Ce 28 mars 2019. Il fait 13 degrĂ©s dehors. Le soleil est pas couchĂ©, mais tous les reflets orangĂ©s sur les bĂątiments disent bien que ça ne va plus tarder. Jâai roulĂ© derriĂšre un motard qui remerciait chaque (et jâappuie bien âchaqueâ) voiture qui roulait bien contre la ligne de sa voie pour laisser passer. Toutes les voitures, un geste du pied. Câest exactement ce que je voudrais faire souvent, mais que je ne fais pas parce que je me dis quâon comprendrait pas ce que je raconte Ă faire ça. Et rien que ça, ça me colle un sourire sur le visage. Câest ça que je veux ĂȘtre. Et il avait une moto rouge, alors lĂ , câest vraiment ça que je veux ĂȘtre. Jâai travaillĂ© toute la journĂ©e toute seule, quasiment, de A Ă Z, je fais tout, et jâai pas terminĂ© alors jây retourne un peu demain, mĂȘme si jâavais posĂ© un congĂ©. Le sourire encore quand mĂȘme, dâavoir passĂ© une journĂ©e pour moi, dâavoir travaillĂ© pas juste pour faire acte de prĂ©sence. Et puis le sourire, parce quâhier et ce matin câĂ©tait un peu dur, jâai remis en cause des principes depuis lundi, et au final je sais pas ce que jâimaginais. Mais quand je me remets en question, je me dis que jâapprends, et que tant pis. Et que jâavance, que jâai beaucoup avancĂ©, et quâau final tout ce que certains me disaient de faire, de vivre un peu pour moi, dâarrĂȘter dâĂȘtre conciliante autant que je le suis, dâarrĂȘter de dire oui Ă tout, de faire et dire pour les gens, pas pour moi, ben tout ça, aujourdâhui, ce jeudi, je peux dire que jâai vĂ©cu pour moi. Jâai fait des choses que jâaurais pas fait avant, jâapprendrai aussi si dedans il y a des bĂȘtises. Parce que je me suis rendue compte que quand bien mĂȘme mon cerveau Ă©tait pas vraiment prĂ©sent quand jâai agi, ben avec un peu de recul, je peux dire que ce qui est fait est fait, et que dans un sens je ne vois pas pourquoi ça me met mal par moments, puisque câest exactement ce dont jâai envie. Travailler pour moi, parler sport, avoir de quoi sâĂ©vader quand il faut, mais juste en interim avec D., et surtout, faire de la moto, voir des motos et hurler de joie dans mon casque au moindre salut.
Et le meilleur dans tout ça, ou le pire, câest que câest en vivant ce jour oĂč je me dis tout ça, que je me rends compte que câest pas seulement ce que je voulais peut-ĂȘtre. Câest surtout ce dont jâavais vraiment besoin. Ăa durera pas, ce quâil me faut câest autre chose aussi, câest changer de vision sauf que ça se fera pas avec D., mais jâavais en tout cas absolument besoin de passer par ça. Au final, je fais ce que je veux, il ne tient quâĂ moi de rĂ©pondre prĂ©sente pour mes propres Ă©motions.













