Encore une absurditĂ© : on veut me priver de mon deuxiĂšme prĂ©nom pour obtenir la nationalitĂ© française. On mâavait prĂ©venue de cette possibilitĂ©, mais une partie de moi sây refusait Ă y croire, tellement câĂ©tait idiot.
Un peu de contexte. ImmĂ©diatement aprĂšs ma naissance, mes parents nâavaient pas encore dĂ©finitivement choisi mon deuxiĂšme prĂ©nom. Ils voulaient me donner deux prĂ©noms en lâhonneur de mes deux arriĂšre-grand-pĂšres dĂ©cĂ©dĂ©s, Sol et Max. Ils avaient dĂ©jĂ choisi mon premier prĂ©nom, mais sur lâacte de naissance ils nâont mis quâun âMâ provisoire pour le deuxiĂšme. Il sâavĂšre quâils ont oubliĂ© de le changer, mais cela ne les a pas empĂȘchĂ© de me prĂ©nommer Suzanne Michelle Ă ma cĂ©rĂ©monie de nomination, Ă mâinscrire Ă lâĂ©cole ou chez le mĂ©decin sous ce nom. LâĂ©tat de Californie n'a pas hĂ©sitĂ© Ă me donner une carte dâidentitĂ© Ă ce nom, qui est Ă©galement sur mon passeport amĂ©ricain. Dâailleurs, ça suffit depuis une dizaine dâannĂ©es Ă ce que ces deux prĂ©noms figurent sur tous mes titres de sĂ©jour français.
Mais lĂ , maintenant, puisquâil nây a pas de âMichelleâ sur mon acte de naissance, on me donne le choix : soit je peux garder mon âMâ, soit je peux le supprimer, mais sous aucun prĂ©texte je ne peux prĂ©tendre Ă garder le prĂ©nom Michelle.
Ce qui est idiot et franchement illogique Ă tous les niveaux. Je comprends si lâon ne compte pas la cĂ©rĂ©monie de nomination, puisquâil sâagit dâune cĂ©rĂ©monie privĂ©e religieuse (mĂȘme si ça dĂ©montre que ça a toujours Ă©tĂ© mon nom, ce nâest pas une fantaisie rĂ©cente de ma part).
Mais si ce qui compte, câest ce que reconnaĂźt lâĂtat amĂ©ricain, alors le fait dâavoir un passeport Ă ce nom devrait compter.
Si ce qui compte câest le bon vouloir de la prĂ©fecture, alors peu importe ce qui est Ă©crit sur mon acte de naissance, on pourrait trĂšs bien me permettre de me nommer nâimporte comment. Et puis, on permet bien aux gens de franciser leurs noms, ce qui par dĂ©finition les change de ceux qui se trouvent sur lâacte de naissance.
Si câest la volontĂ© de lâindividu qui compte (et on donne justement le choix aux gens de franciser ou non leur nom), alors je devrais pouvoir choisir nâimporte quels prĂ©noms, quâils mâaient Ă©tĂ© donnĂ©s Ă la naissance ou non.
Enfin, si câest le fait dâavoir un nom français, Michelle lâest dĂ©jĂ (mĂȘme si lâorthographe avec un seul âlâ et un accent grave est plus rĂ©pandue) !
Cette dĂ©cision est donc arbitraire au pire sens du mot, puisquâelle nâest motivĂ©e par rien.
Je sais que ce nâest exactement le problĂšme le plus grave ni le plus pressant du monde, mais je nâen suis pas moins Ă©poustouflĂ©e par son absurditĂ©.