Je nâai pas eu beaucoup de diplĂŽme et que je ne sais toujours pas jouer au Piano Ă 26 ans.
Je nâai pas fait de grande Ă©cole de commerce et je maitrise avec beaucoup de mal un Anglais assez moyens, par la mĂȘme occasion je prĂ©cise aussi que jâai complĂ©tement oubliĂ© mon espagnol.  Si je me rĂ©fĂšre aux normes imposĂ©es par la sociĂ©tĂ© actuellement, je pense ĂȘtre malgrĂ© moi un Français moyen.  Je suis souvent Ă me demander si je suis banale, normal ou si je suis frĂ©quentable - mais plus jây pense, et plus je mâen fou.
 Je suis rĂ©guliĂšrement Ă me demander si ma fainĂ©antise ne mâa pas rendu banal et/ou normal. Si la banalitĂ© se rĂ©sumĂ© Ă une accession nĂ©gligĂ© Ă la connaissance, je  peux dĂ©cemment dire que je nâai jamais assez travailler pour rejoindre une super Ă©cole, mais jâai Ă©tĂ© assez intelligent pour ne pas me retrouver en fac de psycho ou dâhistoire âŠ
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Comme moi certainement, vous avez grandi dans une famille de classe moyenne - ou classe moyenne supérieur - tout dépend vos standards.
Je pense que du collĂšge jusquâau bac, jâai fait un peu moins que le strict minimum pour passer dans la classe supĂ©rieur au grand dĂ©sespoir dâune ribambelle de professeurs. Jâai le souvenir dâune prof de Français en sixiĂšme mâindiquant que je vivais uniquement sur mes acquis.
Ce qui est Ă ce jour encore vrai.
Je me souviens aussi que beaucoup de personne du corps professoral placer quelques espoirs en moi, et Ă chaque fois je mâempressĂ© de les dissoudre dans ma mĂ©diocritĂ©.
Je nâai jamais pu ĂȘtre le moteur tant espĂ©rĂ© pour la classe ...
CâĂ©tait perdu dâavance, jâai prĂ©fĂ©rĂ© jouer Ă la console, regarder des sĂ©ries ou des films que de rĂ©soudre des Ă©quations qui en toute somme mâauront jamais servi Ă rien dans ma vie. Aujourdâhui, je me dis que câest une maniĂšre comme une autre que jâai eu Ă cette Ă©poque de dĂ©velopper ma crĂ©ativitĂ©. Jâai fini par mâinscrire dans une Ă©cole de commerce ou payer suffit pour avoir ton diplĂŽme, lâunique espoir de dĂ©crocher un diplĂŽme rĂ©side dans le fait dâavoir une vie meilleure ... La suite ?
Jâai naviguĂ© en mode mi-figue / mi-raisin dans la nonchalance absolu en espĂ©rant que la vie dĂ©bloque la situation dâelle-mĂȘme et que je devienne dâun coup une personne importante.
Je me suis uniquement basĂ© sur mon capital social et culturel, ainsi jâespĂšre avoir Ă©tĂ© assez intelligent pour ne pas devenir un sombre enculĂ© ni un punk Ă chien.
 Mais jâai quand mĂȘme dĂ» faire deux ou trois trucs avant dâen arriver Ă ce constat.
 Quand on sâapprĂȘte Ă ĂȘtre un type banal le restant de sa vie - il faut savoir que personne nâen a rien Ă foutre de vous. Je me suis rendu compte rĂ©cemment que je nâai jamais attirĂ© ni la pitiĂ©, ni la reconnaissance et encore moins de lâadmiration de la part de mes pairs.
Jâai toujours eu lâimpression de devoir me justifier de tout auprĂšs de tout le monde.
Pour les personnes de mon entourage qui ont eu moins bonne fortune que la mienne, je suis quâun petit merdeux qui ne rĂ©alise toujours pas la chance que jâai eu de naitre sous une bonne Ă©toile ; et pour les plus riches je suis une merde sans diplĂŽme valable. Pourquoi ?
