« Être ambitieux dès le début de son entreprise » Rencontre avec Yannick Lacastaigneratte, Mentor chez 33entrepreneurs
2015-04-20
Au sein de l’accélérateur 33entrepreneurs, Yannick Lacastaigneratte partage son expérience d’entrepreneur en tant que Mentor. En accompagnant les start-ups accélérées, il contribue à l’écosystème de l’innovation, avec un attachement particulier à la région de Bordeaux. Rencontre.
Comment en êtes-vous venu à participer au lancement du premier accélérateur dédié aux startups du vin, de la gastronomie et du tourisme ?
Ce qui m’a attiré chez 33entrepreneurs c’est le modèle de l’accélérateur. Cela n’existait pas quand j’ai commencé à entreprendre. Son positionnement sur les thématiques vin, gastronomie et tourisme m’a semblé tout à fait cohérent par rapport à Bordeaux. Et puis ma rencontre avec Vincent Prêtet. Nous partageons une même vision de l’excellence entrepreneuriale, qu’il déploie avec une grande énergie. Il a compris que pour une poignée de succès il faut lancer des centaines de projets. Un accélérateur permet d’inciter leur émergence. Il leur offre un cadre et renforce leur solidité.
D’après vous qu’est-ce qui fait la qualité d’un bon entrepreneur ?
C’est amusant car je me suis découvert entrepreneur malgré moi. J’ai pris conscience petit à petit que j’en étais devenu un. J’ai eu l’opportunité de bénéficier de mentorat et j’ai pu en mesurer la valeur. Personne d’autre que l’entrepreneur ne peut faire avancer son projet. Il faut faire face et prendre des décisions rapides, quitte à se tromper.
Qu’est-ce que le mentorat vous a appris d’essentiel ?
J’ai appris une manière d’aborder la vie d’entrepreneur. On ne peut rien cacher sous le tapis. Il faut voir les problèmes, les affronter et les dépasser – tout en sachant que c’est notre lot quotidien. C’est surtout un état d’esprit qui consiste à accepter le fait de faire des erreurs tout en refusant de subir les problèmes. C’est du courage au quotidien !
Aujourd’hui vous êtes mentor à votre tour chez 33entrepreneurs, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Pour moi, c’est avant tout partager son expérience davantage que donner des conseils. Les experts sont là pour ça. Je considère, avec le recul, que les erreurs ont beaucoup de valeur. Partager son parcours permet de montrer quel type d’obstacle on a rencontré et comment on s’en est sorti. Et c’est vraiment passionnant autant pour le mentor que pour les startups. On est dans un échange très riche.
Vous avez rencontré les startups pour votre première session de mentoring, comment s’est passé cette rencontre ?
J’ai trouvé des projets de grandes qualités avec Wineta, Goot, Simpki et Winegrid. Et je tiens à saluer l’excellent travail de sélection de 33entrepreneurs. Pour détecter quatre projets de cette qualité, il faut en rencontrer ! J’ai bien sûr trouvé des synergies plus fortes avec certaines startups proches de mon expérience personnelle. Mais j’ai eu plaisir à échanger sur mon parcours d’entrepreneur avec chacun d’entre eux.
Quel regard portez-vous sur le monde des startups ? Quel est son moteur ?
La start-up est là pour explorer des nouveaux usages ou construire des nouveaux produits. La notion de risque est donc inhérente à la croissance d’une start-up. Elle doit l’intégrer très tôt dans son mode de fonctionnement. Car si elle ne risque pas, elle ne bouscule pas les habitudes de son marché. Elle doit aussi, et c’est très important, être capable de pivoter, c’est-à -dire savoir renoncer à un chiffre d’affaire qu’elle commence à engranger pour modifier son modèle et booster réellement sa croissance. C’est la force d’un accélérateur qui, en plus d’apporter un cadre et du mentorat, est un bel entonnoir vers le financement.
Vous partagez la vision de 33entrepreneurs, quels sont les ingrédients du succès ?
Avec 33entrepreneurs les startups bénéficient du meilleur des deux mondes. Le dispositif de l’accélérateur est très pertinent pour emmener une idée à une preuve de concept devant des investisseurs dans un timing agressif. Et Bordeaux offre un cadre favorable pour une équipe, une R&D avec une qualité de vie indéniable. L’écosystème entrepreneurial s’y est beaucoup développé ces dernières années. Le recrutement de compétences en est favorisé, tout comme les partenariats qui sont plus faciles à mettre en place. Dans une grande ville comme Bordeaux, mais à taille humaine, les parties prenantes de l’écosystème sont plus accessibles. C’est une grande force.
L’innovation numérique dans ces 3 secteurs traditionnels, est-ce incongru ?
Au contraire, je pense qu’on a beaucoup appris de la bulle internet, qui est loin maintenant. La réalité économique a rattrapé les utopies. On sait maintenant qu’on a besoin d’un modèle économique viable. Le numérique dans ces 3 domaines c’est un mélange d’innovation et de pragmatisme. On apporte le champ des possibles à des industries très expérimentées. Le digital permet une internationalisation rapide et plus facile. Finalement on apporte à des secteurs traditionnels des voies nouvelles.
Qu’avez-vous envie de dire aux startups qui se lancent dans des produits innovants ?
J’ai le sentiment qu’il n’y a aucune raison pour ne pas être très ambitieux dès le départ. Il faut penser global tout de suite, c’est une des grandes forces du digital. Cette dimension internationale ne doit pas faire peur car, au contraire, elle est facilitée par les outils modernes. Je les encouragerais à ne pas freiner leur ambition, la réalité s’en chargera de toute façon. Ça ne coûte pas plus cher, ça ne demande pas plus de temps de penser loin !...Et bien sûr de garder cette souplesse qui fait la réussite de demain.








