Vive la RĂ©publique et vive lâUniversalisme
Le discours d'Emmanuel Macron sur le sĂ©paratisme islamiste a fait l'effet d'une bombe. Une partie du monde arabe appelle au boycott des produits français, la presse anglo-saxonne se dĂ©chaine contre l'islamophobie en France, et la gauche radicale est vent debout contre le locataire de lâĂlysĂ©e. L'heure est grave, le monde se prĂ©occupe du sort des "non-blancs" en France. Tout cela semble fort louable mais le noir que je suis - La prĂ©cision semble importante ces temps-ci - se dit qu'il y a quelque-chose de pourri dans le royaume du Danemark
A lire la presse anglo-saxonne ces derniĂšres semaines, la France serait devenue un Ă©tat totalitaire dans lequel les musulmans vivent un apartheid de plus en plus draconien. Des journalistes amĂ©ricains comparent mĂȘme le sort des musulmans français Ă celui des juifs pendant la Shoah. Il serait trop simpliste de rĂ©pondre Ă ces absurditĂ©s en dĂ©nonçant l'hypocrisie d'un pays qui pratique le âmuslim banâ tout en accusant d'islamophobie un pays oĂč le regroupement familial est possible quelque-soit sa nationalitĂ©, oĂč il existe une aide mĂ©dicale de l'Etat pour les Ă©trangers en situation irrĂ©guliĂšre, et oĂč l'enseignement public est gratuit pour tous les enfants. Non, j'ai envie de pointer quelque-chose de plus sournois, et Ă mon avis de plus grave qui concerne le monde entier.
Je ne vais donc pas m'attarder sur les trophĂ©es que brandissent les Etats-Unis pour faire la morale au reste du monde. Car voyez-vous, l'AmĂ©rique peut plastronner avec son Barack Obama, sa Kamala Harris et sa culture Woke, cependant l'ombre du Klu Klux Klan rode encore dans la pĂ©nombre de ses rues, les drapeaux confĂ©dĂ©rĂ©s y sont fiĂšrement brandis. Pire encore une partie de sa police a la gĂąchette facile face Ă des noirs dĂ©sarmĂ©s, et le spectre de la sĂ©grĂ©gation raciale, voire d'une guerre raciale plane toujours au-dessus de sa tĂȘte. Non, loin de moi l'idĂ©e de tirer Ă boulet rouge sur l'oncle Sam, je pense juste qu'il faut urgemment que la gauche dĂ©samĂ©ricanise son idĂ©ologie et ses luttes. Car lâAmĂ©rique est capable Ă la fois dâĂȘtre le leader du monde libre (et il l'a Ă©tĂ©) mais aussi de nous conduire tous Ă la file indienne comme des bourricots dans les abĂźmes de la perdition. Aucun autre pays occidental nâa les moyens dâinfluencer autant la planĂšte. Â
De la libĂ©ration en 44, Ă la chute du mur de Berlin, jusqu'au discours de la Baule lors duquel François Mitterrand traça la nouvelle voie Ă suivre aux pays africains, câest Ă dire la fin du parti unique, lâavĂšnement du multipartisme, les Ă©lections libres etc. La dĂ©mocratie dans le monde doit Ă©normĂ©ment Ă lâoncle Sam, il faut lui en savoir grĂ©. Thank you USA !
