Aujourdâhui je quitte la SuĂšde, Ă mes valises sâajoute un autre poids, bien plus lourd, alors que je tourne une derniĂšre fois la clĂ© dans la serrure de ma chambre.
Jâattends Ă lâarrĂȘt prĂȘt du Hemköp, le bus numĂ©ro 3 qui mâemmĂšne de Ryd Centrum jusquâĂ la gare centrale Resecentrum. Il passe prĂšs du McDonald qui est au bout de lâallĂ©e de lâuniversitĂ©, il passe ensuite devant Gamla et sa chocolaterie Cloetta puis arrive Ă Stora Torget, la place centrale. Il poursuit sa route jusquâĂ Resecentrum, tout est calme, le temps est gris, on est mercredi, il est 9h50.
Je prend un autre bus qui va vers la zone industrielle, oĂč se trouve Saab et lâaĂ©roport. Resecentrum Ă©tant un terminus, il faut attendre quelques minutes avant que le bus ne reparte. Nous sommes deux dans le bus, moi et un jeune homme dans un Ă©tat de fĂȘte avancĂ© qui nâa pas encore rĂ©alisĂ© que le bus Ă©tait arrivĂ© Ă destination. Il lui faudra deux minutes pour franchir, titubant, les deux mĂštres le sĂ©parant de la porte. Ca y est je suis tout seul, le bus part.
Il passe par St.LarksgĂ€tan, la rue du H&M et du coiffeur suĂ©dois, aprĂšs câest une partie de la ville que je ne connais pas. Je descends du bus, jâai 15 min de marche pour arriver Ă lâaĂ©roport, je regarde lâitinĂ©raire Ă©tablit la veille sur mon iPhone et je mets âYou gonna miss me when Iâm goneâ en lecture pour me donner du courage. Pas sur que ce soit efficace.
Jâarrive Ă lâaĂ©roport, deux Erasmus allemands sont lĂ , il y a Mario, que je connais bien, venu accompagner son colocataire qui sâenvole pour Stuttgart, il Ă©tait avec moi lors du voyage en NorvĂšge.
Je suis dans lâavion, que certains Erasmus ne trouvent pas trĂšs rassurant, cĂŽtĂ© fenĂȘtre, il va bientĂŽt dĂ©coller, il est 12h55.
Dâici quelques minutes je vais quitter Ă la fois Linköping, la SuĂšde et cela marquera la fin de mon semestre Erasmus, les 5 mois les plus marquants de ma vie. Cette expĂ©rience mâa changĂ© Ă un point dont je ne prends pas encore toute la mesure. Cela mâa sortis de ma zone de confort et je ne veux plus jamais y retourner, je veux continuer Ă voyager, dĂ©couvrir, rencontrer et partager. Aujourdâhui, jâai une peine immense, car je quitte lâendroit que jâai appris Ă appeler maison et les gens qui sont dĂ©sormais ma famille.
Lâavion dĂ©colle, accrochĂ© au hublot, je contemple ce paysage que jâai vu pour la premiĂšre fois un 13 janvier 2015, mais aujourdâhui je reconnais le lac Roxen, lâuniversitĂ© et Ryd Ă mesure que cet avion sâĂ©loigne de mon paradis.