JâĂ©tais allongĂ© sur le lit. Je portais un jean et une chemise ouverte, blanche. Il ne devait pas ĂȘtre bien loin dâune heure du matin lorsque jâentendis ma mĂšre entrer. Elle chuchota :
-Regarde, on peut demander à Théo de se décaler, comme ça tu auras le grand lit.
Alors, je fis semblant de dormir et entendis une douce voix qui mâĂ©tait Ă©trangĂšre. Elle murmura :
-Ne vous inquiĂ©tez pas, ce lit mâira trĂšs bien.
La porte se referma.
Soudain jâentendis la belle voix me souffler :
âHĂ© ! Tu dors ?! Tu me ferais un peu de place ?
Surpris, je me mis sur mes coudes, tournai ma tĂȘte vers la droite et ouvris brusquement mes paupiĂšres. Je le regardai droit dans ses yeux sombres. JâĂ©tais troublĂ© d'abord par son regard, puis par sa posture imposante et enfin par son allure sĂ»re de lui. Ses cheveux Ă©taient dâun blond Ă©tincelant et ses yeux bleu foncĂ© on sâattendait presquâĂ y apercevoir quelques Ă©toiles briller. Il Ă©tait habillĂ© avec un jogging bleu et un t-shirt blanc, bizarrement on Ă©tait assortis. Ăa me procura une sensation Ă©trange, pas dĂ©sagrĂ©able, mais un tantinet gĂȘnant. Alors pour Ă©touffer ce moment dâĂ©garement, je toussota et bĂ©gaya :
-Pardon, je peux aller lĂ si tu v....
-Non ! mâinterrompit-il aussitĂŽt, reste. Je me mets juste de ce cĂŽtĂ© du lit...
Je le regardais toujours droit dans les yeux et haussa les Ă©paules, de toutes les maniĂšres, je voulais quâil reste. Puis je me laissai tomber en avant, expirai longuement et me retournai sur le dos puis, fixai le plafond. Alors il enleva son pantalon, son t-shirt, et se glissa sous les draps.
Il me demanda si je dormais habillé et je lui répondis que je ne dormais pas beaucoup. Il resta quelques secondes en suspens puis me souhaita une bonne nuit. Je lui répondis timidement.
Effectivement, je ne dormis pas beaucoup cette nuit-lĂ . Je ne pouvais ignorer ce bel inconnu qui dormait Ă peine Ă quelques centimĂštres de moi. Si je tendais le bras, je pouvais toucher son dos, sa nuque, et ses cheveux ondulĂ©s. ĂnervĂ© contre cette incomprĂ©hension totale avec ces nouvelles sensations, je dĂ©cidai de sortir de la chambre.
âPas encore
âIl devait dĂ©sormais ĂȘtre quatre heures du matin. Je courus vers le lac, me dĂ©shabilla et plongea sans hĂ©sitation.
Lâeau Ă©tait froide, mais lâatmosphĂšre si dense et chaude que cela me faisait un bien fou. Une fois sorti de lâeau, je mâallongeai dans lâherbe douce et regardai le jour se lever petit Ă petit : quelques Ă©toiles peinaient encore Ă sâeffacer ; jâentendais les oiseaux se rĂ©veiller ; les poissons remuer dans lâeau ; le vent ballotter les arbres, et les nuages se dĂ©placer lourdement. Je mis de la musique et mâendormis. Lorsque je me rĂ©veilla il devait ĂȘtre huit heures trente. Je me revĂȘtis et marcha lentement le long du chemin qui menait Ă la maison.
Soudain jâentendis quelquâun me demander inquiet : « Tu Ă©tais oĂč ? »
CâĂ©tait lâautre garçon. Maintenant que je le voyais debout, Ă la lumiĂšre, je mâaperçus quâil devait sĂ»rement ĂȘtre un plus grand que moi. Cela mâintimida, mais je ne laissai rien paraĂźtre. Je lui fis un signe de main pour lui faire comprendre que ce nâĂ©tait rien, et rĂ©pondit :
-Nulle part, me balader.
Il acquiesça avec un sourire.
Je mâapprochai de lui encore un peu plus avant de lui demander si les autres Ă©taient rĂ©veillĂ©s. Il fit non de la tĂȘte. Puis jâajoutai timidement :
-Je mâappelle ThĂ©o.
Il me tendit sa main et répondit :
-Dimitri, enchanté.
Je lui serrai la main et il vint me toucher lâĂ©paule Ă l'aide de sa deuxiĂšme main. Je me raidis immĂ©diatement et lĂąchai sa main qui Ă©tait si douce.














