
Game of Thrones Daily
Claire Keane
cherry valley forever

blake kathryn
Stranger Things
almost home


Kiana Khansmith
NASA

wallacepolsom

@theartofmadeline

PR's Tumblrdome
he wasn't even looking at me and he found me
"I'm Dorothy Gale from Kansas"

JVL
will byers stan first human second
seen from Nepal

seen from Argentina
seen from Brazil
seen from Saudi Arabia

seen from United Kingdom

seen from Bangladesh
seen from Bangladesh
seen from Bangladesh
seen from United States

seen from United States
seen from United States
seen from United States
seen from United States
seen from United States
seen from United States

seen from United States

seen from Malaysia

seen from United States
seen from United States
seen from United States
@armor-madalena

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
Le désir est une chose beaucoup plus « noire », beaucoup plus « atroce », que les sociétés modernes ne le présentent. Le fond du désir est un « rayon de ténèbres ». (…) Le désir est la libido de voir quelqu’un qui n’est pas là . La desideratio est la joie de voir l’absent. Le mot latin desiderium se traduit le plus souvent en français, par les mots souvenir ou regret ou mélancolie ou désespoir. Bien sûr aussi, parfois, par le mot français de désir qui en est résulté. Mais, atomiquement, dans le de-siderium, dans l’astre absent, il y a un sous-venir. Dans la désidération, le « venir » de la perte revient « sous » le « venir » lui-même. L’art cherche quelque chose qui n’est pas éloigné de la mort, ou qui, en quelque sorte, appartient à sa nuit. (…) Le désir est l’appétit de voir absent. L’art voit absent.
Pascal Quignard. La nuit sexuelle. 2007
Problème: comment la femme peut-elle choisir d'être mère? l'enfantement doit la traverser, du bas vers le haut, la transfigurer. Car si elle s'assied et réfléchit, place face au miroir son visage buriné, ses épaules rudes et ses flans mordus d'angoisse, comment peut-elle décider, juger qu'il est bon et moral, de concevoir une vie vouée comme elle à la déchirure? comment peut-elle conscientiser cette mort qu'elle s'emploie à offrir? Ce noyau certes charnu mais dur, ce noyau de mort qui livré au vent déchargera les mêmes ondes d'angoisse que celles qui gisent actuellement dans son ventre. L'intelligence et la bonté ont-elles à voir avec la don de la vie ou est-ce autre chose de bien plus fort, de déchaîné, d'étrange?
Pour ceux qui découvrir mes deux oeuvres, fruit d'un travail littéraire acharné, voici la bibliothèque où ils sont publiés.
Pour les autres, je reviens dans deux mois avec une belle surprise.
Quel merveilleux blog qui cale réalités entre deux tremplains du coeur pulsé.
Oh, quel joli message. Merci anonyme au bon coeur

