Eh bien je ne sais pas par oĂč commencer.
SĂ»rement parce que je nâaurais jamais dĂ» commencer.
En fĂ©vrier jâai rejoint ce groupe, tout particuliĂšrement centrĂ© sur ma passion. Groupe tellement gĂ©nial, que jâai trop peu de mot pour le dĂ©crire. Groupe dans lequel je me suis tout de suite trouvĂ©e trĂšs bien, Ă lâaise, Ă ma place, sans me forger ni de carapace, mais sans me forcer Ă participer non plus.
Jâai tout de suite accrochĂ© avec toi. On ne discutait pas vraiment mais on sâenvoyait beaucoup de vannes par commentaires interposĂ©s, on a le mĂȘme humour basĂ© sur des attaques sans fond, des petits piques rĂ©flĂ©chis mais sans fondement, sans vĂ©ritĂ©, juste pour blaguer. Et puis on a commencĂ© Ă parler, on sâest vu aux balades, et puis on sâest vu en dehors. Jâavais bien dit que je ne cherchais rien. Mais voilĂ yâavait ce truc qui faisait quâavec toi jâĂ©tais moi-mĂȘme, sans honte et sans sujets qui fĂąchent. On parlait de tout, du sĂ©rieux comme du pas sĂ©rieux et surtout, on Ă©tait honnĂȘte, et avec mon passĂ© ça a fait son travail : pour moi, câest tellement rare. Alors on sâest mis ensemble, je voulais essayer mĂȘme si je ne voulais personne, mais tu me manquais quand tu nâĂ©tais pas lĂ , en vrai ou juste dans une discussion, ou Ă une balade.
Et puis trĂšs vite, tu voulais me changer : je nâĂ©tais pas assez ceci, pas assez cela. Je ne te permettais pas de vivre un couple ânormalâ parce que je ne voulais pas que presque 200 personnes du groupe, soient au courant comme ça, en claquant des doigts. Et tu en as parlĂ©, dans mon dos, Ă une dizaine de personnes. Qui en ont parlĂ© autour dâeux, et trĂšs vite ça mâest revenu en pleine face, comme une trahison. Mais tu Ă©tais tellement honnĂȘte sur chaque chose que pour moi câĂ©tait une qualitĂ© Ă ne surtout pas oublier. Tu demandais H24 Ă ĂȘtre rassurĂ© et si je ne rĂ©pondais pas ce que tu attendais exactement par ta maniĂšre de former ta phrase, tu me rabĂąchais la chose trente-six fois. Tu me reprochais de ne pas vouloir aller trop vite, de ne pas vouloir dormir chez toi chaque fois quâon se voyait. Mais tu me disais que jâĂ©tais tellement jolie, la plus belle que tu aies eu, la plus cool aussi, que je te faisais rĂȘver, que je te rendais fou. Et je prenais mal quâon parle de moi comme si âon mâavait obtenueâ. Tu me reprochais dâĂȘtre connectĂ©e mais de ne pas te rĂ©pondre tout de suite, âme rĂ©ponds pas surtout putain jâen ai marre de toiâ. Alors je suis passĂ©e en hors-ligne, et tu mâas reprochĂ© dâĂȘtre passĂ©e en hors-ligne, et tu me lâas tellement rĂ©pĂ©tĂ© que jâai menti en disant que câĂ©tait Ă cause dâune autre personne. Tu me faisais des sous-entendus que je nâaimais pas, en disant que si je rĂ©pondais aux commentaires dâun homme sur notre groupe en commun, alors câest que je lui laissais âune ouvertureâ. Et quand je mâĂ©nervais, tu me disais que jâĂ©tais folle de partir en live parce que âje blague, rhoâ. Tout le temps, tu disais tout le temps aprĂšs coup, que câĂ©taient des blagues. Si je te disais ânon mais, je ne leur rĂ©ponds pas, ils mâintĂ©ressent pas ces mecs-lĂ .â, tu me rĂ©torquais directement âpas ces mecs-lĂ ? Donc dâautres oui hein.â, et compagnie. Mais tâavais raison tu me disais que jâavais dĂ©jĂ de la chance et que je ne devrais pas me plaindre, dâavoir un mec qui mâĂ©coute et me rĂ©clame tout le temps, alors je me calmais et je relativisais, tâavais raison aussi, de me mettre en tĂȘte que âyâa plein de nanas qui voudraient tout ça.â. Tu demandais tout le temps quelque chose en sachant que jâallais pas apprĂ©cier, des photos de moi, âet aujourdâhui tu viens ?