Qui a (vraiment) tué la presse papier? par Slobodan Despot
Avertissement. Comme annoncĂ© dans le numĂ©ro 61 de lâAntipresse, je publie ici la contribution que la rĂ©daction de LâHebdo mâavait demandĂ©e pour son ultime numĂ©ro et quâelle a eu le fair-play de publier sans altĂ©ration. La suite, Ă partir du deuxiĂšme sous-titre, est un prolongement inĂ©dit. (SD)
Qui a assassinĂ© LâHebdo? Quâest-ce quâon a oubliĂ© dâexaminer durant lâautopsie? Nâaurions-nous pas affaire Ă un tueur en sĂ©rie? Et autres mystĂšres cachĂ©s dans les abattoirs de la presse...
La Suisse romande parle français, consomme de la tĂ©lĂ©vision et de la presse françaises, mais ne pense pas français. Elle ne pense pas non plus alĂ©manique. Elle ne pense mĂȘme pas tant «romand» que cantonal. Au milieu de ce creuset de particularismes, il y avait un magazine qui ambitionnait dâĂ©lever le regard par-delĂ les bocages, de relier le particulier Ă lâuniversel. LâidĂ©e Ă©tait audacieuse, lâespace de manĆuvre millimĂ©trĂ©. Par-delĂ ses partis pris, LâHebdo de Jacques Pilet instaurait un forum oĂč la culture, la politique et les questions de sociĂ©tĂ© laissaient leurs couleurs locales au vestiaire. Un dress code chic selon les uns, snob selon les autres. Pour ma part, jây trouvais des dĂ©bats et des sujets pour lesquels les pages de LâHebdo offraient la seule piste dâatterrissage possible dans notre coin de pays. CâĂ©tait malgrĂ© tout un outil de dĂ©senclavement. Faut-il ĂȘtre myope pour se rĂ©jouir de sa disparition!
Mais je ne me joindrai pas au chĆur des pleureuses. On mâa demandĂ© un tĂ©moignage, non des condolĂ©ances.
Pour croĂźtre et durer, LâHebdo nâavait que deux options: soit sâimplanter fermement dans son pot, soit Ă©tendre son terreau. Il en a choisi une troisiĂšme en forme dâoxymore: lâinternationalisme provincial. Il sâest arc-boutĂ© sur une prĂ©dication europĂ©iste qui nâintĂ©ressait personne depuis 1992 et faisait sourire hors frontiĂšres, lĂ oĂč lâon vivait ces illusions plutĂŽt quâon ne les rĂȘvait. Comme sa religion ne «vendait» plus, il sâest mis Ă vanter les terrasses de Suisse romande en parodiant LâIllustrĂ©. De fait, ce nâĂ©taient pas les «sujets sĂ©rieux» qui fatiguaient le public, mais bien la rigiditĂ© mĂ©canique et la ringardise de lâapproche. LâHebdo a connu une forte Ă©rosion de ses abonnĂ©s durant la derniĂšre dĂ©cennie sans jamais se remettre en question. Car ce nâĂ©tait pas un dĂ©saveu: câĂ©taient juste des rĂ©acs qui nâavaient rien compris!
Ayant curieusement Ă©tĂ© cooptĂ© au «Forum des 100», jâai assistĂ© voici quelques annĂ©es Ă un «petit dĂ©jeuner» organisĂ© par Ringier. On y a dĂ©cortiquĂ© la surface de pub, la stratĂ©gie marketing, les classes de revenus, mais pas un seul instant le contenu rĂ©dactionnel, le cĆur du problĂšme. Je me suis dit alors que lâaffaire Ă©tait pliĂ©e. Le destin de LâHebdo rĂ©sume Ă lui seul la tragĂ©die de lâidĂ©alisme soixante-huitard dont il Ă©tait lâun des derniers Ă©chos. A force de vouloir rectifier la raison des gens, il a Ă©tĂ© rectifiĂ© par la raison des chiffres.