Pourquoi se dĂ©samĂ©ricaniser devient alors une urgence pour la gauche ? Dâabord parce que lâAmĂ©rique a les moyens dâimposer sa vision et son style de vie au reste du monde. Ensuite et surtout parce que lâAmĂ©rique sâenchevĂȘtre depuis peu dans un embrouillamini de nouveaux concepts et autres thĂ©ories abracadabrantesques qui fleurissent au sein de sa gauche Woke et sur les campus universitaires amĂ©ricains. Puis ceux-ci sont relayĂ©s dans la presse et promus par les stars hollywoodiennes pour influencer le reste du monde libre qui suit naturellement la tendance. Et tous ceux qui osent questionner ces nouveaux concepts - ce qui est la base de toute dĂ©marche intellectuelle - sont sans aucune forme de procĂšs taxĂ©s dâesprits fermĂ©s, de fachos etc. L'exemple rĂ©cent qui illustre bien ces propos ce sont les invectives et la bataille rangĂ©e qui ont fait rage entre les dĂ©tracteurs et les dĂ©fenseurs de JK Rowling (auteure de la Saga Harry-Potter) sur les rĂ©seaux sociaux. Tout est parti dâun tweet dans lequel elle affirme que les personnes qui ont leurs menstruations sont des femmes...il yâ a peut-ĂȘtre matiĂšre Ă discussion mais si l'on prend du recul, est ce que cette affirmation mĂ©rite-t-elle les appels au viol, meurtre et boycott ? Est-on arrivĂ© au stade oĂč lâon ne peut plus questionner nos convictions ou tout autre vĂ©ritĂ© Ă©noncĂ©e par la gauche sans passer devant le tribunal de la pensĂ©e unique ni Ă©chapper Ă l'autodafĂ© ? Or, pour citer Descartes, "par la sagesse, on n'entend pas seulement la prudence dans les affaires, mais une parfaite connaissance de toutes les choses que lâhomme peut savoir, tant par la conduite de sa vie, que par la conservation de sa santĂ© et lâinvention de tous les arts." Que cela concerne le changement climatique, la transsexualitĂ© ou tout autre sujet, lâhomme ou la sociĂ©tĂ© ne doit sâinterdire le questionnement et la remise en question. MĂȘme les sciences Ă -travers l'Ă©pistĂ©mologie n'Ă©chappent pas au doute et aux questions.
Pour en revenir Ă nos rapports Ă l'AmĂ©rique, l'Ă©lection de Joe Bien est un Ouf de soulagement pour le monde entier. Il faut espĂ©rer que ces quatre annĂ©es de populisme, d'incertitudes, de dĂ©cisions engageant l'avenir de la planĂšte balancĂ©es sur Twitter selon les humeurs d'un capricieux quasi-juvĂ©nile auront fait comprendre Ă la gauche qu'elle ne peut pas gouverner contre le peuple. Qu'il s'agisse du climat, des questions comme la GPA (Gestation pour autrui), des taxes ou autres dĂ©cisions qui bousculent les traditions, il est vital de discuter, de consulter, d'expliquer. Il est contreproductif voire dangereux de rester dans sa bulle, dans les quatre murs de son bureau et dĂ©cider seul pour tous avec l'appui d'une presse urbaine dĂ©connectĂ©e des populations rurales et banlieusardes. Trop souvent c'est l'instinct de survie ou de conservation qui pousse les gens dans les bras des extrĂȘmes, des populistes et complotistes de tous poils. La journaliste Bari Weiss qui a dĂ©missionnĂ© du New-York Times a dĂ©noncĂ© la censure de toute opinion contraire Ă l'idĂ©ologie Woke et a expliquĂ© qu'ils (les journalistes du NWT) sont dĂ©connectĂ©s du pays dans lequel ils vivent. Ces gens ont enfantĂ© le monstre Donald Trump et en suivant certains dĂ©bats en France, j'ai rĂ©ellement peur que la gauche radicale ne favorise l'avĂšnement d'un "Make France (or Europe) great again". Â
La gauche radicale et racialiste versus l'universalisme républicain et la laïcité
J'ai toujours ressenti un vrai malaise en lisant une certaine presse de gauche se nourrissant des thĂ©ories Ă©tasuniennes. Certains intellectuels et politiques de gauche quand ils sâexpriment sur les immigrĂ©s, les Français issus de lâimmigration, les Noirs et les Arabes etc. sont dĂ©sespĂ©rants. Je ne sais pas si ces gens sâen rendent compte mais ce paternalisme quasi condescendant, Ă la limite de l'arrogance, je le ressens comme du racisme. J'ai lâimpression quâils considĂšrent que nous ne sommes pas assez bien dans notre engeance, en tout cas pas comme eux, pour nous plier aux rĂšgles de la RĂ©publique, de la biensĂ©ance et du savoir-vivre en sociĂ©tĂ©. Â
A les entendre tout ce qui est liĂ© au monde arabo-musulman, Ă lâAfrique noire, doit ĂȘtre dispensĂ© de toute critique, au nom du relativisme culturel. L'usage de certains mots sont prohibĂ©s aux non-racisĂ©s, et mĂȘme une pratique comme l'excision ou le harcĂšlement de rue ne sera Ă peine Ă©voquĂ©, de crainte que la personne qui en parle se voit coller l'Ă©tiquette de facho et ne soit taxĂ©e de raciste. Et comme on entend rarement les intellectuels issus de ces minoritĂ©s et ou la diaspora africaine sur ces questions, nous donnons l'impression que ces pratiques sont normales pour nous. Existe-il des Africains de gauche pouvant dĂ©noncer des crimes et dĂ©lits comme l'excision, l'homophobie, la misogynie ? Au-moins l'on ne peut pas nous traiter de racistes, ah si peut-ĂȘtre de vendus ou nĂšgres de maison. Tout nâest pas rose au sein des minoritĂ©s et ne pas en parler câest considĂ©rer ces minoritĂ©s comme des sous-ĂȘtres humains incapables de la moindre auto-critique, trop susceptibles ou arriĂ©rĂ©s pour avancer avec leur monde.