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
L'ennui (mortel)
L’ennui marche sur mes pas et mes pas le suivent, de chez moi au travail, du travail Ă chez moi, et Ă travers des couloirs, des escaliers, des “bonjours”, des sourires. Et tandis que roule ce cycle avachi, oĂą s’achemine en talons la petite prof fardĂ©e, ça songe en moi, sans relâche. Alors que mon ennui s’emballe et m’encercle, je cherche la ligne Ă©troite par oĂą m’en sortir. Mon propre embellissement a eu beau m’exalter au point que j’y livre un travail constant, renouvelant chaque jour l’expĂ©rience matricielle, je suis aujourd’hui rompue Ă cette tâche. Ma beautĂ©, la mienne, statufiĂ©e, glorifiĂ©e, dont l’art fut enseignĂ© Ă 7 gĂ©nĂ©rations de mĂ´mes, est symbole d’autre chose. C’est cette chose que je nomme aventure ou pĂ©ril.Â
Doucement se referme sur mes jours ce couvercle. Mon quotidien bouillonne, les bulles se soulèvent de vapeurs distendues. Mes rêves prendront bientôt les dimensions des affreux fantasmes, qui hantent les crânes arides et que le soir soulage une main sèche et nerveuse. Laissons les morts enterrer les morts.
Je vois, à travers mes lectures, à travers l’angélisme des paysages de mon train, un visage apparaître, difficile, serein, amassé dans la brume, le froid, le vide. C’est le visage d’une œuvre. Littéraire, poétique, charnelle, qu’importe. Il faut qu’elle vive, puisque je la pressens. Elle aurait l’apparence des légendes médiévales, à la simplicité translucide, sur les vieilles peaux incrustées d’or. Ses contours naïfs seront gainés de noirs. Elle sera droite et fluide, d’une douceur poignante. C’est un témoignage sanglant de ces recoins sublimes où la femme en moi s’exulte, où les hommes aimés boivent. Elle se lamente -cette femme- dans des chants qui ne déplorent ni les larmes, ni le sort, ni les sinueuses routes toutes chargées d’errance. Elle contient en elle-même tous les travers de cette vie (cette vie fécondée par toutes celles connues) et les accorde à elle dans un sourire de Joconde, avec un geste d’une candeur si grande que toutes les mièvreries à ses pieds pourrissent. Elle foule d’un pied de fée l'ennui du monde.
Il y a ces bas-fonds que j’ai enviés pour leur vivier juteux d’extraordinaires légendes. Je les ai enviés de ne pas être violés par les lumières du monde, d’être resté enfouis au regard du nombre, d’être l’envers du royaume, aux arches ensevelis. J’ai envié les pirates, les escrocs et les putes de tirer savamment les ficelles interdites: mensonges, simulacres, forces brutales, charmes putrides, alors que le monde s’acoquinait au bien. Mais c’était bien moi qui, à la table de réunion, opinais de la tête et feignais de sourire pour ce recoin servile qu'on veuille bien m'accorder.
A trente ans, la rébellion facile décemment s'affaisse. Il faut autre chose. Je sais les mille frissons qui fleurissent à chaque heure, à l’autre bout du monde, car des dents s’y plantent. Que dégorgent les lâchetés qui nous retiennent de vivre. Mon coeur bat trop vite et le monde est trop lent. Je me dilapiderai entière, à force d’impatience. La mesquinerie des discussions creuses a lassé tout un monde, mais tout le monde poursuit, guettant quelques saillies, quelques sorties fines ou embrouilles tapageuses. Je ne parlerai plus que pour ouvrir des portes. Toutes les portes permises et si possible, enjôler geôlier, bourreaux et âmes grises.
Par où? Faut-il un guide? La vingtaine est faite pour se perdre, la trentaine se ramasse et se met sur la route. Je n’ai pas vu de routes, sinon celle qui me broie.
On ne s’est jamais dit que l’on s’aimait mais tout à l’heure, sur le quai de la gare, je le voyais déployer mille détours pour y parvenir. On s’arrête toujours au bord.
Grands yeux hagards fouillés par des lumières intenses
Des palais suspendus, en moi plus rien ne pense
Les arceaux se relâchent, les anciens dieux s'engrangent
Immenses, et le chaos valse, danse et se mange.
Déesses en rut sous le parquet de nos villes,
Avides, elles frémissent, dans la nuit qu'illuminent
Les miroitants désirs du premier peuple au monde:
Tuer, violer et prendre, dans le reflux de l'onde.
IG: madalenaarmor
