Walking on the street. Je me rends compte que le vulgos a autant de succĂšs chez nous quâun excĂšs de coĂŻt dans nos Internet. Colosse de la mode, le bon goĂ»t affiche âdisetteâ face Ă cette ode au clinquant ripou.
 Le king des embeaufĂ©s ravit mes yeux de couleurs qui pĂštent, les aficionados du tapageur ont le vent en poupe, un peu lofĂ©, ça part en vrac. Maintenir le cap sur le craignos servi en soupe est un art qui remplit mon coeur de choses Ă voir. Les vitrines dâun certain Paris vomissent les concepts de la lourdeur, la ligne du soir braquĂ©e sur le vilain. Le marchand de pisse pour ados fait des adeptes Ă raquer. La rondeur qui plisse, le strass et le dĂ©vĂȘtu, le fin du clinquant baratine et nĂ©gocie la passe âfrappe Ă lâoeilâ dans la rue dâen bas. Tapin visuel, la classe de la vulgaritĂ© mâenchante et vient rajouter ce brin de folie Ă cet ensemble si convenu. Duel de parvenus, chacun se bat sur le seuil de sa tolĂ©rance.
Jamais lasse. LâoriginalitĂ© de ce mouvement pĂ©renne avance Ă travers les Ăąges et danse aujourdâhui sans peine sur les covers et dans les pages du dernier fanzine tonitruant. Et ceux qui savent, se saignent pour rester dignes et faire honneur Ă lâadage pervers de la petasserie sublime. HystĂ©rie de -it, le millĂ©sime de nos annĂ©es dĂ©core et incite au bonheur du too-much. LâĂ©lite coloriĂ©e au blush  peuplĂ©e de pĂ©cores mais pas que, revendique le droit de sâexposer. Jeu rutilant.
Et tiens, la vieille avec sa fourrure en toc dĂ©fie les lois de la pesanteur avec son plastoc Ă©bouriffĂ©, mamie penche sous le poids de lâexcentricitĂ©. Les vioques sont choubidoux avec leur goĂ»ts dâavant croisĂ©s aux habits du dimanche. Papi sâest passĂ© du saindoux dans les tifs, MĂ©mĂ© pulvĂ©rise le score de hauteur sous bigoudis, laquĂ©e et dure, sa coiffure tire sur le roux mĂ©tallisĂ©.  En cas de mort, le passeur prĂ©lĂšvera le coĂ»t de la traversĂ©e sur leur cheveux, lâargent du beurre saindouĂŻffiĂ©, plaquĂ© sur leurs yeux de mortifiĂ©s.
Le populos en tient une couche mais les euros font des heureux au âbon fringuantâ chez les classos. Les faux ont sale rĂ©put, mais le sacro-saint luxe et sa touche dâabusĂ© affole les passants et le bon sens aussi. Remballe tes liasses, tâas lâair dâune pute dĂ©sabusĂ©e, la vendeuse a juste la dalle dâune caisse blindĂ©e. Cocotte en pierres prĂ©cieuses, tâas passĂ© ta dote dans un vulgos un peu LoL et vraiment cher.
A lâimage du vulgos, jâai bourrĂ© ce post jusquâĂ la gorge. Les mots sont lourds et le sens chargĂ© mais le clinquant se doit dâĂȘtre apprĂ©ciĂ© sans ombrage dans une orgie de beau, une danse de rembourrĂ©. Cacophonie du trop.