Parce que je ne sais pas faire semblant de mâintĂ©resser Ă des choses dont je ne conçois pas lâintĂ©rĂȘt ; type : exposition de merde â cinĂ©ma anglais dâavant-guerre ou autre ⊠Â
Je nâai pas travaillĂ© pour rĂ©ussir, de ce constat : je mĂ©rite un pavillon en Auvergne, deux putains de chien et une flopĂ©e de mĂŽme me faisant chier. AMEN
  Les gens que nous considĂ©rons aujourdâhui comme normaux ne sont quâune construction actuelle de cette dĂ©finition. Ce nâest pas non plus un phĂ©nomĂšne rĂ©cent visant Ă faire Ă©merger un semblant de courant philosophique type VĂ©gan / Hispter / bobos et autre connerie derriĂšre tout style vestimentaire.
Les gens normaux ont toujours su attirer la sympathie du peuple, parmi eux - mon exemple le plus flagrant se nomme François Hollande : sourire niais, ventre flasque, costume trop grand et sorties extraconjugales un peu YOLOOOO en scooter Ă lâheure de bouffer !
Quoi de plus normal sérieux ?
Lâautre exemple me venant de maniĂšre presque instantanĂ© en tĂȘte se nomme Michel Houellebecq. Ce monsieur est lâarchĂ©type du mec normal sâattirant les faveurs des Ă©lites.
Il est quand mĂȘme sacrĂ©ment Ă©loignĂ© des standards de beautĂ© occidentaux, il est mal Ă lâaise en public et lĂšve le coude facilement quand son verre est rempli dâalcool.
Avant dâĂȘtre riche et cĂ©lĂšbre, câĂ©tait un chĂŽmeur divorcĂ© nous faisant des petites phases de dĂ©pression. Câest le fait dâĂȘtre normal qui lâa rendu unique !
 Le vĂ©ritable problĂšme Ă mon sens, câest surtout que personne nâest apte Ă comprendre lâextrĂȘme quand on est noyĂ© au milieu de gens normaux.
au sens Ă©chec de la vie tel que lâon envisage - est inconnu Ă de nombreuses personnes. Le sentiment de se sentir submergĂ© par des gens quâils ne comprennent pas est Ă©tranger Ă ce type de personne ce qui les pousses Ă refuser Ă assimiler dâautre maniĂšre de penser que la leur. Â
 Le plus gros fardeau de la banalitĂ© se retrouve dans la presse, qui ne cesse de rappeler Ă quel point nous pouvons ĂȘtre basiques. Tous les ans, de maniĂšre rĂ©guliĂšre je retrouve des Ă©tudes sur les meilleurs masters pour 2017, les meilleures grandes Ă©coles - et les magazines dâentrepreneur qui tâexplique pour la vingtiĂšme fois comment devenir putain de riche en Albanie âŠ
Tomber sur ce genre de publication quand tu sors dâun entretien pour plus de fric Ă la fin du mois, ou pire quand tu viens de louper lâintĂ©gralitĂ© de tes concours mâa toujours donner envie de me dĂ©fenestrer.
Les vieux adorent nous gifler dĂ©licatement avec cette idĂ©e que nous sommes jamais assez bon, quâil faut toujours viser plus haut et quâil semble donc naturel de devenir le meilleur, lâunique, le dernier survivant de votre rĂ©seau social. Mais le meilleur de quoi ? Lâunique en quoi ? Le dernier survivant de qui ? Putain mais FUCK Ă force. Â
Câest juste un Ă©norme concours de BITE qui ne sâarrĂȘte jamais.
 On mâa toujours fait croire quâun diplĂŽme prestigieux me donnera accĂšs Ă une rĂ©ussite financiĂšre sur le long terme et ensuite fera de moi une personne meilleure.
Câest un modĂšle de vie basĂ© Ă mon sens complĂštement sur le capitalisme ambiant ; ou lâaccumulation de richesse est notre rĂšgle absolue Ă tous. Le pire dans cela câest que la sociĂ©tĂ© nous pousse Ă agir de la sorte avec notre propre vie.