Il a douze ans et son grand frère cet été est passé sous les roues d'un tracteur, à un croisement de la ville de ***. Il est mort d’un coup. Ce matin, alors que je me rendais au collège, j'ai vu sa mère descendre de la voiture pour l'y déposer. Je perçus son visage: un front pâle et une mine de jeune fille gracieuse. Elle était peut-être plus jeune que moi. Sa joliesse me sembla arrêtée, les lignes pétrifiées, son regard ressemblait à ces biches flashées en pleine route. Elle caressait son fils aux cheveux, lui embrassait l'épaule, lui dans sa doudoune éclatante, inclinait sa petite tête, sous l’arc de sa mère. Elle n’avait pas le drapé de la robe de Marie, ni le poids immuable de la statue penchée. Elle n'avait même plus de regard. Ses gestes s’affolèrent sur le petit visage qu’elle ramena à son cœur. La main d'amour qu'elle passait était dépossédée. Ce n'était pas une scène de film. C'était un beau lundi verdoyant et solaire, sur la ville sèche, très sèche, archaïque, si bien qu’on la compte parmi les cités de caractère, trésor patrimonial qui attire les touristes, où vivent des gens pauvres, et même des pauvres gens. Et moi je n'ai rien dit, je n'ai ni salué ni souris, mes doigts se sont serrés. J'ai fait comme le monde fait. La brume qui se répand autour des foudroyés nous laisse interdits. Le monde frôle l'aigu de leurs silhouettes, doucement déportées dans des vagues solides, où chaque geste qui se meut de cette ombre si forte s’en retire plus mince qu’une enveloppe. Leur forme humaine nous échappe, avance dans un ailleurs sans poids, croirait-on. Ont-ils le même esprit désormais? Leurs faces sont devenues des masques aux fentes grises. La cathédrale se dresse toujours comme un abîme de forces. Elle n'a jamais été autant anonyme.
Problème: comment la femme peut-elle choisir d'être mère? l'enfantement doit la traverser, du bas vers le haut, la transfigurer. Car si elle s'assied et réfléchit, place face au miroir son visage buriné, ses épaules rudes et ses flans mordus d'angoisse, comment peut-elle décider, juger qu'il est bon et moral, de concevoir une vie vouée comme elle à la déchirure? comment peut-elle conscientiser cette mort qu'elle s'emploie à offrir? Ce noyau certes charnu mais dur, ce noyau de mort qui livré au vent déchargera les mêmes ondes d'angoisse que celles qui gisent actuellement dans son ventre. L'intelligence et la bonté ont-elles à voir avec la don de la vie ou est-ce autre chose de bien plus fort, de déchaîné, d'étrange?
Pour ceux qui voudraient découvrir mes deux oeuvres, fruit d'un travail littéraire acharné, voici la bibliothèque où ils sont publiés.
Pour les autres, je reviens dans deux mois avec une belle surprise.
Cette nuit, après la fête, nous nous sommes couchés tous les deux dans la tente. Tous deux dans la nuit ensomeillée, perlée de mouettes hurlantes. Dormir dans une tente, c'est tomber dans la vraie vie, primitive, matérielle, nouée et dénouée, qui s'élève et échoue, c'est passer de grèves en grèves, bien ou mal lunés, glissant dans les courants contraires avec la seule tenue d'une peau tirée par le soleil. Mael s'agitte dans sa couverture de survie tandis que je dévale l'escalier du sommeil. Lui est tout fébrile parmi ses idées jaillissantes. Brusquement, il se lève, s'habille, prend sa sacoche et sort de la tente. Derrière les falaises insoutenables, l'aube est encore recluse sous les cris des bêtes sauvages. Lui s'en va errer dans le désert des rues libres. La marche est le premier de ses éléments, la marche, la cigarette, la musique; la douche, le sommeil et le sexe gisent à côté. Il se prononce dans la rue profilante, il erre et finit par s'assoir sur le rebord d'un muret, en pleine face de la mer. L'aube commence insensiblement à prononcer ses airs et lui compose, avec l'attention de la pierre, il trace sur la partition froissée les cerises d'un été jamais éclos et s'applique d'avantage sur le tracé des barres, emettant, la bouche close, des petits sons de gorge. Son corps sombre s'assouplit de ce rythme solitaire, tenu par lui-seul. Lorsqu'il écrit, sa concentration est profonde, permise par cette confiance qui est celle là -même qui cadense ses pas dans la ville enfouie, à cette heure où le jour s'éveille. Je l'admire pour cela, pour cette force qui en lui est naturelle, dirigée comme l'eau montante, de l'intérieur, par la flamme impassible de sa naissance.

