Entretien avec Michael Snow par J. Mekas et P. Adams Sitney (Cahiers du cinéma 296, 1979)
J. Mekas. Je crois que le film dure trois heures et cinq minutes. Il a Ă©tĂ© tournĂ© au Canada. OĂč exactement ?
Quand a-t-il été tourné ?
Et le commanditaire du film...
CâĂ©tait le « Canadian Film Development Corporation », et « Famous Players of Canada ».
Combien le film a-t-il coûté?
Les spectateurs s'apercevront qu'il a été tourné de façon tout à fait inhabituelle. Pour le tourner, il fallait construire une caméra spéciale : ce qui constitue, je crois, la plus grosse dépense par rapport au budget.
En fait, ce nâest pas la camĂ©ra â on a tournĂ© avec une Arriflex â mais c'est lâappareil qui contrĂŽlait les mouvements de la camĂ©ra qui coĂ»tait cher.
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Pour ceux qui ne connaissent pas le film, on voit sur lâĂ©cran le paysage escarpĂ© de pierres et de rochers, le lieu de tournage, selon les diffĂ©rentes positions de la camĂ©ra, toujours mobile, qui tourne, je crois, dans toutes les directions possibles, de cĂŽtĂ©, en cercle, et... comment diriez-vous ?
Tous les mouvements circulaires possibles, Ă partir d'un point unique. D'un point fixe, la camĂ©ra bouge, couvrant un angle de 360° â espace dâun cercle absolu â sans photographier les appareils eux-mĂȘmes.
Comment s'opérait le choix du mouvement de la caméra ?
Il y avait deux maniĂšres de contrĂŽler les mouvements. On avait dâune part des bandes enregistrĂ©es contenant lâinformation, indiquant Ă la machine dans quelle direction bouger et, d'autre part, des cadrans marquant la position « horizontale », « verticale » et « zoom », chacune Ă des vitesses, diffĂ©rentes, de « rapide » jusquâà « lent ». On pouvait aussi combiner ces diffĂ©rents facteurs et obtenir par exemple la position « horizontale » Ă la vitesse moyenne et la position « verticale » Ă la vitesse rapide.
Vous pouviez donc utiliser toutes les positions de camĂ©ra possibles, toutes les vitesses, et de plus, comme je lâai remarquĂ©, toutes les positions possibles du zoom. Ainsi, tous ces aspects entraient en jeu. Vous tourniez avec un contrĂŽle Ă distance ?
Nous Ă©tions cachĂ©s. Nous devions ĂȘtre prĂ©sents, mais cachĂ©s, derriĂšre les rochers. Je voulais un paysage sans aucune prĂ©sence humaine.
Est-ce que les trois heures cinq â durĂ©e du film â reprĂ©sentent le temps rĂ©el de tournage?
Un hĂ©licoptĂšre nous a dĂ©posĂ©s au sommet de cette montagne et nous devions y rester quatre jours, mais il y eut un orage et nous sommes donc restĂ©s cinq jours. Le tournage lui-mĂȘme a durĂ© quatre jours.
Le film est divisé en séquences. La caméra n'est jamais immobile. Le seul clément statique du film, c'est les signes indiquant la division, signes plein cadre en forme de « X ». Ils divisent le film à peu prÚs en dix séquences. Y a-t-il un systÚme ou une logique dans cette division ?
Non, il n'y a aucune forme mathématique ou arithmétique. Ces croix réunissent chaque mouvement, chaque section.
Comment avez-vous conçu les mouvements de la caméra ? Un plan précis ?
Tout Ă©tait prĂ©parĂ©. Ăa commence par un mouvement circulaire sur le sol qui sâĂ©lĂšve progressivement comme une grande spirale. Ce mouvement tourne autour du niveau du sol et s'Ă©lĂšve peu Ă peu jusquâĂ lâhorizon puis atteint le ciel. Et câest en quelque sorte lâĂ©noncĂ© du thĂšme. Car c'est ça, la matiĂšre du film : le mouvement circulaire. Puis viennent des Ă©laborations de formes diverses.