Un debriefing Ă ĆillĂšres
Quelques jours aprĂšs cette annonce-choc, lâĂ©mission Infrarouge a organisĂ© un dĂ©bat de spĂ©cialistes au chevet du magazine expirant. AprĂšs lâavoir portĂ© Ă bout de bras pendant quinze ans, son Ă©diteur Ringier (alliĂ© Ă Axel Springer) a donc fini par le lĂącher. Parce quâil «ne reflĂšte plus lâair du temps», estime TibĂšre Adler, lâex-patron dâEdipresse. Alain Jeannet, le rĂ©dacteur en chef, pense que si le magazine a tenu si longtemps, ce nâest pas malgrĂ© son positionnement de gauche, mais grĂące Ă ses «valeurs», Ă sa «vue de la sociĂ©tĂ© qui nâest pas forcĂ©ment majoritaire». Tenir si longtemps avec des positions aussi marginales Ă©tait carrĂ©ment un «petit miracle», comme les intervenants ont proclamĂ© Ă lâunisson.
A cet instant prĂ©cis, le spectateur attentif pourrait se poser des questions. Quel est alors ce magazine ou ce journal non nommĂ© qui correspondrait Ă une vision de la sociĂ©tĂ© «majoritaire»? Comment? Il nâexiste pas? Mais pourquoi? Au lieu dâĂ©ponger quinze ans durant les pertes dâun magazine reprĂ©sentant des idĂ©es sans appui, ses Ă©diteurs nâauraient-ils pas eu lâidĂ©e de le recadrer, voire de crĂ©er un titre non concurrent mais complĂ©mentaire, adressĂ© justement Ă cette opinion «majoritaire» que LâHebdo dĂ©daignait? Nâest-ce pas ainsi, du reste, que la Weltwoche fut tirĂ©e du marasme oĂč elle Ă©tait plongĂ©e dans les annĂ©es 1990, quand elle sâĂ©tait noyĂ©e dans la mĂ©lasse du «mainstream»?
Lâappel de cette opinion dĂ©daignĂ©e est pourtant bien rĂ©el. Il sâexprimait jusquâau cĆur mĂȘme de lâĂ©mission, par la voie du canal des tĂ©lĂ©spectateurs, la «Parole citoyenne». Laquelle parole exprime avant tout le rejet du «politiquement correct» et la mĂ©fiance quant au contenu mĂȘme de lâoffre, ce contenu quâon se refuse absolument Ă mettre en question. «Actuellement, la presse ne sert plus Ă rien, mis Ă part Ă faire peur et embobiner les gens», clamait ainsi la voix du peuple.
Mais il nây avait personne pour lâentendre. La cause Ă©tait entendue dâavance. LâHebdo est tombĂ© victime du «changement des habitudes de consommation de lâinformation» (Jeannet), nullement de lâinadĂ©quation de son offre ni de lâincompĂ©tence de ses responsables.
Comme il est de rigueur par les temps qui courent, il fallait un «expert» pour lĂ©gitimer lâautisme du milieu. Le Monsieur Loyal dĂ©signĂ© Ă©tait un professeur en «sciences de la communication» de lâUniversitĂ©, Patrick-Yves Badillot. Lequel nous a servi les Ă©vidences de service â Ă©rosion des lecteurs et effondrement de la publicitĂ© â quâon connaĂźt sans forcĂ©ment ĂȘtre payĂ© 15 ou 20 briques par mois. Sans oublier la vague inquiĂ©tude sur la qualitĂ© du dĂ©bat dĂ©mocratique et lâavenir de la dĂ©mocratie: «Chaque fois quâun journal disparaĂźt, la qualitĂ© de lâinformation sâĂ©rode aussi». La vision sous-tendant ce propos est carrĂ©ment thĂ©ologique: «Hors lâĂglise point de salut!» Autrement dit: la presse classique est seule productrice dâinformations fiables, et son retrait ne dĂ©bouche que sur la propagande, les «fake news» et le populisme.