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
« L’homme est large, trop large, je le restreindrais. Le diable seul sait ce qui se cache dans tous ces hommes, quelle boue, quel chaos, quel démon y grouille. » (Les Démons)
Ce matin, au réveil, j’ai appris l’affaire. Je creusais un peu, compulsais les articles, en proie à la pulsion de voir, de savoir, de dévorer et de mordre la vérité nue. Puis, je lisais les paroles de bourreaux et des proches, et me sentais séduite par leurs jeux habiles de dissimulation, de travestissement des faits, d’atténuation des actes. Mais l’horreur était là et frappait ma conscience. Toute ma journée s’est alors souillée d’une laideur grandissante, corrompant toute chose d’un goût d’immondice, de putréfaction, de merde et de sang.
Le mal absolu. On en oublie la marque, tant le quotidien nous l’affaiblit, tant nous sommes habitués aux entrelacs du mauvais et du bon, à l’ambiguïté des êtres et des actes, à la relativité des valeurs. Mais là , il n’y avait plus aucune nuance pour troubler les images du mal. Je vis défiler quelques vidéos qui dès lors me hantèrent, comme un flux cauchemardesque. Tous les arguments de défense étant fallacieux, le mal s’incarne dans les visages de bourreaux, dans la douleur des martyrs et leur humiliation, dans les rires complices des innombrables témoins. Ces clients du spectacles -non un clan de psychopathes isolés- mais bien une foule massive, vivace, réclamaient de franchir de nouvelles limites, curieux des tréfonds. Le mal absolu, faisant sauter tous les verrous, un à un, des mois durant, et à la vue de tous, jusqu’à passer une dernière ligne: la mort de l’homme sous la torture publique. Alors le monde s’arrête, horrifié, et scrute sa propre image, bouleversée et immonde.
Et la honte d’un coup ravage toutes les consciences. Je ne me sens digne de rien et j’ai honte de ce monde. Le monde honteux tente de se racheter par des discours de blâme, comme moi-même ici. Parler, dénoncer, couvrir la gueule béante et muette de l’horreur. Les questions philosophiques tombent comme des enclumes, dans un bruit désolé. Certains cherchent le coupable à l’extérieur de sa propre civilisation (cf Papacito), désignent certaines cultures et les tiennent responsables. Mais je crois la salissure collective, et la responsabilité commune.
Je n’ai jamais eu aussi soif de beauté, qu’en cet instant. De cette plaie suppurante, où les larves grouillent, seule la beauté me semble propre à assainir l’air. La laideur -laideur de l’appartement encrassé, laideur des scènes de dégradation, laideur de la perfidie, des exhortations de la foule, de l’anonymat du mal - ne m’a jamais tant semblé être l’exact opposé du beau, voire même son adversaire. La beauté de la civilisation et de l’art, je me sentis me prostrer à ses pieds, avec une gratitude d’enfant qui mendie protection, conjuration d’un cauchemar.
« Le mal imaginaire est romantique, varié ; le mal réel morne, monotone, désertique, ennuyeux. Le bien imaginaire est ennuyeux ; le bien réel est toujours nouveau, merveilleux, enivrant. » Simone Weil (La Pesanteur et la grâce)
Le mal au quotidien m’apparaît toujours lacé au désir et aux joliesses du vivant, comme un pendant du bien, une nuance, une ombre embrassée aux couleurs de la vie. J’en ai donc une vision confortable, une vision d’agrément. Entraîné dans les faisceaux de l’art, doré par le prestige de la représentation, le mal fascine. J’en ai, si j’ose dire, une vision utilitaire, puisqu’il n’est pas rare qu’il serve d’enluminures à mes récits, d’épices à mes amours.
Mais dans cette affaire là , le mal brise toute représentation. Il apparaît dans ce qu’il est foncièrement: une souillure indépassable. Et se répand une odeur tenace de sueur, sécrétion de la peur et de l’avilissement. Devant cela, on ne peut qu’invoquer de grandes instances célestes, pour le bannir, le punir, le laver.
Seigneur, prends contre toi cette âme martyrisée. Console là . Réserve ta foudre aux coupables.. Attise cette conscience douloureuse dans l’âme de la foule, afin qu’elle craigne le diable et le combatte.
Edit: je suis tellement traumatisée, et je garde en moi un tel dégoût, en ligne de fond, que j'aimerais savoir si vous la sentez aussi, cette fracture. Mon chéri me dit: mais tu le savais que l'humain pouvait être mechant. Mais non, on ne le sait pas, on l'oublie, on ne peut intégrer ce mal, qu'à travers une blessure terrible. Il faudrait que toute la société se soulève pour denoncer ce massacre. Et pour cela, qu'elle regarde la vérité en face, qu'elle affronte son caractère insoluble, impardonnable. Il ne faut pas que ça devienne un recit et une histoire. Ça doit rester une blessure ouverte, qui nous rappelle la vérité du mal, au-delà de la fiction.
Si ses traits reflétaient l’heure sombre où la cruauté avait bâti, à l'entrée du monde, ses colonnes et ses douves, ce palais de disgrâce s’érigeait dans un calme lointain. En l'observant, je reconnus qu'il avait été taillé par des mains audacieuses, et si les gens s'écartaient à son approche, c'était sans doute à cause de l’ insolence de sa laideur parfaite.
20/03/2022