Le but câest de devenir le meilleur, mais le meilleur par rapport Ă qui ? Et surtout en quoi mon gars ? En nombre dâexposition de merde ou tu auras usĂ© la semelle de tes chaussures inconfortable en crocodile ? En bonnes maniĂšres â ou - en nombre dâheures que tu auras passĂ© derriĂšre ton Ă©cran dâordinateur au travail ?
Notre sociĂ©tĂ© reste finalement dans cette logique qui veut que le travail acharnĂ© ainsi que la connaissance ultime sur tous les sujets soient nĂ©cessairement bĂ©nĂ©fique et fassent de nous une personne authentique donc meilleur, soit un vĂ©ritable adulte âŠ
Le mec qui prendra la dĂ©cision de ne pas travailler autant que lâautre se verra obligatoirement considĂ©rer comme une sombre merde et se trouvera invariablement Ă©vincer de la compĂ©tition qui nous pousse Ă snober notre prochain avant mĂȘme de lâavoir rencontrĂ©.
Câest un peu comme si toute la terre se devait dâaccĂ©der Ă une Ă©lite suprĂȘme, crĂ©ative et surtout intelligente, sans jamais prendre en compte que nous sommes tous diffĂ©rent. Â
 Tout doucement, la sur-ambition devient une norme sortie de je ne sais ou pour notre gĂ©nĂ©ration qui se doit dâĂȘtre intĂ©grĂ© dĂšs le plus jeune Ăąge. Avoir de lâambition câest bien, avoir une sur-ambition câest inutile, Ă quoi bon vouloir gravir la pyramide de Maslow si câest pour Ă©craser chacun Ă son passage ?
Enfin rien dâanormal dans un pays qui rejette lâacculture ou lâinculture en bloc !
Je pense de maniĂšre personnel que câest la consĂ©quence de notre tradition bien Française dâĂ©galitariste, qui souhaite faire croire Ă tout le monde - que tout est possible - que nous sommes tous Ă©gaux et que de ne pas faire carriĂšre signifie ĂȘtre un ratĂ©. FAUX
Je suis souvent en face de personne ayant fait de grande Ă©tude ou en poursuivant encore ⊠JâhĂ©site la plus part du temps Ă leur rĂ©vĂ©lĂ© mon parcours quand vient le moment du : « et toi tu fais quoi ? »
Je reste assez convaincu que le fait de ne pas avoir suivi de parcours Ă©litiste, soit aucune fac de renom ou Ă©cole prestigieuse va faire de ce choix, un non choix ce qui est au final, pas totalement faux. Va suivre dans la tĂȘte de mon interlocuteur que tout cela provient dâun Ă©chec ou dâun manque flagrant dâambition de ma part.
Il se positionne en supériorité face à moi alors que nous sommes simplement deux types différents.
 LâidĂ©e mĂȘme que je puisse imaginer ma vie diffĂ©remment de la sienne, donc autrement que par lâintermĂ©diaire dâune putain de course au diplĂŽme, de lâargent ne lui traverse mĂȘme pas son Ă©troit cerveau. Car au final tu feras quoi de ton argent si tu nâas pas de passion ni personne avec qui le partager ?
Je mâen branle de ne pas sortir en boite Ă Paris, de ne pas ĂȘtre DIGITAL PROJECT MANAGER dâune Start-Up de merde ce qui fait de moi une preuve de non-ambition total, mais au contraire peut ĂȘtre un choix de vie, ou un non choix que je justifie ainsi âŠ
En revanche ĂȘtre un expert en fusion-acquisition ne fait pas de vous quelquâun de plus intĂ©ressant quâun type qui conduit un bus toute la journĂ©e - au contraire peut ĂȘtre que ĂȘtre banal ou moyen fait de vous quelquâun de meilleur, ou peut sâavĂ©rer ĂȘtre une meilleur chose pour devenir unique.
