« Demander la victoire et nâavoir pas envie de se battre, je trouve que câest mal Ă©levĂ©. Les croisĂ©s, entre tous autres saint Louis, qui faisaient une guerre sainte, qui se battaient littĂ©ralement pour le corps de Dieu, pour le temporel de Dieu, puisquâils se battaient pour le recouvrement du tombeau de JĂ©sus-Christ, ne sây fiaient pourtant pas. Ils ne priaient pas comme des oies, qui attendent la pĂątĂ©e. Ils priaient, mieux que nous, et ensuite, et si je puis dire en exĂ©cution de leur priĂšre, et presque dĂ©jĂ en couronnement de leur priĂšre, ils se battaient, eux-mĂȘmes, tant quâils pouvaient, de tout leur corps, et eux-mĂȘmes de tout leur temporel. Car dans le temporel et pour la conquĂȘte du temporel, il faut aussi engager le temporel. Aide-toi, le ciel tâaidera, ce nâest pas seulement un proverbe, de chez nous, et une fable de La Fontaine, câest une thĂ©ologie, et lâordre de marche, et la forme mĂȘme du commandement »
Charles PĂ©guy, Ćuvres en prose, 1909-1914.
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