C’était pendant le voyage à Florence. La tension fratricide qui sévissait entre mes compagnons et moi me poussait à m’en écarter et à prendre le large. C’était le dernier soir dans cette ville qui me submergeait de ses vapeurs sublimes. Je dois préciser que la lecture de l’Abbé C de Georges Bataille s’accordait parfaitement à l’avancée dans cette ville sans cesse plus pénétrante. Dans toutes mes ballades, Bataille était une lourde ivresse tiraillant mes sens, et la noirceur de ses pages me poussait vers des pensées et des actes périlleux. C’est un texte où se consument des personnages superbes; abîmés,sous des froideurs tragiques, vers des fonds ignobles et écœurants, où les pulsions sexuelles les défigurent et les révèlent à une monstruosité insoutenable et sacrée. Ces pages transpirent la transgression et disposent aux audaces les plus coupables. Or, j’ai ma morale, mais qui me tient si faiblement qu’elle ne résiste que dans une voix souffreteuse et faiblarde
J’ai rencontré un jeune homme de mon âge à l’angle d’une rue. Il ne bougeait pas quand je l’ai abordé. On a échangé un regard, je me suis éloignée, puis je suis revenue et je lui ai parlé. Il m’a mesuré un instant d’un regard hautain, étranger. Puis nous avons parlé et le reste a suivi. Il portait un prénom d’ange qui s’éleva comme une majestueuse arcade , enveloppant toute la ville dans son toucher de cendre. Dans une des ruelles troubles de la ville toscane, il prit possession de moi, et la rue avait ménagé au creux de ses dédales, au milieu des corolles de marbres, des souillures, un berceau de bitume où tout fut commencement. Je me suis mise à genoux pour adorer cela qu’il avait libéré d’une main leste et sûre. Il n’y avait là nulle tendresse. Son corps restait vêtu, inexorable et ma soumission était d’une véhémence qu’il surplomba d’un regard indicible. Ses yeux reflétaient les remous d’une flamme dure, verte, éculée et tout de lui m’enseigna quelque chose de secret. Il me dit certaines choses: qu’il aimait la beauté et la déchéance, que la vie l’ennuyait sans ces amusements. Que son nom l’agaçait, toute cette pureté, tout ce drame où s’étaient sculptés ses talents, son corps, ses cheveux noirs. Incapable d’enjamber cette pureté, il y vivait méchamment, avec un égoïste royal et tous ses gestes envers moi étaient charité inhumaine. La froideur de l’instant était d’un velours adorable, exaltant. Dedans, tout ce qui remue n’est que jaillissement.
On se relève après des heures d’affrontement dans la ruelle close, je me rhabille, me dĂ©robe Ă son regard. Il remet sa veste de cuir et me repousse quand je l’enserre. On Ă©tait au fond de la nuit et un vent affreux dĂ©charnait la rue. Les dĂ©tritus volaient et des italiens ivres improvisaient un foot avec une canette vide. Je me joins Ă eux, puis RaphaĂ«l me raccompagna jusqu’à chez moi. Nous parlions: chacun avait revĂŞtu sa fiertĂ© et sa sĂ©duction, chaque rĂ©plique avait l’ambiguĂŻtĂ© d’un chant d’amour indiffĂ©rent. Â
Si ses traits reflétaient l’heure sombre où la cruauté avait bâti, à l'entrée du monde, ses colonnes et ses douves, ce palais de disgrâce s’érigeait dans un calme lointain. En l'observant, je reconnus qu'il avait été taillé par des mains audacieuses, et si les gens s'écartaient à son approche, c'était sans doute à cause de l’ insolence de sa laideur parfaite.
"Les bourgeois, les enfants petits bourgeois, n'ont jamais eu besoin de passer à la caisse... Ils n'ont jamais eu d'émotions... D'émotion directe, d'angoisse directe, de poésie directe, infligée dès les premières années par la condition de pauvre sur la terre... Ils n'ont jamais éprouvé que des émotions lycéennes, des émotions livresques ou familiales et puis plus tard, des émotions "distinguées"... voire "artistiques"... " Louis-Ferdinand Céline
Le film Diamant Brut d'Agathe Riedinger m'a beaucoup plu. En voici une brève critique.
Les images de la grandeur classique constellent par flash l'horizon de l'héroïne. Ce sont de rares éclairs. Sa condition d'inculte, de cas social, son absence de socle la condamnent à avancer dans un couloir de fausses lumières. Elle y reçoit une pluie trouble de dévotions et d'injures. Mais elle veut percer l'œil universel.
Une sirène l'appelle, l'aimante, la tourmente. On lui promet qu’elle apparaîtra enfin. Avec ses faux ongles immenses et ornés de faux diamants, sa bouche repulpée, ses seins et ses fesses refaites, son personnage fascine. Pourquoi? Parce qu’il est transi et consumé d’un vrai désir. Elle veut être belle et souveraine. On lui offre de devenir objet. J'ai aimé la justesse du tableau: la manipulation insidieuse que le système exerce sur les âmes encore jeunes et pétries d'une soif rageuse. Leur idéal souterrain, informulé, ils le traduiront en une imagerie vulgaire, insensible, en un goût boulimique de paillettes crasseuses. Pour contrer la servilité qui la guette, à laquelle on la voue, cette jeune femme n’a d’arme que sa fierté. Elle marche et court, aspirée par ce qu'elle n'a pas, qu'elle s'acharne à contrefaire, dont elle traque le faux reflet.
Les femmes de la bourgeoisie ont le même désir qu'elle: que le monde les honore et reconnaisse leur royauté. Mais leur ont été transmis les raffinements nécessaires pour se distinguer de la masse: la technicité des charmes, la maîtrise du langage, du paraître. Savoir se sublimer contre l'humiliation. Liane marche au bord de la honte, continument. Elle frise la déchéance, la prostitution. Pourtant, avec toute la dignité de son vrai désir, elle enjambe le mépris.
Ce film prend à bras le corps la quête de son héroïne: devenir un star de la téléréalité. Mais au fur et à mesure du film, le regard du spectateur perd sa lueur de mépris. Il ne s’en amuse plus. Il entre dans cette quête, ce tourbillon qui s’enfonce toujours plus loin. On en comprend l’urgence et la nécessité. Le sourire final de la fille, c’est l’abdication de notre paternalisme. Elle s’approche de sa réalisation personnelle, à deux doigts de l’abîme.

