A Lyon, les défenseurs de la free party descendent dans la rue
A Lyon, les défenseurs de la free party descendent dans la rue
« Pour vivre heureux, arrĂȘtons de vivre cachĂ©s ». Les organisateurs de free party et leurs habituĂ©s, teufeurs notamment, descendent dans la rue.
Lors du week-end du 16 aoĂ»t, une rave-party  à PlĂ©lauff sâest achevĂ©e par la saisie de lâintĂ©gralitĂ© du matĂ©riel de sonorisation du collectif Marmotek. Le 12 novembre dernier, lâintervention des forces de lâordre dans une autre free party en Bretagne avait fait trois blessĂ©s, dont un gendarme.
Le 18 mars, plusieurs « manifestives » auront lieu Ă lâappel de huit collectifs français, rejoints par prĂšs de 200 sound system. Avec un mot dâordre : dĂ©fendre la fĂȘte libre (free party) et faire connaĂźtre cette culture pourtant dĂ©jĂ ancienne.
Celle de Lyon partira de la place Bellecour Ă 14h30, longera les quais du RhĂŽne jusquâĂ lâHĂŽtel de Ville, pour revenir au point de dĂ©part, oĂč des performances de jonglage et de graff sont prĂ©vues. Le cortĂšge sera accompagnĂ© en musique par 5 chars (des vĂ©hicules lĂ©gers). Environ 1500 personnes sont attendues.
Un ras-le-bol vis à vis de la répression
Sous un aspect festif, la manifestation se veut avant tout revendicative. Les collectifs demandent lâabrogation de la loi de 2002 et de lâamendement Mariani. Ce texte, portant sur « les rassemblements musicaux Ă caractĂšre festif », vise implicitement les free party et interdit tout rassemblement non dĂ©clarĂ© de plus de 500 personnes.
Au-delĂ de ce chiffre, une autorisation prĂ©fectorale est indispensable et en cas dâinfraction, le matĂ©riel peut ĂȘtre confisquĂ©. Des saisies dont les teufeurs exigent lâarrĂȘt, comme lâexplique Kevin Barjon, fondateur de collectif Rave Conscient et organisateur pour Lyon :
« Il faut savoir que nous sommes des amateurs, et il nây a aucun but lucratif dans nos Ă©vĂšnements. La plupart du temps, câest de lâinvestissement personnel. Alors quand le matĂ©riel est saisi, câest pour certains toute une partie de leur vie qui sâeffondre. »
Sont également demandés :
Un meilleur accueil de la part des mairies lors des demandes dâautorisations.
La mise Ă disposition des terrains publics inutilisĂ©s pour organiser des fĂȘtes plus sĂ©curisĂ©es.
Un vrai soutien des autoritĂ©s aux associations de prĂ©vention et de rĂ©duction des risques liĂ©s Ă lâusage de drogue (Techno+, Keepsmiling).
Cette derniĂšre revendication fait Ă©cho aux dĂ©boires de lâassociation Techno+. En novembre dernier, leurs locaux avaient Ă©tĂ© perquisitionnĂ©s dans le cadre dâune enquĂȘte pour « production, consommation, vente et promotion de stupĂ©fiants. » Ses membres risquent une mise en examen.
La Manifestive de Lyon a été autorisée par la préfecture :
« On a établi le parcours en accord avec les services de police. Avec surprise, les échanges ont été trÚs bons. »
La forces de lâordre seront prĂ©sentes pour assurer la sĂ©curitĂ©, ainsi que 7 bĂ©nĂ©voles pour chaque char. Quant Ă lâĂ©ventuelle prĂ©sence de casseurs, Kevin Barjon est catĂ©gorique :
« Nous ne sommes pas Ă lâabri puisque la manifestation, comme notre mouvement, est ouverte Ă tous. Mais sâil y en a, on interviendra. Notre image est en jeu. Nous ne sommes pas lĂ pour casser, mais pour nous faire entendre. On prĂ©fĂšre jeter des notes de musique que des pavĂ©s ».
Le mĂȘme jour, dâautres manifestations auront lieu dans les grandes villes : Paris, Nantes, Marseille, Toulouse, Clermont-Ferrand et Strasbourg, mais aussi MontrĂ©al et Berlin.
 Source : Rue 89 Lyon > http://www.rue89lyon.fr/2017/03/17/lyon-defenseurs-free-party-descendent-rue/