 Jâai lâimpression que aujourdâhui, il faut ĂȘtre quelquâun Ă tout prix, alors que dâĂȘtre personne est nettement plus fort. Lâexemple mĂȘme rĂ©side dans la tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ©, ou par ambition de cĂ©lĂ©britĂ© des jeunes de mon Ăąge, font absolument leur possible pour se faire remarquer et ainsi combler leur ambition, mais il oublie parfois leur fiertĂ© ou mĂȘme ce quâils sont vraiment. MĂȘme si mon prochain exemple relĂšve de la fiction, lâenvie de nâĂȘtre personne alors quâelle est cĂ©lĂšbre se rĂ©sume parfaite chez le personnage dâArya Starck dans GOT.
Quand tu fais le choix de devenir quelquâun dans la sociĂ©tĂ© dâaujourdâhui tu fais forcĂ©ment partit dâun des grand moules de formatage. Enfin pour concevoir cela, prend 15min de ton temps devant NRJ12 / W9 / âŠ
On trouve de la personne supposĂ© ĂȘtre un grand gĂ©nie au petit con prĂȘt Ă se calquer sur nâimporte quelle modĂšle de personne supposĂ©es- en se vantant dâĂȘtre meilleur que les autres. Sauf quâĂ la fin, on finit face Ă une armĂ©e de clones et surtout de gros cons identique. Â
 Quand tu prends pour choix la banalitĂ©, tu fais le contraire de ce que ton choix indique, ĂȘtre banal signifie ĂȘtre autant indĂ©pendant que autonome face Ă la sociĂ©té ; car tu fais le choix de ne pas avoir besoin du regard des autres pour exister - au contraire tu te nourris dâeux, puisque tu te fis Ă ce que tu ais et non ce que les autres pensent de toi.
Apprendre Ă se construire sois mĂȘme câest aussi arrĂȘter de vouloir ressembler Ă tout prix Ă tel ou tel fantasme créé par notre sociĂ©tĂ©, les gens sont des clone vĂȘtu de la mĂȘme maniĂšre, regardant les mĂȘmes choses, Ă©coutant la mĂȘme musique, tien toi aussi tu as une paire de Stan Smith ? Je suis aussi victime que vous âŠ
Le truc qui me dĂ©prime le plus dans tout cela câest de voir que les gens qui sâĂ©vertue Ă crĂ©er des modĂšles Ă suivre, des modĂšles Ă qui sâidentifier ; dans le but dâacheter des produits ou des services sont les premier Ă tomber dans le panneau.
 Je pense avoir fait le choix de vivre ma vie, donc de devenir banal trĂšs certainement de maniĂšre inconsciente â peut ĂȘtre Ă dĂ©faut de ne pas admettre certaine chose, comme la fĂ©tichisation dâun travail censĂ© me permettre dâaccĂ©der Ă une vie meilleur.
La réalité de cette mécanique se trouve en réalité dans chaque étape de la vie.
On travaille dur Ă lâĂ©cole pour faire une bonne prĂ©pa, puis une grande Ă©cole et enfin on finira par se tuer Ă la tache au boulot, afin dâespĂ©rer augmenter son salaire de la maniĂšre la plus rĂ©guliĂšre et convenable possible.
Sauf que lĂ -dedans, on meurt tous un jour ou lâautre et donc cette logique dâinvestissement sur le long terme nâa donc finalement absolument aucun-sens, jâappelle ça du MINDFUCKING. Si la vie se rĂ©sume au travail, Ă la volontĂ© dâaccĂ©der Ă ton travail fantasmé ; la considĂ©ration dâune Ă©volution financiĂšre mise Ă part.
Ce qui est Ă mon sens impossible pour 99% de la population.
On a tendance Ă imaginer que la vie se doit dâĂȘtre comme la bourse, ou faire fructifier le plus possible dâactions dans le but dâen obtenir toujours plus, ce qui peut ĂȘtre un choix convenable, sauf que vivre la dedans câest pas forcĂ©ment une aussi bonne idĂ©e que cela peut paraitre. Car quelque part, profiter de ce que la vie tâoffre sans, sans cesse en espĂ©rer plus te permet dâavoir des choses Ă raconter quâespĂ©rer.
