La grande tristezza
“Juste un sosie De toi chaque nuit Ne m’apporterait pas l’oubli.”
Vendredi 17 avril Un chagrin Écho d’un chagrin Je pleure Un chanteur qui me rappelle mon frère Je pleure Les paradis perdus La Dolce Vita Les mots bleus et Le temps de vivre La mort de Christophe la mort de Thierry Je pleure Le spleen de ma jeunesse De ces heures où Thierry me faisait découvrir sa musique, ses chansons
Le dernier des Bevilacqua Le samouraï noctambule Réveille la midinette en moi
Je pleure
Christophe le chanteur sapé d’un blouson froissé une veste de soie rose d’un gilet de satin un smoking blanc cassé
J’entends sa voix tout près de moi, elle me rend presque Thierry, ses yeux verts si clairs où se cachait son mystère, le puits de nos peines
les Paradis perdus me tendent le chemin le visage parcheminé m’appelle “dandy, un peu maudit, un peu vieilli … un peu noyé dans la fumée…”
Ce soir je vois toutes mes rides, la partition de ma vie, écrite sur des cylindres noirs, les pochettes des 33 tours les gestes les mains sur le bord du vinyle le bras de la platine qui se pose entre deux morceaux le chuintement du diamant j’entends le diamant
Un matin vous êtes là, un 17 avril vous n’avez pas allumé la radio peut-être par crainte de finir par l’apprendre cette mauvaise nouvelle vous êtes là, ce 17 avril vous allumez votre téléphone et elle est là, la mort de Christophe.
Alors vous faites ce que vous faites à chaque fois qu’un chanteur meurt, un chanteur que vous aimez, vous écoutez sa voix Sa voix qui s’est tue et qui chante toujours
Mais, peut-être…
“Tous les soirs sans fin Je traîne un vieux désarroi Dans mon gilet de chagrin Loin de la Dolce Vita.”
Marie-Pia 17/18 avril 2020 ©Jean-Michel Jarre pour les paroles extraites de Daisy, Les Paradis perdus, La Dolce Vita
