â, des trucs mais de façon insistante câĂ©tait ça le souci tu le savais, et tu tâen fichais, tu me le disais quand mĂȘme, mais tu tâexcusais directement aprĂšs. Comme ça, je me sentais coupable, et trĂšs mal. âTu viens aujourdâhui ? Enfin je sais tâaimes pas que jâinsiste. Pardon. Mais câest quâĂ moi tu me manques et câest que moi, et moi et blablablaâ. Si je refusais, tu me rĂ©pĂ©tais plusieurs fois que jâĂ©tais mĂ©chante avec toi. Mais âcâĂ©tait pour rireâ. Puis tu mâenvoyais des photos de filles, de belles filles, Ă moitiĂ© nues. Tu me disais que tâirais voir unetelle, ou unetelle, quâelles seraient surement âmoins chiantesâ que moi niveau relation, et ça tu jouais avec ça toute la journĂ©e, plusieurs heures par jour, et tu ne tâen lassais jamais. Tu commentais les photos des filles Ă moitiĂ© nues, et quand je disais que sâafficher comme ça moi aussi je pouvais le faire, pour essayer de te faire arrĂȘter, tu me disais que non, parce que ça faisait pute. Tu comparais tout le temps. Tu me comparais, te comparais, comparais tes relations, comparais le monde entier. Et tu mâenvoyais tout ça en mâexpliquant bien Ă quelles point elle donnaient envie, ces filles, que ce soit pour rire ou pas. Tu savais trĂšs bien Ă quel point je ne mâaime pas. Mais quand jâexpliquais que je ne riais pas, tu me rappelais Ă quel point toi, tu mâacceptes comme ça et tu aimes bien âmes petites formesâ, mĂȘme si âbien sĂ»r tu nâes pas au top du top que tu aimerais mais ça me va, Ă moiâ. Alors je relativisais. Puis tu laissais entendre que tu voulais que je reste, âpeu importe la raisonâ, selon tes dires, et je trouvais ça âtropâ, et bizarre, oppressant. Je devais rester, peu importe pour quoi. Tu tentais toujours le chantage, ou les paris, pour essayer dâarriver Ă tes fins. TâĂ©tais jamais, jamais, JAMAIS, satisfait de mes rĂ©ponses. Rien nâallait jamais. Mais quand je te le faisais remarquer, tu calmais ça tellement bien, en disant que câĂ©tait parce que tu tenais si fort Ă moi, que ça te rendait insatisfait. Tu savais que de par mes anciennes relations, jâavais une peur totale de la tromperie, et tu me rappelais que toi, tu Ă©tais honnĂȘte, fidĂšle et surtout ne me cachais jamais rien, car incapable mĂȘme dâessayer. Puis jâĂ©touffais dans ce genre de relation. Jâessayais de sortir de lâeau avant de me noyer complĂštement, jâavais dĂ©jĂ les poumons Ă moitiĂ© bousillĂ©s. Alors jâai essayĂ© dâaller te voir pour en parler, essayĂ© de mettre au clair que fallait pas faire tout ça, que jâĂ©tais clean, que ça allait. Et je suis arrivĂ©e chez toi, mais il y avait ta niĂšce et ton fils et je ne voulais pas coucher dans ces conditions, dans la mĂȘme piĂšce, alors quâils ont tout juste lâĂąge dâĂȘtre curieux. De la pudeur, mais du respect tout dâabord, pour moi. Je tâavais dit non, et non. Mais tâas tellement forcĂ©, tellement insistĂ©, tellement rĂ©clamĂ©, que je ne savais pas comment me sortir de ce lit sans rien faire, alors que jâavais honte dâĂȘtre lĂ devant ta niĂšce. Et pendant quâelle se posait sĂ»rement tout plein de questions, jâai laissĂ© faire, parce que je voulais quâon me laisse partir, me rhabiller et quâelle arrĂȘte de me regarder comme ça, avec ses yeux pleins de questions et de curiositĂ©. Alors tu mâas laissĂ©e partir et jâai envoyĂ© un message Ă C. CâĂ©tait horrible. Je ne voulais plus de ça. Et quand je tâen ai parlĂ© aprĂšs, tu mâas dit que ce nâĂ©tait pas vraiment toi cette personne lĂ . Tu mâas dit quand mĂȘme, que tu mâen voulais Ă moi, de ne rien avoir dit, ou plutĂŽt de ne pas avoir plus insistĂ© mon ânonâ, de ne pas avoir assez imposĂ© mon refus, âsi vraiment câĂ©tait non que tu voulais direâ.