 Si je suis comme ça, je pense que câest parce que jâai clairement rien foutu au collĂšge ainsi que au lycĂ©e. Je me suis rĂ©veiller un peu trop tard je pense mais dĂšs que jâai eu lâoccasion ; je me suis aussi tĂŽt recoucher pour me rĂ©veiller bien plus tard.
Jâai dĂ» laisser un paquet dâopportunitĂ©s de carriĂšres derriĂšre moi, un paquet de chance Ă des concours et déçu une bonne dose de professeur et un bon millier de fois mes parents.
Je pense que de mes 0 Ă 22 ans jâĂ©tais bien plus obstine Ă faire des milliers dâautre choses que celle dâobtenir des bonne notes. Mais quâimporte âŠ
  Câest parfois assez compliquĂ© pour moi de me rendre Ă lâĂ©vidence mais je suis un branleur. Â
Je mâen suis toujours sortit en fournissant que le strict minimum. Je pense quâun tas de personne hait le fait que ma maigre rĂ©ussite ne dĂ©coule pas dâun travail acharnĂ© mais dâune certaine chance.
Jâimagine quâĂ©tant plus jeune, une bonne ribambelle de premier de la classe devait rĂȘver de me voir finir sous un pont Ă boire de la KRO.
Et ce qui est drĂŽle dans tout cela, câest que ces gens-lĂ sont mes collĂšgues.
Si maintenant jâarrive Ă dire que parfois mon travail est stimulant ou parfois chiant ; jâai tout de mĂȘme un appartement ou vivre et jâarrive Ă combler ma frĂ©nĂ©sie face aux engins polluant Ă moteur.
Ce qui peut paraitre, mĂȘme si ce nâest pas Ă©vident les signes dâune vie menĂ©e avec les standard de vie consumĂ©riste que je mâĂ©vertue Ă critiquer.
 Jean-Jacques Rousseau Ă Ă©cris dans Julie ou la nouvelle HĂ©loĂŻse : « On ne peut changer un caractĂšre ni un naturel, mais on peut empĂȘcher quâil ne dĂ©gĂ©nĂšre »
 Je pense que la frontiĂšre est assez mince entre le fait de sombrer dans les abimes de la sociĂ©tĂ© et le fait dâarriver Ă sâen sortir de justesse.
Le taux de chÎmage en France flirte avec les 10%, il convient donc que basculer dans le cÎté obscur est une chose assez aisée.
Je me demande si ma vie est une suite logique de ce que jâai pu ĂȘtre plus jeune ou juste une exception.
 Je pense que si je devais rĂ©sumer ma scolaritĂ© entiĂšre, je choisirai facilement mon annĂ©e de premiĂšre. A lâĂ©poque, le passage pour la classe supĂ©rieur tenait uniquement de lâapprobation de tes parents.QuâĂ cela ne tienne, je pense que câest lâannĂ©e ou jâai Ă©tĂ© le moins productif de ma vie âŠAu milieu dâune classe de 34 Ă©lĂšves, je devais ĂȘtre pile au milieu, un peu avant les plus nuls mais bien aprĂšs les meilleurs.JâĂ©tais trĂšs bon dans les matiĂšres que jâaimais, mais aussi trĂšs TRES mauvais dans celle que je dĂ©testais.JâĂ©tais lâarchĂ©type parfais du mec que lâon peut engueuler pour ses notes mais pas trop.En toutes sommes, un mec moyen. Mes professeurs dĂ©sespĂ©rer car certain voyez en mois une sorte de moteur quand dâautre ne voyait que un cancre dĂ©sespĂ©rant âŠLe corps enseignant prĂ©fĂšre toujours un mec qui bosse comme un Ăąne mais qui nây arrive pas que lâinverse, parce que lâinverse laisse entendre que lâon nâa pas besoin dâeux.
