Apprendre à lâcher prise. A ne pas suivre le plan de cours préparé pendant la nuit. Let it go. Se laisser surprendre. Travailler sur l'opposition et la concession. Voir le potentiel de discussion d'une phrase extraite d'un bouquin d'exercices. Ecouter les étudiants commencer à débattre. S'opposer. Se répondre. Laisser faire. Encourager. Les pousser à argumenter, à chercher, à expliquer, à expliciter, à donner des exemples. Les faire travailler sans qu'ils s'en rendent compte. Les voir se prendre au jeu avec passion. Parce que c'est un sujet qui touche. Qui interpelle. Qui questionne. Donner la parole à ceux qui se taisent. Demander leur avis. Réclamer. Entendre les voix qui montent. Parler de cultures qui s'opposent. D'individus, surtout. Parler de passion est passionnant. De sentiments, d'émotions. Chercher à mettre des mots. Les écouter dire l'embarras. L'embarras de ne pas savoir décrire. "Mais pas parce qu'on ne connaît pas les mots en français, même dans notre langue, c'est difficile." Approcher l'intime. Laisser les questions ouvertes. Parce que les réponses ne sont jamais uniques. Attendre. Enfin, cet instant de silence, après trente-cinq minutes de discussion à bâtons rompus. "Wah, Amélie, c'était un petit peu fou, je crois." Oui, voilà, tu le dis mieux que moi.