Chaque séquence correspond donc à un mouvement différent ?
A des vitesses et des angles de vue diffĂ©rents. Le mĂȘme mouvement peut se rĂ©pĂ©ter Ă une vitesse diffĂ©rente. On peut utiliser la position verticale en rotation Ă des vitesses diffĂ©rentes. Câest comme un systĂšme de variation, qui ne procĂšde pas par accumulation mais par construction.
Il atteint un certain degrĂ© pendant la sĂ©quence de lâaube, par exemple, le tempo reste Ă peu prĂšs le mĂȘme, puis sâaccĂ©lĂšre peu Ă peu, Ă la fin, Ă son point extrĂȘme.
Je voudrais reprĂ©ciser ce que l'on voit sur l'Ă©cran. La camĂ©ra, dans toutes ses positions, nous montre ce paysage escarpĂ©, prĂ©historique, paĂŻen, dirai-je, rocailleux, sans Ăąme qui vive : pendant des miles, on ne voit que des montagnes et un lac, mais aucune prĂ©sence humaine â des pierres, des rochers, une pente abrupte â et progressivement on a l'impression de contempler un paysage peint,  peint par la camĂ©ra. Pourrait-on dire, de maniĂšre simplifiĂ©e : nous avons ici le premier paysage peint du cinĂ©ma ? SimultanĂ©ment, nous entendons un son composĂ© de trois ou quatre sortes de « bips », de combinaisons de « bips » Ă diffĂ©rentes vitesses. Que sont ces « bips » ?
Ils sont tirés des bandes que nous avons enregistrées pour bouger la caméra.
En fait, on voit l'image et on entend les « bips » des bandes qui bougent la caméra.
Oui, câest synchro. On peut les comprendre de diffĂ©rentes maniĂšres â comme des ordres Ă la machine, ou... Jâessayais de balayer lâespace sonore de la mĂȘme façon que lâespace visuel. Cela va d'un extrĂȘme Ă lâautre, câest aussi trĂšs calme, câest comme un systĂšme nerveux.
Oui, ça énonce une sorte de musique des sphÚres pour l'image, un son cosmologique.
Câest une sorte de conscience prĂ©sente dans ce lieu totalement sauvage. Lâimage que lâon voit, le lieu, sont distants et sauvages.
Comment inscrivez-vous ce film dans votre évolution depuis Wavelenght, Back and Forth ?
Ils sont tous plus ou moins centrĂ©s sur le mouvement de la camĂ©ra. Standard time, que jâai tournĂ© en 1967, comportait des plans circulaires comme dans une partie de Back and Forth qui annonçait La RĂ©gion centrale. Depuis longtemps Jâavais envie de faire un film-paysage. Mais comment faire un film-paysage ? Il y a dans ce film une Ă©quation entre ce que lâon voit et la maniĂšre dont on le voit. En fait, la façon dont les yeux sont conduits par les mouvements sur lâĂ©cran est aussi importante que le lieu qui y est montrĂ©. Mais il faut garder des repĂšres haut/bas pour que ça fonctionne.
Pourquoi avoir choisi un paysage déshumanisé ?
Je voulais rendre le film plus « existentiel », que le spectateur soit lâunique centre de ces cercles. Ăa devait ĂȘtre un lieu oĂč lâon pouvait voir Ă lâinfini, sans rien de l'homme, afin que chaque spectateur y trouve une sorte dâunicitĂ© et de distance. Je pense que ce qui est sauvage â sâil existe encore quelque chose de tel - doit ĂȘtre montrĂ© aussi sauvage que possible. Jâen reviens Ă la « croix » ou Ă cet « X », car câest le seul Ă©lĂ©ment immobile du film. Parfois, en sa prĂ©sence, une chose intĂ©ressante survient. En effet, on attribue parfois un mouvement, oĂč lâon ressent le mouvement auquel on vient de participer quand ces croix apparaissent et fixent lâĂ©cran.
