XMasTale Solo digo que en este universo siempre esta el genocidio :) Idea original: https://www.youtube.com/watch?v=d-WDBxqcovU&t=124s Espero que les guste ^-^
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XMasTale Solo digo que en este universo siempre esta el genocidio :) Idea original: https://www.youtube.com/watch?v=d-WDBxqcovU&t=124s Espero que les guste ^-^

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Nicolai and Vladimir, A Christmas Tale #MerryXmas
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Les Pantoufles
Conte de Noël 2016
Lundi 19 dĂ©cembre 2016, jâĂ©tais lâinvitĂ© dâune Ă©mission de radio pour faire la promotion de mon nouveau roman LĂ oĂč ça fait mal.
Je sortais dâun lunch quelque peu arrosĂ© avec une prĂ©cieuse amie, et le moins que lâon puisse dire, câest que je nâĂ©tais pas trĂšs concentrĂ© pour la derniĂšre Ă©mission de cette tournĂ©e promo.
Sur place, le ton de lâĂ©mission Ă©tait assez lĂ©ger â ça ne sâappelle pas Câest presque sĂ©rieux pour rien â et les chroniqueurs mâont les uns aprĂšs les autres lancĂ© lâune ou lâautre blague ou jeu de mots un peu facile Ă propos des doigts de la main, puisque le roman en question parle dâun type qui perd ses doigts dans ses rĂȘves et qui dĂ©couvre effectivement ne plus les avoir au bout de ses mains lorsquâil se rĂ©veille, ce qui le trouble un peu, le pauvre gars, ça se comprend bien, non ?
Les minutes sâĂ©coulaient donc dans une relative bonne humeur lorsque, Ă un moment donnĂ©, Walid, lâanimateur, mâa demandĂ© si je me souvenais dâun moment de honte durant mon enfance.
Je nâai pas trop compris le pourquoi de cette question par rapport au livre, ni mĂȘme le lien par rapport Ă ce qui venait dâĂȘtre dit, mais comme je vous lâai dit, je nâĂ©tais pas trop concentrĂ© ce lundi-lĂ , en partie Ă cause du Saumur-Champigny du midi qui Ă©tait dâailleurs trĂšs bien Ă©quilibrĂ©.
Bon joueur, jâai jetĂ© sur la table la premiĂšre chose qui me passait par la tĂȘte, comme on sây attend dans ces Ă©missions de divertissement : « Un jour, jâai Ă©tĂ© Ă lâĂ©cole en pantoufles ! »
Il faut bien admettre que cela ne rĂ©pondait pas tout Ă fait Ă la question, quoique. Ne sâagit-il pas dâun type de honte un peu comparable Ă celles que lâon peut ressentir  dans ces rĂȘves oĂč lâon est nu dans un lieu public, entourĂ© de gens habillĂ©s, qui nous dĂ©visagent froidement ? En ce sens, on Ă©tait finalement en plein dans les angoisses et phobies du roman et, aprĂšs coup, ma rĂ©ponse nâĂ©tait donc finalement pas tant dĂ©nuĂ©e de sens.
Mais pourquoi ce souvenir mâest-il revenu Ă ce moment, alors que je nây avais plus pensĂ© depuis des annĂ©es ? Et pourquoi ai-je lancĂ© ça comme ça, en direct, sur une radio gĂ©nĂ©raliste Ă une heure de grande Ă©coute ? Il est trop Ă©trange dâimaginer les milliers dâautomobilistes coincĂ©s dans des embouteillages, sur la E411 ou dans les tunnels bruxellois, en train dâapprendre cette information :
â Putain, tâentends ça chou, ce Kosma, je ne sais pas qui câest mais il a Ă©tĂ© Ă lâĂ©cole en pantoufles quand il Ă©tait petit !
â Oh putain, quel con !
Et parmi tous ces auditeurs, cela a peut-ĂȘtre rappelĂ© des souvenirs un peu similaires, ces petites hontes du quotidien que les autres ne se privent pas de nous faire ressentir lorsquâon ne correspond pas aux codes en vigueur : chaussettes ou chaussures non assorties par distraction, morceau de papier toilettes qui reste accrochĂ© Ă lâarriĂšre du pantalon ou tache dâurine sur un vĂȘtement en sortant des WCâŠ
Aussi absurde soit-elle, lâhistoire de ces pantoufles reste un de mes premiers souvenirs : fictions primaires qui ressemblent lĂ©gĂšrement Ă des rĂȘves, situations un peu bizarres oĂč il ne passe pas grand-chose et auxquelles on assiste comme une sorte de spectateur passif de sa propre existence.