Le fait quâil nây ait eu, durant toutes ces annĂ©es oĂč LâHebdo rĂ©gna sans partage sur la culture politique en Suisse romande, aucun contrepoids au discours gauche bobo sur le marchĂ© suisse francophone, ou le fait que ce magazine encore un peu diversifiĂ© ait Ă©tĂ© sacrifiĂ© Ă la survie du politburo globaliste rĂ©gional, Ă savoir le quotidien de censure Le Temps, semblent totalement Ă©chapper Ă la conscience de nos experts et Ă leur analyse. CâĂ©taient pourtant, me semble-t-il, des donnĂ©es fondamentales du problĂšme. Un public ulcĂ©rĂ© par le mĂ©pris des journalistes, lassĂ© dâune vision du monde systĂ©matiquement biaisĂ©e oĂč il ne se reconnaissait pas, sâest naturellement dĂ©tournĂ© de cette presse de prĂȘchi-prĂȘcha et sâen est allĂ© chercher son bol dâair frais dans lâanarchie de lâinternet et des rĂ©seaux sociaux. Et les publicitaires, sans Ă©tats dâĂąme, lui ont emboĂźtĂ© le pas.
Ceci nâest pas une explication exhaustive, mais au moins un paramĂštre de lâĂ©quation. Le paramĂštre, justement, quâon a voulu Ă©luder. En prĂ©tendant, notamment, que la dĂ©saffection de la «presse papier» Ă©tait purement une affaire technique, un progrĂšs inĂ©luctable et sans retour vers le virtuel. Comment expliquer alors la vive rĂ©sistance et mĂȘme la remontĂ©e du livre papier par rapport aux e-books?
PlutĂŽt que de rĂ©flĂ©chir Ă ces questions compromettantes, les professionnels de la branche ont optĂ© pour le pragmatisme. Les journalistes, espĂšce menacĂ©e, en rĂ©clamant leur mise sous protection de lâĂtat (Ah! Ces veinards de collĂšgues de la SSR qui profitent de la redevance universelle et obligatoire). Les Ă©diteurs, en «diversifiant leurs sources de profits».
On nous a donc rĂ©vĂ©lĂ© que lâidĂ©aliste Ringier, qui se prĂ©sente par ailleurs comme un «collectionneur dâart zurichois» et non comme un requin dâaffaires, a rachetĂ© dâinnombrables sites utilitaires du type petites annonces et que son grand concurrent suisse Tamedia a fait de mĂȘme. Des activitĂ©s sans rapport avec lâĂ©dition, mais qui ont lâavantage de recapter cette mĂȘme manne publicitaire qui a fui la presse. Autrement dit, les propriĂ©taires de journaux eux-mĂȘmes accĂ©lĂšrent lâagonie de leurs «fleurons» sur qui lâon verse ensuite des larmes de crocodile en invoquant la mise en danger du dĂ©bat dĂ©mocratique que ces mĂȘmes «fleurons» se sont employĂ©s Ă censurer, canaliser et Ă©masculer.
Tel est donc, au sortir de cette semaine funeste, le paysage aprĂšs la bataille dans une des rĂ©gions les plus riches du monde occidental. Et la perspective nâest guĂšre plus entraĂźnante. Quelques titres locaux et marginaux qui survivent par leur positionnement de niche et lâengagement sans bornes de leurs (petits) propriĂ©taires. Des services publics servant de rĂ©serve dâIndiens pour les derniers journalistes professionnels, devenus de simples fonctionnaires du MinistĂšre de la VĂ©ritĂ©. Et un magma de publications internet plus ou moins fiables, plus ou moins orientĂ©es, plus ou moins rentables.
Est-ce vraiment la seule musique dâavenir pour ce pays qui a jadis servi de refuge et de dernier recours pour la vie intellectuelle en Europe?
Un antécédent exemplaire
A priori, cette triste affaire pourrait nâavoir quâun intĂ©rĂȘt rĂ©gional. Mais lâaffaire LâHebdo nâest quâun rĂ©sumĂ© en petit de lâassassinat du mĂ©tier de journaliste par ses protagonistes mĂȘmes.