Comment s'appelle ce qui contrÎle la caméra ?
Je lâappelle « lâappareil qui bouge et qui fait bouger ».
Pierre Abeloos, Ă MontrĂ©al. Jâai mis beaucoup de temps Ă trouver quelqu'un de capable de le concevoir.
C'est un appareil ingénieux et maniable, il peut exécuter tous les mouvements et changer instantanément toutes les directions de la caméra. Il semble qu'ici la science et l'art se rejoignent.
Avoir la machine, câĂ©tait un peu avoir le film. Je voulais que quelque chose se produise, et le seul moyen pour que cela arrive Ă©tait de rĂ©aliser cette machine qui, je le suppose, nâexistait pas. Ce nâĂ©tait quâun outil â de mĂȘme que la camĂ©ra â je lui ai donc ajoutĂ© une autre machine.
DâaprĂšs vous, quel est lâeffet de ce film sur le spectateur ?
Câest une expĂ©rience unique. Au niveau de lâeffet visuel, il faut noter quâil nây a pas de support, si ce nâest la croix. Ce qui fait bouger les yeux. Et ce vers quoi je tendais, câĂ©tait, en un sens, faire bouger le regard. Par exemple, il se produit un phĂ©nomĂšne intĂ©ressant, quand on observe un mouvement rotatif lorsque le mouvement de la camĂ©ra est centre sur lâobjectif (ce qui nâa jamais Ă©tĂ© fait auparavant). Le champ de vision se brouille car on ne peut tout suivre Ă la fois : tout tourne et tout saute. Et jâessayais de travailler le mouvement des yeux dans ce but, pour mieux le contrĂŽler : en regardant vers le haut, il fallait lever la tĂȘte, au fur et Ă mesure que lâimage montait, jâagissais sur les yeux, leur mouvement, leurs muscles. Il faut aussi tenir compte de l'iris, car certaines de ses parties contrĂŽlent la densitĂ© de la lumiĂšre. Par exemple, dans la sĂ©quence de lâaube, quand on voit le sol sombre, puis le ciel, ce que lâon obtient â car on ne sait pas sâil y a rĂ©ellement mouvement parce quâil nây a pas de repĂšre â câest un Ă©cran de lumiĂšre pure qui devient plus froid, puis de plus en plus chaud ou de plus en plus lumineux. Puis il y a une section dâĂ peu prĂšs huit rĂ©volutions.
Votre film est donc plutÎt visuel ? En composant le mouvement aviez-vous des schémas, ou un plan ?
Tout Ă©tait prĂ©parĂ©, romantiquement prĂ©parĂ©. Sans structure mathĂ©matique, une sorte de symphonie. La longueur des prises de vue nâĂ©tait pas calculĂ©e en termes de quantitĂ© de cadrages. C'Ă©tait : « Je veux 10 minutes de ca (geste de la main) et Ă©lĂ©vation ». CâĂ©tait fait dans un style graphique. Pour montrer qu'on veut un mouvement plus rapide, on le signale par une Ă©lĂ©vation sur le graphe. On tire un enregistrement de ce graphe. Mais la bande Ă©tait mauvaise, on a donc travaille avec une sĂ©rie de cadrans, et je suivais Ă distance. J'ai fait plusieurs prises, Il nous aurait fallu un an pour perfectionner le systĂšme d'enregistrement. Je mâen suis donc servi comme modĂšle pour la bande son.
(P. Adams Sitney nous rejoint Ă ce moment de l'entretien).
P. Sitney. Est-ce qu'il y a beaucoup de séquences que vous n'avez pas utilisées ?
Jâai dĂ» couper 5 heures. Mais il y avait souvent des rĂ©pĂ©titions.
Avez-vous supprimé des passages non répétés ?
