Écoute, voyageur. Pose tes armes, ton fardeau et tends l’oreille car voici le murmure ancien, celui qu’on ne confie que sous la lueur vacillante d’une flamme. L’histoire d’Astraelia. Ce n’est pas une fable… mais un héritage.
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Au commencement Astraelia n’était rien, rien qu’un soupir suspendu dans l’éternité, un voile d’ombres sans lumière, sans son, sans finalité. Il n’y avait ni terre, ni ciel. Le silence y régnait : absolu, immobile.
Soudain, au cœur de ce néant, quelque chose frissonna. Une pulsation muette. Une volonté sans forme ni visage. Elle vibra une première fois, puis une deuxième et enfin, une troisième… Si puissante qu’elle fendit l’obscurité comme un éclair traverse le ciel nocturne.
De cette brèche naquirent les Astrae.
Elles jaillirent, lumineuses, portées par un dessein oublié. Toutes baignées d’une lumière ancienne et mystique. Les Astrae ne se contentèrent pas de briller, non, elles œuvrèrent. Le vide devint souffle, le souffle vibration, la vibration forme et peu à peu un monde prit racine ; Astraelia.
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Les Astrae traversèrent ce jeune monde, elles y semèrent les cycles, le mouvement, l’harmonie. Puis, quand leur tâche toucha à son terme, elles s’effacèrent. Non pas dans la mort, mais dans le don de soi. Leur lumière se fondit dans le ciel et là où elles disparurent… Demeura cependant un fragment. Un cristal vibrant, porteur d’une essence. Feu. Eau. Air. Terre. Nature.
Ce furent les Cristaux Primaires.
Mais toutes ne disparurent pas : certaines Astrae s’élevèrent encore et se figèrent dans la voûte d’Astraelia. On les nomme les Astrelies ou les Arches Astrales. Immobiles, elles veillent et parfois, à qui sait écouter, elles murmurent l’histoire des origines.
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Le monde dormit longtemps et les cristaux primaires reposaient, oubliés sous la pierre et le silence. Puis, un jour, sans avertir, vint la Résonance : une vibration unique, pure, si ancienne qu’elle fit frémir la roche et danser les vents. Les cristaux s’éveillèrent et dans leur lumière naquirent les premiers êtres.
Ils n’avaient pas de nom. Pas de langue. Ils étaient sensation, impulsion, élan. Leurs corps reflétaient le cristal qui les avait engendrés. On les appelle aujourd’hui les Nés du Cristal, ou les Éveillés.
Ils vivaient au rythme d’une pulsation intérieure. Un battement d’étoile enfoui dans la chair. Il fallut des saisons, des aurores, des cycles… Avant qu’ils ne s’unissent. D’abord par des gestes, puis des sons et enfin, les noms.
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Attirés par l’appel de leurs cristaux, les Éveillés voyagèrent. Ils trouvèrent des vallées, des volcans, des forêts, des cieux, et ils s’y installèrent.
Les enfants du feu s’enfoncèrent dans les entrailles brûlantes. Les enfants de l’eau glissèrent entre brumes et marées. Les enfants de l’air trouvèrent refuge dans les hauteurs. Les enfants de la nature s’enracinèrent dans les forêts. Les enfants de la terre gravèrent leurs savoirs dans la pierre.
Ainsi naquirent les cinq grandes nations, chacune liée à un cristal primaire. Chacune porteuse d’un souffle ancien et astral et pendant un temps l’équilibre primait.
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Mais le monde ne cesse jamais de grandir. Des voix traversèrent les vallées, les peuples se croisèrent. Au début, ce furent des dons, accompagnés de regards, puis vinrent les questions. Les malentendus... Et les convoitises.
Certains désiraient les forêts d’autrui, d’autres les cieux, ou les eaux. Les frontières n’étaient pas encore tracées… Mais déjà , elles existaient. Dans les cœurs et dans cette pensée terrible : “ici commence ce qui n’est pas nous”.
L'univers, tissé d’une seule vibration, se mit à battre en dissonance.
La Grande Guerre ne débuta pas dans le fracas. Non. Elle naquit du silence et de l’oubli. D’un feu jeté trop loin, d’une source détournée, vinrent alors les blessures.
Le feu contre la nature ; la forêt devint cendre. L’eau contre l’air ; le vent brisa les marées. La terre… Contre tous ; accusée, trahie, mal comprise. Les cristaux pleurèrent en silence et leur lumière vacilla.
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Quand les lames furent brisées non par victoire mais plutôt par usure… Les peuples comprirent enfin : il leur fallait un lieu. Un lieu pour se parler et surtout pour se souvenir.
Une cité élevée au centre du monde, là où aucune nation ne régnait. Chacune y apporta une part de soi et Myriath devint un carrefour, un sanctuaire. Cœur fragile d’un monde rescapé. Promesse tendue comme un fil de cristal et tant qu’elle tiendra… Peut-être que les astres veilleront encore.
Voici ce que l’on se souvient des origines, enfant des astres. La suite n’appartient pas aux anciens ; elle t’appartient à toi.