Il suffit de tirer le fil rouge pour Ă©tendre le cas Ă lâEurope entiĂšre, terrain dâexpansion des grands groupes de presse germano-suisses rĂ©cemment reconvertis dans les petites annonces. Ainsi notre «collectionneur dâart zurichois», M. Ringier, sâest-il intĂ©ressĂ©, ces vingt derniĂšres annĂ©es, Ă la presse dans les pays de lâEst. Dans la Serbie ruinĂ©e, il a rachetĂ© Ă bas prix le quasi-tabloĂŻd Blic, puis son opposĂ© diamĂ©tral le magazine NIN (Nedeljne informativne novine, «Journal dâinformation hebdomadaire»).
NIN, par sa pĂ©riodicitĂ© et son positionnement «gauche intello-critique», pourrait ĂȘtre le frĂšre jumeau de LâHebdo, Ă ce dĂ©tail prĂšs quâil est nĂ© en 1935 et quâen 3449 Ă©ditions, il a connu des problĂšmes dâune tout autre envergure que le ressac publicitaire. NIN, câĂ©tait, dans la Yougoslavie socialiste, le pĂŽle le plus lu et le plus respectĂ© de la pensĂ©e libre. CâĂ©tait une institution du journalisme indĂ©pendant, au mĂȘme titre et plus encore que le Canard enchaĂźnĂ© en France.
De quelle liberté la pensée pouvait-elle disposer dans un systÚme totalitaire, me demandera-t-on? Eh bien, à voir le destin de ces deux demi-frÚres de la presse Ringier, il y a de quoi dissiper certaines idées toutes faites.
Le NIN dâavant Ringier Ă©tait rompu aux luttes idĂ©ologiques. Il avait Ă©tĂ© interdit, mis sous tutelle, connaissait censures et contrefeux. Ses journalistes maniaient lâironie, le sous-entendu et lâantiphrase, se jouant des rĂšgles du «politiquement correct» avec lâassentiment passif dâun pouvoir dĂ©monĂ©tisĂ©.
LâarrivĂ©e dâun investisseur occidental aurait pu signifier lâĂ©clatement du carcan et lâouverture des fenĂȘtres. La rĂ©alitĂ© fut exactement inverse.
En septembre 2009, peu de temps aprĂšs leur rachat, le collectif des journalistes de NIN adressait une lettre solennelle Ă Michael Ringier dĂ©nonçant lâassassinat de leur titre.
Les journalistes commençaient par sâĂ©tonner du dilettantisme avec lequel la maison Ringier avait entrepris de «rĂ©former» leur vĂ©nĂ©rable magazine, alors quâelle ne possĂ©dait en Serbie que de la presse de caniveau. Puis ils dĂ©crivent une Ă©volution cauchemardesque.
«TrĂšs rapidement, le rĂ©dacteur en chef a Ă©tĂ© limogĂ© et remplacĂ© par un journaliste relativement anonyme venu du quotidien Blic. Cette relĂšve sâest faite pratiquement de nuit, sans un seul mot dâexplication ou un communiquĂ© pour les lecteursâŠÂ»
Sâensuit la description, dans un langage peut-ĂȘtre un poil trop riche pour la comprĂ©hension de M. Ringier, dâune suite dâ«innovations» barbares, mufles et par-dessus le marchĂ© incompĂ©tentes, tĂ©moignant de mĂ©connaissance (et de dĂ©sinvolture) tant Ă lâĂ©gard du public que du mĂ©tier.