TrĂšs peu. Ce nâest pas la structure de dĂ©part. Ăa sâest embrouille, tout nâa pas marchĂ©. Par exemple, je suis parti avec lâidĂ©e dâavoir des gens sur place; j'ai tournĂ©, et il y a une sĂ©quence d'Ă peu prĂšs une demi-heure avec lâĂ©quipe, qui sâest avĂ©rĂ©e nuisible Ă lâessentiel du film. Le seul fait de leur prĂ©sence dĂ©possĂ©dait les spectateurs du film, de son mystĂšre. Jâaimerais en faire un autre film : car câest intĂ©ressant mais câĂ©tait Ă lâencontre de ce film.
J. Mekas. OĂč est l'appareil, maintenant ?
A MontrĂ©al. Je lâai exposĂ© Ă la National Gallery dâOttawa. Mais jâaimerais mâen servir pour dâautres films.
Vous ne voyiez pas tous la caméra pendant les prises de vue ?
Non, on ne la voyait pas. Je suivais le graphe. CâĂ©tait divisĂ© en bobines. Tout Ă©tait organisĂ©. Avec un chronomĂštre, on pouvait dire quâon voulait 3 minutes de mouvement vertical puis lent â les vitesses allaient de 1 (bas) Ă 10 (haut) â je demandais, par exemple, un mouvement horizontal Ă vitesse 2, et je tournais le cadran.
J. Mekas. Vous pouviez aussi ajouter le zoom...
P. Sitney. La caméra était placée sur une colline ? Vous l'aviez mise là -haut (il désigne un point) ?
J. Mekas. La caméra semble posée sur une pente, surplombant une vallée montagneuse avec, d'un cÎté, un lac et de l'autre, un sommet rocailleux.
Elle Ă©tait en haut dâune pente. Jâai essayĂ© de trouver un endroit ou diffĂ©rentes choses pouvaient se produire pour quâen en faisant le tour, ce soit plus Ă©tendu et plus bas Ă la fois. Pour jouer le ciel, contre le sol.
P. Sitney. Quel était ce fleuve ?
J. Mekas. OĂč est la ville la plus proche ?
Ce nâest pas vraiment dans lâArctique mais c'est une grande Ă©tendue sans arbres. Câest Ă peu prĂšs Ă la mĂȘme latitude que James Bay, mais ce n'est pas Ă cĂŽte, câest prĂšs du St-Laurent. La grande ville la plus proche doit ĂȘtre MontrĂ©al, mais câest quand mĂȘme trĂšs loin. CâĂ©tait prĂšs de Sattie.
P. Sitney. Comment viviez-vous ? Vous campiez ?
Oui. On sâest fait dĂ©poser par hĂ©licoptĂšre Ă 100 miles du terrain dâatterrissage, avec notre fantastique matĂ©riel. Nous avons dressĂ© une tente, Joyce faisait la cuisine, et...
Et vous portiez tous une barbe !
Il faudra que je vous montre les photos que j'ai !
J. Mekas. Joyce a fait des prises de vue ?
Mon dieu non ! Il y avait trop de travail. Elle devait filmer le tournage et en faire un film intitulĂ© « Visage humain de la technologie », mais elle n'a pas pu. Nous Ă©tions trop occupĂ©s, nous nous levions Ă 5 heures, mettions en marche le gĂ©nĂ©rateur, essayions de manger et il faisait horriblement froid. CâĂ©tait une fabuleuse aventure. Rien pour sâasseoir pendant 4 jours, Ă part les rochers, et, chose Ă©trange, on tombe toujours sur de gros rochers.
Ils ont l'air de gentils rochers !
Ils le sont, je les adore. Ce sont des rochers de lâĂšre glaciaire, laissĂ©s par les glaciers au moment de leur fonte.
J'ai remarqué sur le gros rocher, prÚs de la caméra, une sorte de « V »renversé, que l'on voit parfois...
Je n'ai jamais remarqué !
J'ai pensé que ça avait été gravé, le signe est trÚs clair !
Regarde la prochaine fois. C'est un « V » renversĂ©, comme un « L » russe. Peut-ĂȘtre que des russes sont venus et l'ont gravĂ© pour LĂ©nine. « L » comme LĂ©nine (rires).