Alors jâai tout arrĂȘtĂ©. Jâai dit que ça ne fonctionnait pas, quâon se blessait, parce que mes rĂ©ponses ne tâallaient jamais et que moi je nâaimais pas tes âblaguesâ, h24, que tout ça je ne pouvais pas le vivre comme ça.
Et puis tu trouvais encore des maniĂšres de me faire des reproches de ne pas venir te voir tout le temps, de ne pas faire un dĂ©tour pour te voir avant les balades moto, pour te voir en seul Ă seul. Tu continuais de parler des autres filles, et de ramener les sujets Ă mon corps que je nâaime pas, pour dire que tu lâaimes, alors que ce nâest jamais le sujet, de base.
Et tu as organisĂ© un week-end oĂč tu as demandĂ© Ă lâorganisateur de dormir avec moi, et ça a dĂ©rapĂ©. Et le jour dâaprĂšs, tu mâen as redemandĂ©. Alors jâai dit non, non vraiment non. Non, jâai tenu mon bouton de pantalon, et mĂȘme ma ceinture pour ne pas que tu la dĂ©fasses, et quand tâas forcĂ© et rĂ©ussi quand mĂȘme, je lâai remise, et jâai redit non. Et je me suis pris des reproches, comme quoi jâĂ©tais super coincĂ©e comme fille, et tu mâas dix fois suppliĂ© parce que âmais moi jâai envie de toi, je fais comment ? Mais sâil te plait, moi jâai envie..â. Mais jâai dit non, mais jâĂ©tais bloquĂ©e, jâavais la trouille dâĂȘtre lĂ et dâĂȘtre toute seule avec toi et de ne pas rĂ©ussir Ă tâen mettre une et partir simplement. Jâaurais voulu. Alors tu mâas dit âBon bah alors AU MOINS enlĂšve le hautâ, pour quâau moins tu puisses faire ça seul, âmais avec moiâ. Et jâĂ©tais dĂ©goĂ»tĂ©e, jâaurais voulu vomir mes tripes, vomir mon cerveau jusquâĂ ce que lâĂąme sâen aille. Alors jâai attendu, et je suis partie, et je me suis jurĂ© que plus jamais je ne me retrouverais seule sans tout un public autour de nous.
Et depuis, comme on est dans le mĂȘme groupe, sous prĂ©texte dâen ĂȘtre lâadministrateur, tu me demandes si des mecs mâenvoient des messages aprĂšs les balades. Tu me demandes pourquoi Ă untel jâai mis tel ou tel commentaire et pas Ă toi. Tu me sous-entends que je couche facilement, peu importe avec qui. Et quand je refuse que tu parles comme ça de moi, je me prends encore un âje te taquinaisâ. Tu me demandes Ă quelle heure et comment je rentre de ma formation vendredi, parce que âje viens te chercher Ă la gare comme ça je te vois.â, tu ne me poses mĂȘme pas la question, alors je dis non et jâinvente que mon frĂšre vient dĂ©jĂ , parce que si je dis juste non tu viendras quand mĂȘme. Tu me dis que je tâaime mais que je me mens Ă moi-mĂȘme. Que je suis paumĂ©e comme fille, avec les neurones mal fichus de repousser un homme qui mâaime.
Et avec tout ça, comme je tâai prĂȘtĂ© un tĂ©lĂ©phone pendant deux jours qui au final se sont rallongĂ©s dâun mois parce que tu ne tiens pas tes promesses... Je lâai rĂ©cupĂ©rĂ© sans que tu lâaies vidĂ©. Et en faisant le vide des applications et des fichiers, jâai vu quâĂ dâautres tu racontes ĂŽ combien unetelle fille est une bombe et que ce nâest pas parce que tu mâaimes que tu ne peux pas parler salement dâune autre, limite. Tu supprimes les conversations des deux personnes Ă qui je pensais dĂ©jĂ trĂšs fortement que tu racontais ma vie, mes faits et gestes, mais que quand je tâavais demandĂ© tu mâavais dit que non. Du coup, je comprends bien que si. Jâai vu que tu envoyais les captures dâĂ©cran de quand je parlais de ma pilule, de mes angoisses et de certains choses âintimesâ, intimes parce que privĂ©es, dans ma tĂȘte, pas Ă rendre publique, Ă plusieurs personne, alors jâai honte de les voir en balade maintenant. Et jâai vu, que tu avais pris avec ce tĂ©lĂ©phone plusieurs captures dâĂ©crans de moi quand on Ă©tait en conversation tĂ©lĂ©phonique avec visio parce que je rangeais en mĂȘme temps. Des captures dâĂ©cran de moi sans que je le sache, de mes cuisses, de quand jâĂ©tais en pyjama en train simplement de nettoyer mon cuir de moto. Et tu ne mâen as jamais parlĂ©.
