Natation, clĂ©s noires et baboune sur bĂątons     Â
Ătes-vous dĂ©jĂ allĂ©s voir le concert dâun groupe musical que vous apprĂ©ciez? Moi si, plusieurs fois. Beaucoup de choses peuvent se passer avant un concert de musique. Surtout pour nous, le public. Je peux vous nommer plusieurs facteurs qui entrent en compte dans un parfait dĂ©roulement de soirĂ©e : Il faut toujours partir Ă la bonne heure si on veut avoir des bonnes places, il faut faire le choix de boire de lâalcool avant le spectacle ou flamber nos petits sous Ă 9,50 $/consommation, il faut trouver nos ami(e)s une fois quâon est lĂ -bas. Bien sĂ»r tous ces petits pĂ©pins combinĂ©s font que lâon se crĂ©er une sorte dâaventure dont on se souvient pendant des annĂ©es et qui nous sert dâanecdote Ă raconter. Voici ma derniĂšre expĂ©rience du genre : celle oĂč je suis allĂ©e voir les Black Keys.
Le 17 septembre dernier, dans une ambiance qui rappelle certains dĂ©luges au Saguenay, mon copain et moi sommes partis de bon train et motivĂ©s Ă lâidĂ©e dâenfin pouvoir conclure sâils sont meilleurs en version enregistrĂ©e quâen chair et en os. On est partis deux heures dâavance! Câest sĂ»r quâon ne se faisait pas avoir par la circulation de la 417, non Monsieur! Contrairement Ă ce quâon pensait, le chemin Ă©tait plus tolĂ©rable quâĂ la normale malgrĂ© le GPS dĂ©glinguĂ©. JâĂ©tais contente quâil trouve le centre Canadian Tire, car je vous avoue que la derniĂšre fois quâon avait utilisĂ© le fameux appareil, il nous avait amenĂ©s Ă Lachine au lieu du parc Jean-Drapeau pour voir Arcade Fire (ouf!). Depuis le temps, jâinscris mon chemin sur un bout de papier.
Parlons du service Ă la clientĂšle. Saviez-vous quâil y a des places assignĂ©es pour le stationnement? Fait intĂ©ressant : il y a environ 10 stationnements diffĂ©rents autour du centre, en plus de deux espaces rĂ©servĂ©s aux gens qui ont besoin de croupiers, ET une zone de dĂ©barquement. LĂ , on ne niaise plus Ă 12 $ la place comptant seulement! Si le centre peut contenir au-delĂ de 19 000 personnes, je me demande bien pourquoi il change de nom aussi souvent...
Parmi la longue filĂ©e qui accueillait les admirateurs vĂȘtus de leur chandail des SĂ©nateurs, il y avait un seul garde de sĂ©curitĂ© qui vĂ©rifiait uniquement les sacoches. On ne mâa pas dĂ©rangĂ©e avec ça, puisque je nâen avais pas une. Jâaurais trĂšs bien pu remplir mes poches de cossins tels que : une camĂ©ra, une flasque, de la drogue, une arme blanche, name it! Câest ce que jâappelle un contrĂŽle efficace de fouille. Suite au monsieur en pleine dĂ©calvation, ce fut deux dames qui contrĂŽlaient la lecture des billets (oui, les prioritĂ©s sont Ă la bonne place!). Puisquâon ne voulait aucun problĂšme Ă©lectronique, nous avions dĂ©cidĂ© de recevoir nos billets par la poste. Leur lecteur avait de la misĂšre Ă lire nos « vrais » billets. MisĂšre sâensuit dâun regard bizarre de visage : sont-ils faux, ces billets? Heureusement non! Câest avec un beau petit son claironnant qui rappelle les alarmes des magasins de vĂȘtements quâon passa le cadre de porte pour descendre vers le parterre. Diane et Mindy, les responsables qui nous attendaient en bas des marches, nâont pas osĂ© vĂ©rifier nos billets. Ă la place, elles nous ont dĂ©corĂ© le poignet dâun bracelet dorĂ© et nous ont souhaitĂ© bon spectacle. Il faut dĂ©finitivement que je mâessaie pour rentrer dans un autre spectacle comme cela dans un futur proche...
Une fois sur le parterre, une chose quâon se force Ă faire câest garder ses places, car câest le plus important, mais le plus fatiguant aussi. CâĂ©tait plein de jeunes fous et folles prĂ©pubĂšres qui sâentassaient les uns par-dessus les autres, peu de dĂ©odorant appliquĂ© et certains mĂȘme avec leurs parents. Je respecte la foule habituellement, mais lĂ jâĂ©tais quasi convaincue dâĂȘtre Ă un concert dâAaron Carter Ă ses dĂ©buts. Je nâĂ©tais pas super bien partie pour un spectacle dâenfer, mais je restais quand mĂȘme optimiste.
Lorsquâon attend quâun concert commence, câest le moment le plus difficile. Tout le monde est sur le qui-vive, sur la pointe des orteils, les Ă©paules barrĂ©es et on Ă©coute la musique dâambiance qui nâa strictement pas rapport avec le groupe qui sâen vient. Personnellement, je me suis beaucoup habituĂ©e Ă entendre un peu de funk ou de jazz instrumental. Mon attention se tourne habituellement vers les techniciens de scĂšne. Câest dans une rĂȘverie que je mâengouffre et que je mâamuse Ă me demander si celui qui a vraiment lâair de savoir ce quâil fait pourrait ĂȘtre un genre de musicien undercover Ă la Jimi Hendrix ou, Ă lâextrĂȘme opposĂ©, un avocat en herbe qui ne sait pas reconnaĂźtre le feedback qui raisonne au moins 4-5 fois Ă travers le centre au complet Ă chaque fois quâil se plante devant le moniteur. Ces rĂȘveries font partie de mes petits moments de bonheur personnels.
Le point culminant qui nous fait oublier tous ces petits dĂ©fauts de transport, de sĂ©curitĂ©, de breuvage et de confort personnel câest de la bonne musique. Dans le cas des Black Keys, jâen conclus quâils se sont fait royalement torcher par Cage the Elephant, le groupe en 1re partie. Leur prĂ©sence sur scĂšne a fait toute la diffĂ©rence et rĂ©flexion faite : les yeux bandĂ©s jâaurais prĂ©fĂ©rĂ©. Sans ma petite camĂ©ra cachĂ©e dans mes poches, je nâaurais pas pu vous montrer Ă quel point Misteur Carney (Ă la batterie) avait la baboune collĂ©e au front. Les Black Keys ont jouĂ© tous les succĂšs populaires, mais le psychĂ©dĂ©lique et le « hors du commun » quâon recherchait tant semblaient vouloir se coucher de bonne heure cette soirĂ©e-lĂ .
VoilĂ , jâespĂšre que mon anecdote vous a bien prĂ©parĂ©s pour votre prochain concert. Câest le temps, quand on est jeunes et friands, de profiter de ce genre dâexpĂ©rience et dâapprendre que dans la vie, certains groupes valent mieux dâĂȘtre Ă©coutĂ©s que regardĂ©s.