 Pour les branleurs dans mon genre, et surtout le lycĂ©en je mâen foutiste que jâai pu ĂȘtre aucun meilleur compliment nâexiste que celui-ci : « Vos capacitĂ©s sont trĂšs au-dessus de vos rĂ©sultats. » Câest un peu comme marquĂ© lâintĂ©gralitĂ© des « touchdowns » de votre Ă©quipe sans jamais venir Ă lâentrainement.Imaginez que vous avez 16 ans, et votre seule objectif de lâannĂ©e se concentre dans le faite de plaire Ă Marion de la premiĂšre 5, lâun de vos professeurs les plus intelligents vous dit que vous lâĂȘtes aussi ; intelligent et que donc tu nâas aucun besoin de forcer pour que ça fonctionne correctement lĂ -haut. Je vous vois venir, certain diront que câest du talent gĂąchĂ©, et ils ont entiĂšrement raison.Sauf quâavoir le recul nĂ©cessaire pour en prendre conscience nâest pas chose aisĂ©. De maniĂšre assez bĂȘte, cela mâa juste confortĂ© dans lâidĂ©e que mon oisivetĂ© suffirait Ă me conduire droit sur les Ă©tudes supĂ©rieures, et « bim » cela a fonctionnĂ©.
 Câest tout le problĂšme, quand on en vient Ă dire explicitement que vous nâĂȘtes pas mauvais.
 Je nâen voudrais jamais Ă personne dâavoir essayĂ© de me tirer vers le haut â au contraire. Mais il aurait fallu me le justifier autrement que par la seule finalitĂ© dâobtenir de bonnes notes, parce que câest une raison qui semble juste justifiable aux yeux des professeurs.Personne nâa conscience Ă cette Ă©poque de la vie, quâune bonne moyenne devient ton droit dâentrĂ©e aux grandes Ă©coles. Je ne pense pas que une seule fois ma conseillĂšre dâĂ©ducation mâa expliquĂ© que certaine filiĂšre Ă©taient trĂšs sĂ©lectives et mais notes dâaujourdâhui pourraient jouer jusquâĂ mon entrĂ©e en Master.En fait je pense quâelle ne mâa jamais rien expliquĂ©, mise Ă part suggĂ©rer de faire BEP plasturgie. Je me souviens que câest Ă la fin de la terminale quâun prof Ă lĂąchĂ© en plein milieu dâun cours comme les AmĂ©ricain Ă Nagasaki : « Au fait, attention Ă vos bulletins, cela conditionne vos entrĂ©es en Ă©cole pour les prochaines annĂ©es » YOLO âŠDe toute ma vie, jâai toujours vu le bachotage scolaire comme quelque chose dâabsolument pas constructif et je nâai toujours pas changĂ© dâavis, câest un apprentissage absolument pas naturel.La bonne note en guise de rĂ©compense suprĂȘme me parait un peu lâĂ©quivalent de la rĂ©compense que je donne Ă mon chien quand il fait quelque chose que je lui ordonne, ou lâĂ©change dâun gros salaire contre un travail sans sens.Il me fallait plus que des bonnes notes pour me motiver, et Ă ce jour personne nâa su le faire.
