Attachés à la vigne
Prédication par Andrew Rossiter à Bergerac le 28 avril 2024 1 Jean 3.18-24, Jean 15. 1-5
Sur un coteau pierreux au-dessus de sa maison, oĂč poussent le thym et le figuier de Barbarie et oĂč un figuier lutte pour son existence dans une poche de terre peu profonde, un paysan dĂ©cide de planter une vigne. Ă l'automne, il dĂ©blaie une terrasse et apporte du terreau et du compost. Il installe un poteau pour que la vigne puisse grimper et il fixe des supports horizontaux pour ses branches. Au printemps, il la plante et la protĂšge contre les chĂšvres ; au fur et Ă mesure qu'elle grandit, il la dresse et, Ă l'automne suivant, il la taille.
La vigne dépend du paysan pour sa vie, mais le paysan dépend également de la vigne. En effet, la vigne peut faire ce que le paysan ne peut pas faire ; elle peut prendre la pluie qui tombe sur la colline et la transformer en raisins, que le vigneron peut récolter et fouler dans son pressoir, et verser le jus dans sa cuve pour qu'il fermente et qu'il devient du vin. Le paysan et la vigne dépendent l'un de l'autre, et la raison pour laquelle ils travaillent ensemble est de produire le miracle de transformer de l'eau en vin. «Je suis la vraie vigne, dit Jésus, et mon PÚre est le vigneron». Voici la derniÚre image du JE SUIS, de l'Evangile de Jean. La vigne avec ses racines dans la terre, dépendante du paysan, et ses branches produisant des grappes de raisin qui seront écrasées et transformées en vin pour apporter de la joie à ceux qui le boivent.
Le travail du vigneron est long et laborieux, il faut de la patience et un certain savoir-faire. Le viticulteur ne se contente pas de jeter des graines et d'espĂ©rer que tout ira bien. Il faut du temps, des soins et de la taille, la prise en compte des diffĂ©rents besoins de croissance et la confiance dans le processus. La clĂ© du succĂšs dâun vin est son fruit, il faut que les grappes soient bonnes. Jâai appris qu'il peut prendre jusqu'Ă trois ans avant qu'une vigne ne produise des fruits qui mĂ©ritent d'ĂȘtre transformĂ©s en vin. Cette histoire est un joli clin dâĆil, car on suppose que JĂ©sus a exercĂ© son ministĂšre pendant environ trois ans. De plus, de nombreux vignobles attendent encore deux ans ou plus avant d'atteindre une qualitĂ© optimale. Il se peut donc que JĂ©sus aide Ă prĂ©parer les disciples Ă une maturation continue en les plaçant dans un processus qui leur permettra de continuer Ă grandir et, espĂ©rons-le, Ă porter du bon fruit.
Lâimage est belle et complexe. Quand JĂ©sus dit «Je suis la vigne, et vous ĂȘtes les branches», câest la la premiĂšre fois que JĂ©sus inclut ses disciples dans les sept «Je suis» dans lâEvangile. Tout est connectĂ©. Si la branche est attachĂ©e Ă la vigne, la vie de la vigne passe dans la branche. Si la branche pousse du tronc, la nourriture des racines dans le sol passe dans les branches. Ensuite, la sĂšve de la vigne coule dans les branches et le modĂšle de vie de la vigne se dĂ©ploie Ă travers chaque branche pour produire des grappes de raisin. Câest ainsi avec vous, nous dit JĂ©sus. Si vous restez attachĂ© Ă moi vous produirez du fruit en abondance. Rien dâautre que la vigne peut produire des raisons sur ce coteau - ni la figuier de Barbarie ni les autres plantes, seulement la vigne.
La vigne Ă©tait une image souvent utilisĂ©e dans la Bible hĂ©braĂŻque pour parler dâIsraĂ«l. En EsaĂŻe 5, 1-7, la vigne est infructueuse, et au lieu de raisins (justice), Dieu trouve des raisins sauvages (effusion de sang). La mĂȘme idĂ©e est prĂ©sente dans JĂ©rĂ©mie 5:10 et JĂ©rĂ©mie 12:10-11, mais ce n'est pas le cas dans EsaĂŻe 27:2-6, oĂč IsraĂ«l devient une vigne fructueuse.
JĂ©sus prend la richesse de ses images, connues de ses disciples, pour changer lâorientation. Dieu est toujours le vigneron, mais la vigne nâest plus IsraĂ«l, mais JĂ©sus. L'auteur de l'Ăvangile de Jean utilise l'image de quelque chose de bien connu afin d'apporter une comprĂ©hension plus profonde. JĂ©sus-Christ change tout, et c'est la connexion avec lui qui apportera la vie, une vie nouvelle, une vie abondante.
