UNDER SIEGE 2 - DARK TERRITORY (1995) La suite de PIĂGE EN HAUTE MER -ou UNDER SIEGE (1992), qui est encore aujourdâhui considĂ©rĂ© Ă juste titre comme un classique du film dâaction- avait la lourde tĂąche de succĂ©der Ă son prĂ©dĂ©cesseur: on ne va pas se mentir, le premier film mettant en scĂšne les aventures de Casey Riback -un cuisinier mais aussi ancien commando dâĂ©lite- avait contribuĂ© Ă populariser Steven Seagal avait pour mĂ©rite dâĂȘtre un vrai gros actioner teintĂ© dâhumour nanardesque. Se savourant en VF uniquement, UNDER SIEGE rĂ©galait de par ses sĂ©quences bourrines -en usant de cette gestuelle âpelle Ă tarteâ, cette marque de fabrique du close combat signĂ©e Seagal- et comiques -le baraquĂ© Gary Busey dĂ©guisĂ© en femme, indĂ©lĂ©bile souvenir-, donnant au film dâAndrew Davis (rĂ©alisateur de THE FUGITIVE, 1993) un cachet sympathique intemporel. Changement de dĂ©cor pour UNDER SIEGE 2 -traduit chez nous par PIĂGE A GRANDE VITESSE-, dĂ©plaçant son lieu dâaction du lĂ©gendaire navire de guerre USS Missouri au... gros train traversant les montagnes rocheuses en direction de Los Angeles. Pris dâassaut par des... mĂ©chants, le train compte Ă©videmment dans ses passagers un Casey Riback retraitĂ© de la marine ainsi que sa niĂšce Sarah -jouĂ©e par la dĂ©jĂ niaiseuse Katherine Heigl-, tous deux se rendant Ă L.A. pour rendre hommage au frĂšre/pĂšre dĂ©cĂ©dĂ©. La tĂȘte pensante des mercenaires, le frustrĂ© Travis Dane, ex-employĂ© du MinistĂšre de la DĂ©fense (censĂ© ĂȘtre mort) et concepteur du satellite armĂ© Grazer One, choisit donc ce train pour Ă©tablir sa base et mettre en oeuvre son plan machiavĂ©lique, Ă savoir dĂ©truire le Pentagone suite Ă une commande de terroristes basĂ©s au Moyen-Orient, et empocher au passage son milliard de dollars pour service rendu. Oui, tout ça. UNDER SIEGE 2 est le film dâaction typique qui dĂ©ploie son jargon technologique insensĂ©, mettant en scĂšne son hĂ©ros vĂ©tĂ©ran au charisme aussi profond que ses rĂ©pliques plates, incluant un jeune sidekick inutile -le âporteur de bagages noir rigoloâ-, dont le seul but est de se dĂ©barrasser des bad guys pour sauvers les innocents, potiche de service -la niĂšce Riback- Ă lâappui: un bon gros paquet de conneries rempli jusquâĂ la gueule. DĂ©cevant si on le compare Ă son aĂźnĂ©, UNDER SIEGE 2 ne dĂ©tient pas la quantitĂ© de nanardise attendue pour un long-mĂ©trage mettant Seagal dans un premier rĂŽle: ce nâest pas drĂŽle car absurde, mais nul car stupide. On rit jaune face Ă une direction narrative carrĂ©ment sexiste et raciste -bourrĂ© de punchlines idiotes- clivant le film dans un contexte parfois trĂšs gĂȘnant tant il est nul. Stock-shots de lâarmĂ©e de lâair, SFX ratĂ©s (le plan de lâavion furtif, ridicule morceau de polystyrĂšne recouvert dâadhĂ©sif noir filmĂ© devant un Ă©cran bleu, ou pire, les doublures cascades Ă visage dĂ©couvert: on ne parlera pas de la vieille image de synthĂšse utilisĂ©e pour lâanimation de lâarme spatiale Grazer One, honteuse) et montage inĂ©gal (ces faux raccords, mon dieu...), UNDER SIEGE 2 est mauvais, malgrĂ© cet aspect âgiclĂ©e sanglanteâ lors des gunfights et cette violence expĂ©ditive plaisante inhĂ©rente aux 90âČs. Bien sĂ»r, on sourira devant les gesticulations statiques de Seagal lors du combat final, et on rira face au bordel monstre de la derniĂšre sĂ©quence, apparemment rĂ©alisĂ©e par un monteur en pleine crise dâĂ©pilepsie, comme pour cacher ce tsunami dâeffets spĂ©ciaux composĂ© de navrantes incrustations superposĂ©es et dâaction explosive se stoppant brusquement, car câest la fin du film. Une belle arnaque loin derriĂšre UNDER SIEGE premier du nom, qui lui fonctionne encore maintenant et ce malgrĂ© ses 25 ans: cette suite est un produit en deçà de ce quâelle aurait du ĂȘtre, une bonne passerelle vers un UNDER SIEGE 3 qui nâa jamais eu la chance de voir le jour. Steven Seagal se considĂ©rant comme un dieu du film dâaction -bouffi comme Bouddha, on serait presque tentĂ©s de le croire- et ayant refusĂ© -ou Ă©tĂ© refusĂ©- dans la licence THE EXPENDABLES (2010-2014) dans lesquels il aurait bien mĂ©ritĂ© sa place, il rĂ©dige en ce moment mĂȘme (et depuis 2014) le script de UNDER SIEGE 3, qui, selon lui, est âattendu par des centaines de milliers de personnesâ. Doit-on le croire? Parce que UNDER SIEGE 2, câest un beau film de merde, quand mĂȘme. La faute Ă son rĂ©alisateur Geoff Murphy (FORTRESS 2, 1999)? Certainement, oui. GEOFF MURPHY FAIT DES SUITES /20