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
Elle défit sa tignasse dont les boucles roulèrent sur son dos. Ses petits doigts potelés, vernis de pourpre, replacèrent ses seins. Son t-shirt la moulait de trop car sa chair était d'une abondance tenace, luttant contre le tissu qui ne cédait rien. Gloria laissait au sol son regard traîner. Le souffle débordant comme la chair, elle ne savait que faire de ses mains, quelle grâce imprimer à ses gestes. Tout en elle allait vers l’écrasement et c’était un effort désespérant de ne pas débouler au sol, s’y découper en sanglots. Elle avait des bras d'amante autour de son cœur creux baigné d'adorations. Cloué au fauteuil, l'attention de Pierre glissait le long des murs, dans un élan constant et sans attache. Il frôlait ce décor pigmenté, garnis d’autant de figures glorieuses et de fleurs qu’en peut contenir la féminité la plus odorante et inquiète. Le silence dans la pièce semblait le gardien des murs où pendouillaient les pétales de cette fille plâtreuse. Et les gestes de Gloria, ses petites mains vernies, stagnantes, nerveuses, s’enfermaient dans ce silence pour y bâtir des actions closes, déliées mais closes. Elle frotta son index sur ses cernes afin d’essuyer d'éventuelles bavures de noir. Pierre la regarda enfin. La fierté les maintenait chacun de part et d’autre d’un silence sans énigme. Gloria enfin pris la parole d’une voix rauque, elle dit: “Tu sais, dans ce monde, il y aurait plein d’autres mecs qui auraient envie de moi.” Un désespoir murissait en elle, celui de ne se résoudre à rien: il devait y avoir quelque part encore un frisson à saisir dans la chair de l’autre. Mais Pierre, dégrisé de toutes ces fioritures, secoua la tête vaguement: “Si c’est ce que tu veux, vas-y”. A cette instant, Gloria rougit, sa vulgarité craquela. Une force l’entraîna sur le lit, elle s’y vautra à plat ventre et se crut la femme la plus éprouvée du monde.
“Tout roman, poème, tableau, musique, qui ne détruit pas, je veux dire, qui ne se construit pas comme un jeu de massacre dont il serait l’une des têtes est une imposture.” Jean Genet