Belle initiative, le premier vendredi du mois, que celle des vases communicants, qui consiste à accueillir un autre blogueur dans son espace virtuel et à laisser une trace dans le sien. Pour cette première, c'est donc ma chère Drmlj, qui m'a fait part du projet, qui vient tapoter ses mots ici, alors que je tente d'écrire chez elle. Merci à toi, Delphine !
Je découvre les murs, les meubles, les mots de ce blog dont je ne connais que la partie visible. Je visite yeux fermés cet espace particulier. Son auteure aime changer de pays et de ville, nous inviter dans ses tribulations poétiques, au gré des blogs créés pour explorer chaque espace. Comme elle, j'ai ouvert des blogs, mais je ne change guère de lieu, guère de zone. Mes espaces-blogs sont trop nombreux et me disent les myriades des potentialités de la vie. A présent que je me rassemble, je cherche la forme à donner aux mots qui arrivent, sans détours et toujours.
La forme de mon blog variera-t-elle autant que les replis de mon coeur qui frémit chaque fois que le vent est trop fort, que la mer est trop houleuse, ou bien qu'elle devient d'huile, qui poisse et pèse, toute de légèreté collante. Toujours ce futur qui s'immisce dans le verbe pour le mettre en péril.
La forme est fond, et je ne sais comment donner forme à ces fonds abyssaux, parfois, qui engloutissent les détails des souvenirs - c'est le passé qui se projette à toute allure. Le mot forme lui-même donne matière à ce qui ne devrait être que poussière promenée par le vent. Les fonds de forme donnent assise à l'oeuvre. Je n'ai fait jusqu'à présent que chercher ces fonds, la forme est toujours imparfaite, im-pertinente. Tourner les mots avant de les déposer, les tourner, soupeser et les donner. Mais tout cela n'est-il pas en vain. Quand Baudelaire a existé, que reste-t-il ensuite à déposer comme matière. Chercher la mienne, son allure et sa figure, sa tournure et ses coutures. Boutures de mots que je lie, relie, expose, publie, mais pourquoi tout cela, pourquoi tout cela.
Je ne sais le fin mot de l'histoire. Je sais que plus le temps passe et plus il me pousse à le faire. Déblayer, sans cesse, pour faire apparaitre les carreaux où repose mon histoire encore à bâtir, encore à hisser, encore à régler. M'autoriser à poser les mots-matériaux, oser les élever, désordre imparfait, cacophonie permanente, mais.
La forme de ton blog est là pour que mes mots y reposent, et prennent forme. Repos.
Et comment expliquer que j’aie eu besoin de m’installer dans le cadre d’un billet en ligne, à l’intérieur de mon blog. Je n’ai pas pu démarrer ce texte dans mon ordinateur, dans une page de traitement de texte. Peut-être parce que le mot traitement ne convient pas.
Ligne, cadre et forme tournent dans la nuit incertaine, trop tard, peut-être.