Ce matin, ça a été dur.
Et puis notre fils est revenu.
Cet après-midi, nous avons ri, dansé, chanté ensemble. L'espace de quelques heures, j'ai eu l'impression que ma vie allait aller mieux, que j'étais heureuse.
Juste grâce à un petit être, un petit bonhomme de 5 ans si solaire. On a joué, on s'est fait des blagues.
Et puis est venue l'heure du coucher et de la préparation de la journée de demain.
Demain, il va faire chaud, 36 degrés. On part à la plage, avec ta maman et sa sœur.
Mais sans toi. Sans la seconde personne la plus importante de ma vie.
Ce soir, on aurait dû parler du repas du midi, des affaires à emporter. J'aurais fait la liste, comme d'habitude finalement. J'aurais tout vérifié demain matin, mais tu te serais occupé des parasols.
Demain, tu ne seras pas là à t'amuser avec nous, à te baigner avec notre fils, à rire avec lui. Et moi, je ne pourrai pas vous filmer, vous prendre en photo.
Demain, ce sera une belle journée, oui. Mais il me manquera celui que j'aime. Et cela me rend aussi triste qu'en colère. Je suis en colère parce que c'est de ta faute. Tu ne t'es pas battu pour nous.
Tu travailles quand tu n'as pas notre fils, tu regardes son Tumblr et, sans doute, as-tu déjà repris contact avec elle.
Tu t'installes durablement chez ton père.
Et moi… Moi, je suis comme un fantôme dans cette maison trop grande qui aurait dû voir grandir nos projets.
On parlait d'un second enfant.
On parlait de voyages, de rénover le second étage, d'y installer la chambre de notre fils, de mettre un système de chauffage réversible, de faire une vraie salle de jeux et un atelier de loisirs. On parlait de refaire la salle de bain, puis enfin le bas de la maison, le salon et la devanture.
Et tout cela n'arrivera pas, n'arrivera plus jamais.
Je ne sais même pas si je vais être capable de rester dans cette maison pleine de nos souvenirs.
Tu récupères peu à peu tes affaires, et ça me tue chaque fois un peu plus. Parce que mon cœur espère encore, malgré tout.
Tout le monde me dit que tu es un connard, que tu vas le regretter, que tu as joué au con et que je serai tellement mieux sans toi. Il y a une part de vrai.
Mais je t'aime du plus profond de mon être et, tous tes défauts, toutes ces blessures que tu m'infliges, je les endure. Je pleure en écrivant ces mots, comme la serpillière, la loque que je suis devenue.
Je suis prête à ramper encore et encore pour toi. Je suis pathétique, je le sais, mais je t'aime à ce point-là .
Te rappelles-tu du poème que nous avions choisi pour notre mariage ? Moi, je m'en rappelle. Et c'est dur. Si dur.
Pourquoi ? Pourquoi m'infliges-tu tout cela ?
Si je parle les langues des hommes, et même celles des anges, mais que je n'ai pas l'amour, je suis un cuivre qui résonne ou une cymbale qui retentit.
Si j'ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance, si j'ai même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, mais que je n'ai pas l'amour, je ne suis rien.
Et si je distribue tous mes biens aux pauvres, si même je livre mon corps aux flammes, mais que je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien.
L'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour n'est pas envieux ; l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'irrite pas ; il ne soupçonne pas le mal ; il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité.
Il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.
L'amour ne meurt jamais. Mais le tiens si. Et s'il n'est plus là , que me reste-t-il alors? Pourquoi continuer?
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