Le tournage Ă©tait vraiment gĂ©nial. Il y a eu un orage, le jour oĂč lâhĂ©licoptĂšre devait revenir nous chercher. Nous lâavons entendu et il sâest Ă©loignĂ©. Ils Ă©taient les seuls Ă savoir que nous Ă©tions lĂ . Nous avions une radio et nous devions appeler Ă heure fixe ; et ce jour-lĂ , ne pouvant atteindre la base, nous en avons joint un autre, beaucoup plus loin. Et nous avions du mal Ă nous faire entendre. Et tourner sans rien voir ! Je ne voyais pas l'appareil avant de changer la pellicule, faire le point, et tout vĂ©rifier.
Vous faisiez chaque fois le point vous-mĂȘme ? L'objectif Ă©tait rĂ©glĂ© par bande, mais pas le point ?
P. Sitney. Pensez-vous au film comme à des séquences marquées par les « X » ?
Oui, en gros, câest divisĂ© en sĂ©quences marquĂ©es par les « X ».
Il doit y en avoir Ă cause des changements de bobines.
J. Mekas. Tu utilisais des bobines de 30 minutes?
De 400 pieds, c'est-Ă -dire 10 minutes.
Une question de P. Sitney sur les projets de M. Snow.
Je pense... probablement... quelque chose qui concerne les dimensions de lâĂ©cran et du cadre. Ce qui est diffĂšrent de ce film. Je voudrais l'utiliser pour un mouvement rectangulaire assez complexe. On pourrait, par exemple, lâinstaller dans cette piĂšce et construire une scĂšne comme ça. Dâabord le plafond... Ăa bouge... comme ça... comme ça... et ça descend tout autour de la piĂšce, dans un mouvement continu. Dur, mais possible. En tenant compte de lâarchitecture, du choix dâune structure dans une piĂšce donnĂ©e, câest ce qui mâintĂ©resse rĂ©ellement, concevoir des cycles de cette sorte.
J. Mekas. Pensez-vous que La RĂ©gion Centrale puisse influencer des artistes qui travaillent dans d'autres domaines, des peintres par exemple qui s'intĂ©resseraient Ă une recherche semblable. Est-ce que ça rejoint leurs prĂ©occupations, leur pensĂ©e, leur intĂ©rĂȘt?
Je ne sais pas. Câest un travail, pas une dĂ©monstration. La plupart des films rĂ©alisĂ©s par ces artistes sont des documents sur leur travail plutĂŽt quâun film. Moi, câest la rĂ©alisation qui mâintĂ©resse, câest un lieu commun, mais câest vrai. Il y a quelque chose dans ce mode qui peut ĂȘtre utilisĂ© pour faire des expĂ©riences qui ne pourraient absolument pas ĂȘtre tentĂ©es autrement. C'est ce qui mâintĂ©resse. C'est pour ça que je construis tout, la capacitĂ© de la camera Ă nâavoir ni « haut » ni « bas » â pas de construction « haut » ou « bas » dans cette camĂ©ra, on peut la tenir comme on veut. MĂȘme l'Ă©lĂ©ment vertical, un pan vertical est une chose miraculeuse et fantastique. Si lâon fixe lâhorizon, les yeux vers le ciel, Ă un certain point, elle se retourne. Et quand on baisse les yeux, lâhorizon se renverse vers le sol et se redresse. Câest quelque chose que j'adore... Extraordinaire, vous vous rendez compte, il nây a personne. Puis on voit lâombre de la camĂ©ra dans le film, c'est aussi une chose intĂ©ressante parce que ça marque la trace du lieu de lâimage, ce qui est inscrit sur lâĂ©cran.
Entretien réalisé le 20 janvier 1972.
Traduit de lâamĂ©ricain par Marthe Cartier-Bresson
Pour lire cet article avec ses multiples annotations, il existe des fac-similés
compilant d'anciens numéros des Cahiers du cinéma.
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