04-04-2005 // We have sound
Putain, 14 ans!
Allez, un *vrai* skeud indĂ© dans Happy Beurzâdisque pour changer! La galette en question, âWe have soundâ de Tom Vek, sort le 4 fĂ©vrier 2005. Le monde se relĂšve tout juste de la mort du trĂšs pieux Jean-Paul II (les cathos hein, parce que les autres, moi inclus, sâen battaient bien les ouĂŻes), qui va laisser la place Ă un espĂšce dâantĂ©christ du nom de BenoĂźt, quâon croirait tout droit sorti du cĂŽtĂ© obscur de la force... Bref! TrĂȘve de bondieuseries: la friandise auditive du jour sort sur le label Tummy Touch, avec aux manettes Tim « Love » Lee, un pionnier de la musique Ă©lectronique passĂ© maĂźtre â que dis-je, jedi force jaune - dans lâart du remixage. Quâest-ce qui a pu faire que le bonhomme sâintĂ©resse Ă ce binoclard londonien de Tom, dont le goĂ»t pour la guitare Ă©lectrique semble bien plus affirmĂ© que son producteur? Puisquâil sâagit aujourdâhui dâun anniversaire, Ă©coutons en guise dâindice un remix du dit Tom par Tim sur Tum (heum...), pondu Ă lâoccasion des 15 ans du label:Â
Cette version vitaminĂ©e de âI ainât saying my goodbyesâ rĂ©sume tout ce qui est « aimable » chez Tom Vek : un style Ă©purĂ©, des accords de guitare et de basse pas hyper chiadĂ©s mais terriblement efficaces, une boĂźte Ă rythme omniprĂ©sente, et une voix dont la monotonie ne lasse (presque) jamais grĂące Ă des petites touches Ă©lectroniques:
[Tim]: - « Tom!! non! Ă©loigne ton pied de cette pĂ©dale, on essaie dâenregistrer un titre acoustique pour voir! »
[Tom]: *appuie sur la pĂ©dale de rĂ©verbâ*
[Tim] : - « et merde, il lâa encore fait! » *coupe lâenregistrement*
[Tom]: *rĂ©appuie sur la pĂ©dale de rĂ©verbâ*
[Tim] : - « Mâenin Tom, jâĂ©tais mĂȘme pas en train dâenregistrer lĂ ...»
[Tom]: *rĂ©flexe myotatique dâappui sur la pĂ©dale de rĂ©verbâ*
[Tim]: - « I quit! compte pas sur moi pour remixer un de tes morceaux avant au moins 6 ans et demi! »
âI ainât saying my goodbyesâ fait partie des tubes dâun premier EP qui va propulser Tom Vek dans la petite nĂ©buleuse des interprĂštes dâindie rock en solo, Beck, Eels, ect.: il y a aussi le single dâintro âC-C (You set the fire in me)â, âIf I had changed my mindâ... On bat immanquablement le tempo sur des rythmiques pop-rock, tout en savourant lâenrobage ânew-wavienâ du disque. LâĂ©lectro passe clairement au second plan, mais ces petits arrangements font partie intĂ©grante de la patte Tom Vek et sa singularitĂ©. Â
Ceci nâest pas un Beck.
De lĂ Ă dire que âWe have soundâ est proche de la perfection... Pas tout Ă fait: lâalbum a aussi son lot de plantades. Jâen compte au moins trois sur les dix chansons du disque. On sâemmerde un peu beaucoup sur âA little word in your earâ et son chant aussi vallonnĂ© quâune autoroute, hormis un pont un poil plus funky. MĂȘme impression dâenchaĂźner les feux verts sur âOn the roadâ, morceau balisĂ© par des couplets chalala qui se paie le luxe dâ1-2 fausses notes en guise de variation. MĂȘme sensation de serpent qui se mort la queue sur âCoverâ, oĂč le seul relief vient des percus qui occultent absolument tout le reste. Ce qui est dĂ©routant avec âWe have soundâ, câest que la monotonie qui nous tue dâennui sur certains morceaux, rend dâautres pistes presque plus addictives. Comment ne pas secouer la tĂȘte en rythme sur âNothing but green lightsâ ou encore âIf you wantâ?
Des paroles Ă la limite de la crĂ©tinerie, scandĂ©es avec un ton rĂ©barbatif - comme « If you want air, then we better start breathing » (que je ne vous ferai pas lâinsulte de traduire) - qui paradoxalement rendent la mĂ©lodie plus contagieuse. Du coup, entre ennui et gĂ©nie, on est forcĂ©s de reconnaĂźtre une harmonie dâensemble Ă ce premier album de Mister Vek.  Â
Et aprĂšs 2005, alors? Tom Vek a beau nous expliquer quâil faut sâhabituer Ă lui (âItâs not my time yet, I ainât saying my goodbyesâ), il lui faudra quand mĂȘme 6 annĂ©es pour concevoir le digne successeur de âWe have soundâ. Une pĂ©riode dâincubation longue mais nĂ©cessaire pour donner un peu plus de grain Ă un Tom Vek quâon imagine volontiers crĂ©ateur solitaire.
A suivre peut-ĂȘtre dans une autre kronik de HBD, mais comme disait Captain Igloo, y a tellement dâautres galettes dans lâocĂ©anâŠ
Françis Skeud B-)
La note complĂštement arbitraire de HBD pour âWe have soundâ: 7 chansons plus que potables/les 10 de lâalbum