 Si vous souhaitez rigoler, jâai trouvĂ© un jour sur un bulletin de notes, un affable 8/20 en sport. MĂȘme en sport au lycĂ©e jâĂ©tais nul !Je sais trĂšs bien que vous allez dire : Le mec a eu 8/20 en sport, la honte. Mais pour moi, dans un monde ou les branleurs tachent dâexceller en EPS pour rattraper leur moyenne de merde, jâen avais rien Ă faire et jâai ici aussi, lamentablement Ă©chouĂ©.Je tiens tout de mĂȘme je Ă rĂ©tablir la vĂ©ritĂ©, et Ă nuancer le propos de mon prof dâEPS â quand il Ă©crit « cette activitĂ© physique pose problĂšme ». Il  ne prĂ©cise pas que lâon parle dâACROGYM et que ce fut pour moi le trimestre sportif le plus long de ma vie, passĂ© 2h de ma vie Ă faire des roulades maladroites et des chorĂ©graphies absurdes avec ma volontĂ© et ma souplesse de junkie de 80kilos fut insupportable.Tout cela sous les yeux de ma prof, visiblement heureuse de ne pas se contenter de filer des gants de boxe Ă tout le monde ou de lancer un ballon de foot au milieu de la salle. Finalement, je pense quâelle nâa fait que son travail, mais cette mĂ©diocre note ne tĂ©moigne que parfaitement de lâinvestissement absolument inacceptable dont je peux ĂȘtre capable quand quelque chose ne mâintĂ©resse pas.
 A 26 ans, je ne pense pas avoir changĂ© lĂ -dessus. Aujourdâhui je ne suis pas le genre de mec qui te propose de faire la vaisselle ou qui arrive en avance pour aider la prĂ©paration dâune soirĂ©e. Je suis dĂ©jĂ tout juste capable dâarriver Ă lâheure ⊠Certains diront que je suis fainĂ©ant, ce qui est sans doute un peu vrai. Dâautre diront que je critique absolument tout sans cesse, câest un peu moins vrai. Je fais juste preuve de manque dâinvestissement !Jâai encore le souvenir de mon bulletin de troisiĂšme trimestre quand celui-ci a pu indiquer que jâĂ©tais admis en terminal ES. Câest juste ce qui comptais pour moi, le reste je mâen moquais Ă©perdument.Au final, je pense que jâai vĂ©cu mon parcours dans lâĂ©ducation national comme utilitaire, jâai consommĂ© mes Ă©tudes, jâai pris mes diplĂŽmes et salut.Mais Ă lâinverse je ne vois pas mon travail de cette maniĂšre. Je cherche Ă ĂȘtre fiĂšre de mon travail de tous les jours au lieu de simplement prendre mon salaire et me tirer. Les injonctions rĂ©guliĂšres de mes professeurs sur mon investissement scolaire mâont certainement montrĂ© quâil fallait ĂȘtre passionnĂ© pour faire des choses intĂ©ressantes.Malheureusement mon travail ne me passionne pas encore. Jâessaye malgrĂ© tout de ne pas juste pointĂ© au travail car cela nâamĂšnerait rien de bon.Câest beau comme principe, mais câest aussi trĂšs contradictoire avec ce que peut ĂȘtre lâinstitution scolaire, qui est en elle-mĂȘme trĂšs Ă©litiste, prompt Ă reconnaitre certaine compĂ©tence et Ă en occultĂ© dâautre.Câest surtout le portefeuille de vos gĂ©niteurs qui vous mettra sur la voie des Ă©tudes ou non.
 Elle est peut-ĂȘtre lĂ , la vraie leçon de mes annĂ©es dâoisivetĂ© au sein de lâĂ©ducation nationale, me permettre de continuer mes Ă©tudes tout en restant Ă faire le strict minimum, lâĂ©cole ma finalement montrĂ© quâune autre voie Ă©tait possible que celle de la quĂȘte effrĂ©nĂ©e de lâargent, du rĂ©sultat et de la productivitĂ©.
 Ayant vĂ©cu le travail scolaire comme une vrai souffrance, et en lieu et place de ce travail que je nâai pas fourni, jâai vĂ©cu des choses qui valent bien mieux.Jâai choisi de me concentrer sur autre chose que lâapprentissage scolaire, de dĂ©couvrir ce quâil se passait ailleurs.Jâai profitĂ© de la vie sans penser Ă ma situation dans dix ans, faire une « roadmap » de sa vie me semble terriblement dĂ©primant.Jâimagine que certains ont probablement envie de me tuer quand ils comparent nos deux situations, surtout comparĂ© Ă lâeffort fourni pour lâobtenir, mais dĂ©solĂ© les mecs, câest sans regrets.