Remous en amont. Les galets sont tiĂšde, doux et poreux, lâeau est froide, mordante et claire. Lâair est reposant, et sâĂ©coule doucement le long du lit dâovales. Un enfant joue. Une pierre aprĂšs lâautre, ricoche ou crĂ©e de nouvelle Ăźles, ou chemin Ă emprunter pour le liquide par endroit transparent.
A lâombre, se repose la surveillance, observante sĂ©rĂ©nitĂ©, cherchant, par moment un galet Ă collecter. Elle est grande, et souriante, bien quâun peu fatiguĂ©.
Le barrage est construit, finis, terminĂ©. Il bouche un seiziĂšme de la riviĂšre. Plus loin ça sâĂ©croule, sâeffondre, sâĂ©tale.
En remontant, sortant ce petit monde des plaisirs des berges, sous lâombre des bois, passant les clairiĂšres parsemĂ©e dâorties, de chardon, de berce, lâhistoire dâun soldat ressurgit, contĂ©e. Une balle lâa atteint au mollet. La plaie, la blessure, le trou sâinfecte. Le soldat, pour une raison qui aujourdâhui sâĂ©chappe, se bande, se panse, se soigne, en appliquant du buis sur lâorigine de son mal. IdĂ©e qui lui fut bĂ©nĂ©fique. Cicatrice, rééducation, il marche.
Sorti du bois lâair chaud sâappuie dâune main fatiguĂ©e sur nos Ă©paules Ă chacun. Mon petit frĂšre, ma mĂšre, et moi