Comme ailleurs, la politique de lâĂ©diteur occidental aura Ă©tĂ© de simplifier la pensĂ©e, abrutir («dumb down») le contenu, «optimiser» les processus, notamment en remplaçant des professionnels chevronnĂ©s par des «blancs becs» arrogants venus du monde du tabloĂŻd. Bref, la raison commerciale remplaçant lâĂ©thique journalistique. RĂ©sultat:
«AprĂšs seulement quelques numĂ©ros, la qualitĂ© du NIN sâest effondrĂ©e au niveau le plus bas de ces derniĂšres dĂ©cennies, comme en tĂ©moignent les avis des collĂšges dâautres mĂ©dias, mais Ă©galement les nombreuses rĂ©actions nĂ©gatives de nos lecteurs du pays et de lâĂ©tranger.»
Il fallait le faire, aprĂšs 40 ans de communisme et une dĂ©cennie de «dictature» sous MiloĆĄeviÄ⊠ConcrĂštement, cela donne:
«Les thĂšmes sont mal choisis, les journalistes se voient imposer des listes dâinterlocuteurs obligatoires, aucune conception rĂ©dactionnelle nâest discernable, en un mot, le NIN nâest plus aujourdâhui quâun navire sans barreur. On nous cache les chiffres de tirage, mais vous y aurez certainement accĂšs, et vous pourrez vĂ©rifier nos affirmations par ce biais-lĂ .»
Et la lettre se termine par une mise en garde solennelle qui devrait rĂ©sonner en2017 jusque dans les oreilles des collĂšgues suisses â du moins ceux dâentre eux qui ne sont pas sourds par mĂ©tier:
«Monsieur Ringier, vos gens en Serbie, avec ou sans votre connaissance et votre incitation, vont dĂ©truire lâhebdomadaire NIN. Si cela arrive, votre capital en souffrira, mais Ă©galement, et câest bien plus important, votre rĂ©putation dans toute cette rĂ©gion oĂč vous avez des affaires variĂ©es. Vous allez passer Ă profits et pertes votre dĂ©ficit, mais nous, journalistes, nous resterons dans les dĂ©combres de quelque chose qui a Ă©tĂ© construit des dĂ©cennies durant par de meilleurs et de plus grands travailleurs que nous, et dont nous sommes aujourdâhui les hĂ©ritiers Ă peine dignes mais fiers. Et â si quiconque sâen soucie encore â les principales victimes seront nos fidĂšles lecteursâŠÂ»
Ayant invitĂ© leur patron Ă venir voir par lui-mĂȘme les dĂ©gĂąts et Ă remettre en selle le magazine avec des gens compĂ©tents, les journalistes concluaient lugubrement:
«Faute de quoi, vous risquez de rester dans les mĂ©moires comme lâhomme qui a contribuĂ© Ă dĂ©truire une tradition fascinante du journalisme en Serbie.»
VoilĂ qui est fait! Ringier nâa pas eu lâĂ©lĂ©gance du torero qui eĂ»t consistĂ© Ă proprement achever le meilleur newsmagazine des Balkans. Il a fait pire: pour la premiĂšre fois de sa longue existence, il lâa contraint Ă se plier au «politiquement correct» par un autoritarisme sec et sans appel jamais vu sous ces latitudes. Il lâa rabotĂ©, lissĂ© et ravalĂ© au rang du tout venant. NIN existe encore, mais au milieu dâune offre variĂ©e oĂč des magazines indĂ©pendants sont plus audacieux, plus vĂ©ridiques et plus engagĂ©s, et surtout plus lus. Paradoxe dans un pays oĂč le revenu moyen est au dixiĂšme de celui de la Suisse!
Les journalistes qui lisent cet article feraient bien de se faire traduire lâintĂ©gralitĂ© de la lettre de leurs collĂšgues serbes. Ils dĂ©couvriront, dans les mots de ces gens suspendus au bord de la misĂšre matĂ©rielle, la luciditĂ©, le courage et la franchise qui devraient caractĂ©riser la corporation et qui en sont si ostensiblement absents.
Ils y dĂ©couvriront surtout la recette du brouet insipide et infect dans lequel ils vont bientĂŽt tous mijoter. La mode des smartphones et des rĂ©seaux sociaux a bon dos, mais elle nâa pas grand-chose Ă voir avec ce bain-lĂ .