoriser lâidentification du site par le moteur de façon Ă figurer en bonne place dans les rĂ©sultats de recherche : câest ce que lâon appelle le rĂ©fĂ©rencement.
Les organisations ont Ă©galement mis du temps Ă comprendre quâun client obtiendrait plus rapidement une rĂ©ponse pertinente Ă sa requĂȘte si le contenu du site sâinspirait du vocabulaire utilisĂ© par les internautes pour leurs recherches en ligne, par exemple : âfenĂȘtre isolanteâ au lieu de âvitrage thermiqueâ, âassurance proâ plutĂŽt que âresponsabilitĂ© civile professionnelleâ, etc.
Cette premiĂšre phase du Web a donc fait de lâinternaute un consommateur informĂ© prĂȘt Ă dĂ©daigner les marques qui ne se mettent pas Ă la portĂ©e de son besoin et de son vocabulaire.
Web 2.0 : Le consommateur mobilisé
LâĂąge 2.0 du Web, dit aussi Web 2.0, voit lâavĂšnement des mĂ©dias sociaux et des rĂ©seaux sociaux, câest Ă dire la possibilitĂ© pour les internautes de partager des contenus sans notion de codage et de langage html, ni connaissance technique grĂące Ă de nouveaux outils de publication et de partage de contenu. Les premiers nĂ©s, les blogs, apparaissent en France en 1999 avec lâĂ©diteur Blogger mais le phĂ©nomĂšne attendra encore 5 ans avant de dĂ©marrer en France. Le mouvement des rĂ©seaux sociaux apparaĂźt en 2003 avec LinkedIn, MySpace et Friendster et se gĂ©nĂ©ralise Ă partir de 2004 avec lâarrivĂ©e de Facebook. Le partage de vidĂ©os et le microblogging font leur apparition la mĂȘme annĂ©e, en 2006, avec la crĂ©ation respective de YouTube et du petit dernier, Twitter.
En plus de pouvoir rechercher et de faire rĂ©sonner de lâinformation, lâindividu dĂ©couvre donc le pouvoir de sâexprimer, de se transformer lui-mĂȘme en mĂ©dia et dâorganiser son rĂ©seau. On parle dâempowerment (le pouvoir dâagir des foules) qui sonne comme un contre-pouvoir et une forme dâaccomplissement de soi. Câest Ă ce moment-lĂ que les entreprise ont vĂ©ritablement commencĂ© Ă perdre du pouvoir sur le cyberespace. La vague 2.0 qui submerge le paysage digital change totalement la donne. Lâentreprise nâest plus la seule Ă©mettrice de sa communication. En outre, les rĂ©vĂ©lations ne sont plus lâapanage de quelques titres de presse : avec les blogs et Twitter, nâimporte qui devient son propre diffuseur.Â
En perdant le âquoiâ, le âquandâ et le âcommentâ sur leur propre actualitĂ©, les entreprises perdent la maĂźtrise de leur actif immatĂ©riel le plus fragile : leur rĂ©putation.
Web 3.0 : Le consommateur augmenté
Si le Web 2.0 a flattĂ© lâĂ©go des internautes en offrant des outils comme les blogs au service du narcissisme des utilisateurs, on peut dire que le Web 3.0 consacre la toute puissance du Moi. Progressivement, le consommateur prend lâhabitude que le Web sâadapte Ă son besoin et non lâinverse, quâon lui rĂ©ponde de maniĂšre personnalisĂ©e sur Facebook ou Twitter. Il devient incapable de sâadapter Ă des procĂ©dures qui lui seraient imposĂ©es, comme celle de remplir un formulaire. Lâabsence de personnalisation lui demande un effort considĂ©rable. Dans ce recentrage sur lâutilisateur, le design et lâexpĂ©rience utilisateur ont pris une importance considĂ©rable.
source : carolinefaillet.com
Du Web 1.0 au Web 3.0 : La mutation du consommateur va de pair avec la révolution numérique.