Et pour tout ça, aujourdâhui je ne sais pas comment me dĂ©barasser de tout ce que tu es de nocif pour moi, sans perdre le groupe derriĂšre. Pour tout ça, pour la prise de conscience supplĂ©mentaire que ça apporte dâĂ©crire tout ça, de poser les mots, et encore, de me forcer Ă rĂ©sumer tous les exemples, pour tout ça, jâai honte parce quâil faut vraiment effectivement, nâavoir que quelques neurones handicapĂ©s, pour ĂȘtre restĂ©e âsi longtempsâ et continuer de rĂ©pondre par politesse. Et avec tout ça, et parce que depuis toujours câest dans ma nature dâaller au bout des choses et dâĂȘtre âtrop gentilleâ, cette fois jâai Ă©tĂ© tellement âtrop gentilleâ, que je me suis vraiment perdue, et que je ne peux plus prendre ma pilule chaque jour sans avoir des hauts-le-coeur, je ne peux plus rĂ©pondre Ă un mec sans avoir envie de le frapper de vouloir mâapprocher, jâai peur de rentrer sur Paris et de subir ta pression pour te voir encore, je rĂȘve Ă pleine balle et je me rĂ©veille la nuit parce que jâĂ©touffe rĂ©ellement, jâai la respiration qui se bloque et ça ne me lâavait jamais fait. Que tu sois fautif ou non, câest sur toi que je remets tout ça, parce quâĂ©touffer, câest lâimpression que jâai quand tu me parles, et câest comme si je contrĂŽlais ça Ă©veillĂ©e mais quâendormie, ça prenait physiquement le dessus. Pour tout ça, je nâarrive plus Ă manger avec appĂ©tit le soir ou seule, et pour tout ça, je ne veux plus exister aux yeux dâun seul mec actuellement.
Et avec tout ça, et mĂȘme si jâai lâimpression dâavoir finalement laissĂ© mon Ăąme oĂč elle Ă©tait quand il sâest passĂ© tout ça, je me dis que ça aurait sĂ»rement Ă©tĂ© encore pire si C. ne mâavait pas expliquĂ© ce que ça signifiait, quâil me fasse vivre ça, et lâampleur que ça prenait. MĂȘme si malgrĂ© tout, jâai Ă©tĂ© bĂȘte, et mĂȘme si jâai beaucoup de mal Ă imaginer comment je pourrais me sentir vraiment pire en ce moment, heureusement que C. a mis des mots sur ce quâil se passait parce que ça me permet de ne pas y retourner, de ne pas ĂȘtre naĂŻve et âvoir le bon au fond de chaque ĂȘtre humainâ. Pas pour lui. Il me manipule, et il me manipule tellement que jâarrive pas Ă trouver comment redevenir comme avant, penser comme avant. Je mâaimais encore plus quand je ne mâaimais pas. Parce quâau moins je pensais quelque chose de moi.
Encore hier je relisais le livre âLe HarcĂšlement moralâ, de Marie-France HIRIGOYEN. Et je me disais que jâinventais, que ce nâĂ©tait pas lui, que jâĂ©tais cinglĂ©e. Et en Ă©crivant ce soir, je retrouve exactement ce que jây ai lu, au final. Tout peut ĂȘtre transposĂ©, parce que tout concorde.
Alors franchement, jâai pas la solution, mais sachez toutes que C. avait raison, que si on ne se sent pas bien câest que ce qui se passe ne va vraiment pas bien. Et que si Ă un moment vous pouvez ĂȘtre la C. de quelquâun comme elle est elle-mĂȘme pour moi, soyez-la, parce que le peu de moments oĂč je ne pense pas Ă tout ça, câest Ă tout ce quâelle est de merveilleux et tout ce quâelle me fait sentir bien que je pense, pour crĂ©er la nuance.