La gauche radicale exprime des positions que jâestime insultantes pour le citoyen noir et rĂ©publicain de gauche que je suis. Un dĂ©putĂ© qui crie au racisme et Ă l'islamophobie parce que des membres du gouvernement veulent interdire les certificats de virginitĂ© ou demander de lourdes sanctions contre une famille qui lynche sa propre fille au motif qu'elle s'est mise en couple avec un chrĂ©tien, considĂšre implicitement que ces pratiques sont normales pour ces immigrĂ©s et qu'il ne faut pas leur appliquer le mĂȘme standard rĂ©publicain qu'aux français blancs civilisĂ©s. Quand un homme politique se soumet Ă la police sĂ©mantique en s'excusant ridiculement auprĂšs d'une militante afrofĂ©ministe qui lui reproche de participer Ă la dĂ©shumanisation (rien que ça) des noirs. Parce que, tenez-vous bien, il a osĂ© utiliser le mot "lynchage" Ă propos de policiers tabassĂ©s (donc lynchĂ©s) par des black-blocks, lynchage devant dĂ©sormais ĂȘtre exclusivement rĂ©servĂ© aux noirs.
Nous sommes nombreux Ă ne pas supporter d'ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des sous-hommes, pĂ©tris dans leurs traditions dâarriĂ©rĂ©s, Ă qui il ne faut surtout pas demander de vivre comme le Français blanc lambda. Je ne suis pas en train de parler de rĂ©gime alimentaire, de religion ou autre, mais le fait de rĂ©clamer des exceptions pour une partie des citoyens afin de leur permettre dâenfreindre la loi et sâaffranchir de comportements rĂ©publicains, câest estimer quâils ne sont pas capables dâĂȘtre totalement citoyens français et rĂ©publicains, ils ne seraient pas « faits pour ». Alors qu'on est nombreux Ă nous battre pour que dans nos pays d'origine, nos parents jouissent des mĂȘmes droits fondamentaux et libertĂ©s individuelles.
L'idĂ©al universaliste et rĂ©publicain c'est d'arriver Ă un stade oĂč lâon offre les mĂȘmes chances Ă tous sans distinctions, aucune, de sâĂ©panouir en sociĂ©tĂ©, jouir des mĂȘmes droits en tant quâhumain. Ce que certains appellent privilĂšges de "race ou de genre" sont une somme de droits humains et constitutionnels, nous devons juste nous battre pour que les Hommes avec grand H, les humains dans leur ensemble, nos concitoyens et mĂȘme ceux qui vivent sous d'autres cieux naissent effectivement libres et Ă©gaux en droits, bĂ©nĂ©ficiant des mĂȘmes privilĂšges. La vie elle-mĂȘme est discriminante, les gens naissent grands, petits, gros, maigres, trĂšs beaux ou moyennement beaux selon des critĂšres relatifs, câest ainsi, câest la nature, la vie. Il est impossible dâarriver du jour au lendemain Ă un stade dâĂ©galitĂ© totale entre tous. Ce qu'il faut câest s'assurer que les lois ne soient pas discriminatoires et veiller au grain Ă leurs justes applications Ă tous.