Le mĂȘme message est vrai pour nous aujourd'hui. Nous disons souvent que nous voulons «grandir dans la foi» ou «porter du bon fruit», et des textes comme celui-ci nous aident Ă nous rappeler par oĂč commencer. Nous devons ĂȘtre sur la vigne, reliĂ©s Ă JĂ©sus. Se mettre dans cette position, celle qui nous aidera Ă grandir, n'est pas sans risque ni sans dĂ©fi. L'imagerie nous rappelle que sur la vigne, nous serons soumis Ă la taille.Â
Je nâimagine pas un seul instant que Dieu coupe des branches pour les jeter dans le feu Ă©ternel. Je ne pense pas que Dieu peut dĂ©truire volontairement une partie de sa crĂ©ation parce quâelle nâest pas assez productive. Bien entendu notre monde Ă©conomique fonctionne souvent selon ses critĂšres. Et quelque part câest bien ainsi. Il faut que nos usines et nos services publiques soient rentables. La survie de notre modĂšle Ă©conomique demande un rendement qui est le moteur de lâinvestissement et du profit. Mais Dieu nâest pas un chef dâentreprise, mĂȘme si jâentends certaines personnes qui me disent que lâĂglise pourrait profiter du bon sens du monde du travail - et câest peut-ĂȘtre vrai. Dieu est plutĂŽt un artisan, un paysan qui doit faire fonctionner son affaire mais en suscitant le meilleur de la nature, que ça soit la nature vĂ©gĂ©tale ou humaine.
Je ne pense pas que cela signifie que nous serons coupĂ©s de la vigne elle-mĂȘme, mais les parties de nous qui ne portent pas de fruits peuvent avoir besoin d'ĂȘtre taillĂ©es pour que nous puissions vraiment prospĂ©rer. Cela fait partie du travail de disciple, car nous nous dĂ©barrassons des choses qui ne nous apportent pas la vie ou qui ne nous rapprochent pas de Dieu, crĂ©ant ainsi un espace dans nos vies pour que la croissance puisse se produire.Â
Jâai un ami, Robert, un jardinier et un sage. Il se promĂšne toujours avec ses sĂ©cateurs dans sa poche. Il a appris Ă faire cela au-prĂšs de sa mĂšre qui portait toujours les robes avec des poches pour glisser ses sĂ©cateurs dedans. Robert les a sur lui Ă tout moment, mĂȘme quand il est en costume-cravate pour cĂ©lĂ©brer les funĂ©railles. Je lâai vu passer dans le cimetiĂšre derriĂšre le corbillard coupant une branche ou deux dans les fleurs et les arbres. Chaque dimanche aprĂšs le culte il passait dans le jardin du temple pour tailler ici et lĂ . Il ne coupait pas pour arranger la plante Ă son goĂ»t, comme font ces jardiniers qui sculptent des formes dâanimaux dans leurs haies. Il taillait pour que la plante puisse dĂ©velopper et grandir et reflĂ©ter toute la beautĂ© contenue en elle.
Dans une vidĂ©o que jâai regardĂ© sur YouTube, un viticulteur dit que l'un des facteurs qui contribue souvent Ă la croissance de la vigne est le stress. C'est bien cela, le stress. En rĂ©ponse au stress, la plante concentre souvent son Ă©nergie sur sa progĂ©niture, les raisins, pour les rendre aussi dĂ©sirables que possible pour les oiseaux et les abeilles, afin de survivre. C'est parfois vrai aussi pour nous, les pĂ©riodes de stress et de changement, positif ou nĂ©gatif, peuvent nous amener Ă une plus grande croissance dans notre relation avec Dieu. Nous pourrions peut-ĂȘtre bĂ©nĂ©ficier d'un examen de notre vie de foi de temps en temps qui nous ouvre Ă des possibilitĂ©s de grandir. Le changement ne sera certainement pas facile, mais c'est peut-ĂȘtre justement ce dont nous avons besoin pour nous aider Ă porter les meilleurs fruits. Pour entamer une reflection hors de nos zones de confort nous avons besoin du courage et dâaudace.
Je vous invite Ă dĂ©couvrir ce poĂšme que jâai essayĂ© de traduire en français. Je vous laisse le lire, soit en anglais ou en français, ou dans les deux et ainsi vous pouvez faire votre propre traduction.
Ătre Ăglise c'est, faire ensemble ce qu'on appelle la foi. La bonne nouvelle, c'est que ce travail ne se fait jamais seul. Je n'ai encore jamais vu de vignoble avec une seule petite vigne. Il y en a des rangĂ©es et des rangĂ©es, avec des seaux pleins de fruits qui sont Ă©crasĂ©s ensemble pour crĂ©er le vin, qu'il soit le vin de communion ou le meilleur millĂ©sime dans nos caves. Collectivement, nous sommes cette vigne qui grandit ensemble dans le Christ. Nous sommes appelĂ©s Ă Ă©tablir des relations et les connexions les uns avec les autres, et Ă la racine de tout cela, est le Christ, qui est la tĂȘte de l'Ăglise. C'est le Christ qui nous invite Ă entrer dans cette relation entrelacĂ©e, tout comme il a invitĂ© ses disciples quand il Ă©tait avec eux. Rejoignons donc la vigne et soyons porteurs de bons fruits pour la gloire de Dieu, qui a plantĂ© des graines en nous il y a longtemps et qui n'a pas fini de s'occuper de nous.
