Avant de vous le raconter, voici dâabord ce que je considĂšre comme Ă©tant mon tout premier souvenir : je suis assis Ă lâarriĂšre dâune voiture et je passe devant un fleuriste, le long dâune chaussĂ©e Ă Namur, je le vois, puis la voiture sâĂ©loigne et je ne le vois plus. (Oui, câest un premier souvenir encore plus banal, je mâen rends bien compte, mais que voulez-vous, je ne vais quand mĂȘme pas mâinventer un faux premier souvenir pour vous faire rĂȘver, si ?)
Bref, revenons donc Ă ce fameux souvenir des pantoufles. JâĂ©tais en maternelle et devais donc avoir 4 ou 5 ans, ce qui place donc cette histoire Ă vue de nez en 1983 ou 1984. Comme chaque matin, je mâĂ©tais levĂ©, avais dĂ©jeunĂ© et me prĂ©parais pour aller Ă lâĂ©cole, et je suppose quâĂ cet Ăąge-lĂ , câest ma mĂšre qui devait encore mâaider Ă mâhabiller, voire mĂȘme mâhabiller complĂštement. Une fois prĂȘts, nous sommes donc partis en voiture et jâen dĂ©duis que ça devait ĂȘtre aux alentours de huit heures. Je me souviens quâil nây avait que moi et ma mĂšre dans la voiture. Ma mĂšre conduisait et jâĂ©tais assis Ă lâarriĂšre, comme un enfant de cet Ăąge-lĂ . OĂč Ă©tait ma grande sĆur ? Je nâen sais rien. Elle allait pourtant Ă la mĂȘme Ă©cole, elle Ă©tait alors dĂ©jĂ en primaire, mais je suis certain quâelle nâĂ©tait pas dans la voiture ce matin-lĂ . Y avait-il la radio ? Je ne mâen souviens pas non plus. Ce dont je me souviens, câĂ©tait quâĂ lâĂ©poque, je mâamusais Ă regarder les autres voitures sur la route  et spĂ©cifiquement les phares que je nâarrivais pas Ă ne pas apprĂ©hender comme des yeux. Et selon les voitures, je voyais diffĂ©rents types de regards : gentils (souvent les voitures françaises), mĂ©chants (souvent les voitures allemandes), tristes (souvent les voitures russes, il y avait encore des Lada Ă cette Ă©poque...)
Le trajet ne durait quâune dizaine de minutes et lorsque nous sommes arrivĂ©s sur le parking de lâĂ©cole (une Ă©cole catholique oĂč mes parents nous avaient inscrits, ma sĆur et moi, plus par proximitĂ© gĂ©ographique que par conviction spirituelle) et que je suis descendu de la voiture, je me souviens trĂšs bien que câĂ©tait par la portiĂšre arriĂšre gauche, ma mĂšre qui Ă©tait sortie pour mâouvrir sâest exclamĂ©e : « Mais enfin ! Tu es encore en pantoufles ! » Et dans mon souvenir, elle mâa lancĂ© ça comme si, dâune certaine maniĂšre, jây Ă©tais un peu pour quelque chose de ne pas mâen ĂȘtre rendu compte, alors que câest peut-ĂȘtre elle qui avait oubliĂ© ce dernier dĂ©tail, puisquâelle Ă©tait en charge, si pas de mon habillement complet, au moins de sa validation finale. Ătais-je moi-mĂȘme en Ăąge de savoir que je ne devais pas me trouver en pantoufles Ă ce moment et Ă cet endroit ?
Je dois ĂȘtre honnĂȘte avec vous et vous avouer que mon souvenir sâarrĂȘte dĂ©jĂ lĂ , sur ce sentiment de honte dâavoir fautĂ© et de ne pas correspondre aux strictes attentes de la sociĂ©tĂ©. Les questions essentielles restent en suspens : sommes-nous rentrĂ©s Ă la maison chercher mes chaussures ? Ou ai-je passĂ© la journĂ©e Ă lâĂ©cole en pantoufles ? Si oui, ai-je Ă©tĂ© humiliĂ© pendant toute la journĂ©e par mes affreux camarades de classe ? Est-ce que cela a créé un traumatisme irrĂ©versible chez moi et est-ce plus tard devenu une force ? Ou est-ce que toute cette histoire nâest finalement pas un peu passĂ©e inaperçue ? Je ne le saurai certainement jamais.
Je devrais peut-ĂȘtre un jour demander Ă ma mĂšre si elle se souvient de cet Ă©pisode de mon enfance. Je le ferai la prochaine fois que je la verrai. Si je ne lâoublie pas Ă nouveau dâici lĂ .
Edgar Kosma
Bruxelles, le 31 décembre 2016

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