Ils me fusilleront ça m'est égal ils me troueront la nuque cela m'est égal à bas Big Brother ils visent toujours la nuque cela m'est égal À bas Big Brother
Je repense à ce que John disait à propos de Wharton : qu'il avait tué les jumelles Detterick avec l'amour qu'elles se portaient, et que ça arrivait tous les jours, partout dans le monde. Et s'il en est ainsi, alors c'est que Dieu le veut ainsi, et quand nous disons : « Je ne comprends pas », Il répond : « Je m'en fous. »
Je pense à Mister Jingles qui est mort pendant que j'avais le dos tourné, mon attention dérobée par un misérable que seule animait une curiosité malsaine. Je pense à Janice, à ses derni_res secondes convulsives, alors que j'étais agenouillé auprès d'elle sous la pluie.
Arrête, j'ai essayé de dire à John, ce jour-là dans sa cellule. Lâche-moi, sinon je vais me noyer ou exploser. Me noyer ou exploser.
- Vous exploserez pas, boss, il m'a répondu en percevant mes pensées et en souriant à cette idée.
Et le plus affreux, c'est que je n'ai pas explosé.[...] La mort attend chacun de nous, il n'y a pas d'exception, je le sais. Mais parfois, ô Dieu, que la ligne verte est longue.
La ligne verte, Stephen King
Jack se rassit en grommelant. […] Il attendit le silence complet.
- Il y a quelque chose qui ne va plus. Je ne comprends pas quoi. Nous avions bien commencé ; nous étions heureux. Et puis...
Il agita doucement la conque et son regard se perdit dans le lointain, tandis qu'il se remémorait la « bêbête », le serpent, le feu, les manifestations de la peur.
- Et puis, on a commencé à avoir peur.
- Tu n'es qu'un petit sot, dit Sa-Majesté-des-Mouches, rien qu'un petit garçon ignorant.
Simon remua sa langue enflée, mais ne dit rien.
- N'es-tu pas d'accord ? Interrogea Sa-Majesté-des-Mouches. N'est ce pas que tu n'es qu'un petit sot ?
Simon lui répondit de la même voix silencieuse :
- Eh bien ! Conclut Sa-Majesté-des-Mouches, tu ferais mieux d'aller jouer avec les autres. Ils te croient cinglé. Tu n'as pas envie que Ralph te prenne pour un cinglé, n'est-ce pas ? Tu aimes bien Ralph,n'est-ce pas ? Et Porcinet, et puis Jack ?
Simon avait la tête légèrement relevée de côté. Il ne pouvait arracher son regard de Sa-Majesté-des-Mouches qui était suspendue devant lui, dans l'espace.
- Que fais-tu ici, tout seul ? Tu n'as donc pas peur de moi ?
- Il n'y a personne ici pour t'aider. Il n'y a que moi. Et moi, je suis le Monstre.
La bouche de Simon fit un effort et articula d'une voix à peine intelligible :
- Une tête de cochon au bout d'un piquet.
- Comme si le Monstre était de ceux qu'on chasse et qu'on tue ! dit la tête.
Pendant un instant, la forêt et tous les endroits encore vaguement visibles renvoyèrent l'écho d'un rire déformé.
- Tu savais bien, voyons, que je faisais partie de toi. Intimement partie de toi, intimement. Je suis ce qui fait que rien ne va, tu le sais ? Ce qui fait que les choses sont comme elles sont.
Le rire hoqueta de nouveau.
- Allons, conseilla Sa-Majesté-des-Mouches, retourne auprès des autres et nous publierons tout cela.
Simon écoutait. La tête lui tournait. Il avait les yeux mi-clos comme pour imiter la chose hideuse enfilée sur un piquet. Il sentait qu'une de ses crises allait le prendre.
Sa Majesté des mouches, Golding
Slowly the burden I had carried for many months lifted somewhat. My cheeks itched and when I scratched them I found tears. In that moment I understood the pain that accompanied crime and I hoped that I would never have to feel it again ; and what kept me from it was the knowledge that, for me, crime carried its own punishment.
Well, it's my life, I told myself. I'll see now what I can make of it...
Black Boy, Vintage Wright