Le 15 juillet 1815, NapolĂ©on Bonaparte se rend aux Britanniques. Moins dâun mois aprĂšs le dĂ©sastre de Waterloo, lâempereur dĂ©chu nâa pas vraiment le choix. Le nouveau gouvernement royaliste qui se met en place Ă Paris le pousse en effet Ă lâexil et tout dĂ©part vers lâest est exclu compte tenu de lâinimitiĂ© russe et prussienne.
Objectif lâouest donc, NapolĂ©on arrive Ă Rochefort le 3 juillet oĂč il espĂšre pouvoir gagner les Etats-Unis dâAmĂ©rique et pourquoi pas la Louisiane oĂč le peuplement français y est encore largement majoritaire. Mais le passeport promis par le gouvernement traĂźne en longueur, NapolĂ©on se rĂ©signe donc Ă se rendre aux Britanniques. La reddition dĂ©finitive de lâEmpereur a lieu le 15 juillet 1815 Ă 7h00 du matin, Ă bord du HMS BellĂ©rophon, un navire de 3e rang et soixante-quatorze canons.
« Je viens me mettre sous la protection de votre prince et de vos lois » dit NapolĂ©on en français Ă ses hĂŽtes, espĂ©rant que les Britanniques lui rĂ©servent lâaccueil quâil attendait des AmĂ©ricains.
Le HMS BellĂ©rophon est alors commandĂ© par Frederick Lewis Maitland (parent du cĂ©lĂšbre Maitland de Waterloo), fils d'un officier de marine distinguĂ©, issu d'une famille d'officiers de la Royal Navy et de lâinfanterie.
Le navire britannique quitte lâĂźle dâAix au large de Rochefort pour le port anglais de Torquay. Le voyage se passe au mieux, le BellĂ©rophon est assistĂ© de deux navires pour repousser les curieux, il est Ă noter que les marins anglais appellent notre cĂ©lĂšbre empereur « gĂ©nĂ©ral NapolĂ©on » ce qui aurait pu mettre Ă la puce Ă lâoreille de notre Corse prĂ©fĂ©rĂ©.
ArrivĂ© dans le port de Torquay, NapolĂ©on bĂ©nĂ©ficie dâun accueil digne dâune rock star. Les petites embarcations anglaises se pressent pour voir lâempereur des Français, la rĂ©action populaire des Anglais prend tout le monde de court.
Tout est possible avec lâimprĂ©visible Corse qui a dĂ©jĂ rĂ©ussi Ă sâinstaller sur le trĂŽne vacant des Bourbons en France. On transfĂšre pudiquement Bonaparte du port de Torquay Ă celui de Plymouth, situĂ© Ă une soixantaine de kilomĂštres Ă lâouest.
Ce sera le 31 juillet 1815 que NapolĂ©on apprendra que les Britanniques lâenverront terminer ses jours non pas dans la campagne anglaise mais sur Sainte-HĂ©lĂšne, une petite Ăźle perdue de lâAtlantique sud. Une fois nâest pas coutume les Britanniques nâont aucune parole, NapolĂ©on fera son dernier voyage Ă bord du HMS Northumberland, un autre navire de guerre de la Royal Navy.
Illustration : "Napoleon's Surrender" (La reddition de Napoléon) par le peintre écossais Robert Gibb, 1924.



