Son indĂ©pendance vis-Ă -vis des organisations se manifeste aussi par lâessor de la communication collaborative (le crowdspeaking). Dans son monde centripĂšte dont il occupe le cĆur, lâinternaute 3.0 Ă©change, revend, partage, donne, selon ses besoins et ses convictions, en court-circuitant les schĂ©mas Ă©conomiques traditionnels. Il sâest augmentĂ© de 6 nouvelles dimensions qui transcendent son statut de consommateur :
Prescripteur, publication dâavis, dâĂ©valuations, recommandations dans les conversations ;
Média, il tient un blog, publie des photos, etc. ;
Producteur, il met Ă disposition ses biens propres comme sa voiture ou son appartement, ou en fabrique lui-mĂȘme avec une imprimante 3D, etc. ;
Intermédiaire de service, il gÚre la relation avec la communauté
Fournisseur de donnĂ©es, il envoie grĂące Ă toutes sortes dâobjets connectĂ©s des donnĂ©es de gĂ©olocalisation, mĂ©tĂ©o, etc. ;
Financeur, il sâimprovise banquier, lĂšve des fonds grĂące au crowdfunding.
Le Web 3.0 sâarticule par :
- Le web de la mobilitĂ© : les tĂ©lĂ©phones portables en premier lieu, mais aussi les montres intelligentes, ou bracelets connectĂ©s ont cette particularitĂ© dâĂȘtre mobiles.
LâaccĂšs Ă internet est de plus en plus nomade : partout et Ă nâimporte quel moment, le web vient Ă nous et lâutilisation dâinternet devient indĂ©pendante de tout type de support.
Cette mobilitĂ© est probablement la composante du web 3.0 la plus concrĂšte et la plus visible. Les consommateurs se sont en effet largement appropriĂ©s cette opportunitĂ© dâĂȘtre connectĂ©s en permanence.
- Le web des objets connectĂ©s : les objets connectĂ©s vont peu Ă peu investir tout notre quotidien avec pour objectif annoncĂ© de nous faciliter la vie : le thermostat de la maison est maintenant capable de piloter le chauffage en fonction de la tempĂ©rature extĂ©rieure, mais aussi de vos heures dâarrivĂ©e, le rĂ©frigĂ©rateur de demain sera autonome, il enverra en ligne votre liste de courses et saura gĂ©rer lâorganisation de la livraison.
- Le web sĂ©mantique : centrĂ© sur lâutilisateur, capable de comprendre le sens des donnĂ©es et de les recontextualiser. La connaissance client est alors on ne peut plus liĂ©e Ă lâexpĂ©rience utilisateur. En e-commerce, les filtrages collaboratifs dâaujourdâhui analysent a posteriori que les internautes ayant achetĂ© tel produit ont Ă©galement achetĂ© tel autre. La vente en ligne du futur saura anticiper nos envies selon le contexte particulier du moment : lorsque jâachĂšte pour moi, ou pour faire un cadeau par exemple. Le site proposera alors de maniĂšre intelligente les bons produits, au bon moment avant mĂȘme que lâinternaute nâait exprimĂ© son besoin.
Parfaitement agile dans toutes ces dimensions avec lesquelles il jongle au quotidien, le consommateur est finalement devenu ce que lâon peut appeler un consommateur augmentĂ©.
Tous ces changements amĂšnent tout de mĂȘme Ă ĂȘtre vigilant sur un point : son identitĂ© numĂ©rique. Chaque consommateur et chaque marque doivent en permanence surveiller les traces quâils laissent sur le web et ce que google dit dâeux.Â
âVotre marque nâest pas ce que vous en dites, mais ce que google en dit !â  Chris Anderson, rĂ©dacteur en chef de Wired
Il est donc nĂ©cessaire de prendre conscience dĂšs Ă prĂ©sent de lâimportance de cette identitĂ© numĂ©rique, dâanalyser/dâobserver ce quâil se dit afin dâĂȘtre prĂȘt Ă rĂ©agir en cas de crise. Il en va de la survie de la marque ! Â
http://www.marketing-community.fr/2016/05/guerre-digitale-revolution-numerique-transformation-du-consommateur/
https://www.digitall-conseil.fr/le-web-2-0-est-mort-vive-le-web-3-0/