Quant Ă la laĂŻcitĂ© qui serait islamophobe, le MarĂ©chal AL SISSI l'a clairement dĂ©clarĂ© lors de sa visite en France : "les lois divines sont au-dessus de toutes valeurs humaines." Et ce ne sont pas que des paroles en l'air. Il suffit de regarder ce qui se passe sous d'autres cieux pour avoir peur des proportions que prennent la religion et ses revendications qui tendent Ă prĂ©valoir sur la RĂ©publique. Ailleurs, câest ouvertement revendiquĂ© : lâĂ©galitĂ© nâexiste pas, et la police religieuse veille au respect de la chose. MĂȘme des citoyens en sont arrivĂ©s Ă dĂ©savouer la Constitution pour faire prĂ©valoir la loi religieuse ; on peut rappeler Ă dessein lâaffaire de la Pakistanaise Asia Bibi dont les compatriotes exigeaient la dĂ©capitation pour avoir selon eux blasphĂ©mĂ©. Soit dit en passant il existe une Ministre des droits de l'homme dans ce pays qui dĂ©nonce la condition des musulmans français qu'elle compare Ă celle des juifs pendant la Shoah. Au-moins les extrĂ©mistes et les mĂ©dias amĂ©ricains sont d'accord sur ce point.
La police religieuse ou des citoyens sâoctroient le pouvoir dâarrĂȘter et de lyncher toute personne se livrant Ă un comportement blasphĂ©matoire. Cela varie selon les interprĂ©tations et peut aller du simple fait d'ĂȘtre homosexuel Ă tout autre comportement jugĂ© impudique. Des citoyens se sentent investis du pouvoir de faire appliquer des codes vestimentaires religieux, de veiller Ă lâapplication des heures de fermeture de magasins durant les temps de jeĂ»ne, de faire appliquer les prescriptions alimentaires â notamment dâinterdire la consommation ou la vente de boissons alcoolisĂ©es ou de la viande de porc. MĂȘme quand tu es touriste, tu es tenu de respecter ces lois, sous peine de finir en prison. La laĂŻcitĂ© française est un garde-fou qui protĂšge tout le monde de ces dĂ©rives et atteintes Ă la libertĂ© de conscience et garantit dans le mĂȘme temps la libertĂ© de croyance et de culte
Enfin, Ă tous ceux qui plaignent les minoritĂ©s (doit-on aussi compter les asiatiques, les juifs, les latinos?) en France depuis des pays qui pratiquent ouvertement la discrimination raciale, ethnique et religieuse. Qu'est-ce qu'il faut leur rĂ©pondre ? Faisant partie de cette minoritĂ© j'ai dĂ©cidĂ© de crier mon ras le bol, ça l'Ă©tait dĂ©jĂ du temps de nos ancĂȘtres pour d'autres raisons mais force est de constater que c'est encore tellement compliquĂ© d'avoir des origines ces derniers temps. CompliquĂ© d'avoir une posture face aux injonctions des uns et des autres. Entre dâune part la montĂ©e de lâextrĂȘme droite dĂ©complexĂ©e qui tient ouvertement des discours de haine, en te faisant comprendre que tu nâes pas vraiment français, que tu seras toujours un Ă©tranger Ă leurs yeux et clairement source de tous les maux sociĂ©taux, de la barbarie qui s'installe depuis peu dans la douce France pays de leur enfance. Et d'autre part une extrĂȘme gauche racialiste qui veut tâassigner Ă ta couleur, Ă tes origines (ils t'ont trouvĂ© un joli nom : tu es un racisĂ©), et qui te tient un discours t'appelant Ă forcĂ©ment entrer en conflit avec la France des mĂąles blancs dominants, Ă dĂ©truire des statuts au nom de tes ancĂȘtres. Et pire si tu dis te sentir universaliste, et pleinement français tu es sans aucune forme de procĂšs soit un collabo, un vendu, le noir ou lâarabe de service. Â
Je dis simplement Ă ces gens que je ne renierai jamais mes origines, je suis noir et fier de lâĂȘtre mais je me sens humain, je vois aux gens d'abord des humains comme moi. Dans mes rapports avec les autres je ne vois pas en eux des blancs, des noirs, des arabes, juifs, hĂ©tĂ©ro ou homosexuel. Je ne veux pas vivre dans une sociĂ©tĂ© oĂč les gens se regroupent entre eux selon la couleur de leur peau, leur appartenance religieuse, sexuelle ou ethnique. J'estime qu'il n'y a rien de glorieux Ă ĂȘtre promu, nommĂ© etc. non pas parce que je le mĂ©rite mais pour remplir un quota. Cette vision clanique, ethnoreligieuse du monde a fait des ravages en Afrique et ailleurs dans le monde : les gĂ©nocides comme au Rwanda, lâApartheid en Afrique du Sud, les OuĂŻghours en Chine, les noirs considĂ©rĂ©s comme des esclaves en Mauritanie ou dans certains pays orientaux etc.
Je nâaimerais pas vivre dans une sociĂ©tĂ© balkanisĂ©e selon les origines comme dans ces films hollywoodiens oĂč les noirs vivent et font la loi Ă Harlem, les irlandais Ă Hells' kitchen, les italiens, les chinois, les corĂ©ens ont chacun leurs territoires qu'ils contrĂŽlent etc. Comme Martin Luther King je rĂȘve plutĂŽt dâun monde oĂč les gens sont jugĂ©s non pas par rapport Ă la couleur de leurs peaux mais selon ce quâils sont en termes dâintelligence, de personnalitĂ© et dâhumanitĂ©.  Câest pour cela que jâai un vrai problĂšme avec lâextrĂȘme gauche racialiste et ce climat de conflit qu'ils installent entre les citoyens en France. Je ne veux pas entrer par principe (puisqu'il faudra bien choisir un camp) dans des combats racialistes ou m'inventer des conflits avec les blancs. Les inĂ©galitĂ©s sociales divisent bien plus que la couleur de peau et les origines. Je pense avoir beaucoup de choses en commun avec un blanc qui gagne le SMIC qu'avec un noir membre de la bourgeoisie parisienne. Â
Mais surtout je veux dire que je viens d'un pays d'Afrique centrale oĂč vivaient en paix cĂŽte Ă cĂŽte plus de 90% de chrĂ©tiens et animistes avec une minoritĂ© musulmane. Il s'est passĂ© beaucoup de choses mais pour faire simple, le jour oĂč on a voulu enrĂŽler de simples paysans dans un conflit militaro-politique on a expliquĂ© aux musulmans qu'ils sont quasiment des citoyens de secondes zones et aux chrĂ©tiens que des musulmans sont venus les massacrer pour prendre leur pays de force. Je me rappelle encore comment j'expliquais Ă des confrĂšres camerounais combien j'aime la stabilitĂ© et la cohĂ©sion de leur pays, aujourd'hui sans occulter tous les problĂšmes politique on a rĂ©ussi Ă leur faire dire qu'ils ont un conflit entre anglophones et francophones, leur nation est en train de voler en Ă©clat. Je me rappelle aussi avoir dit un jour Ă un confrĂšre ivoirien lors d'une discussion houleuse et ceci bien longtemps avant qu'Alassane Ouattara dĂ©cidĂąt de s'accrocher au pouvoir par un troisiĂšme mandat:  "toi et moi on est mĂȘme pas nĂ©s en France, aujourd'hui on a la nationalitĂ© française, on a, sinon on rĂ©clame les mĂȘmes droits que ceux dont les ancĂȘtres sont nĂ©s ici, alors pourquoi veux-tu qu'un mec te prouve son "ivoiritĂ©" avant de briguer la magistrature suprĂȘme juste parce que tu penses que ses parents Ă©taient BurkinabĂ©s?" Â
Si l'on ne fait pas attention c'est vers ce genre de conflits communautaristes que les racialistes nous poussent. Loin de moi l'idĂ©e de nier que la discrimination existe en France, je l'expĂ©rimente mĂȘme souvent mais je ne souhaite pas que la France se divise un jour en plusieurs communautĂ©s, ou devienne le futur Liban ou la future Centrafrique qui est mon pays natal. La route est longue mais je pense que la France est sur la bonne voie pour atteindre l'idĂ©ale universaliste. C'est beau toutes les nouvelles attentions accordĂ©es aux minoritĂ©s dont je fais partie, mais Ă choisir je prĂ©fĂšre la rĂ©publique qui ne reconnait que des citoyens et non des croyants, des bretons, des arabes, des noirs, des blancs etc. Vive la RĂ©publique et vive l'universalisme