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Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
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Yeah yeah I'm on a diet but I'm celebrating... Great reason for this Natty Bo... Out with the bestie @bodhisattvajedi74 #nattybo #rvafoodwhore #bestfriendshit (at Dot's Back Inn)
National Bohemian
Mes recherches pour comprendre la situation socio-Ă©conomique de Baltimore sont dans un premier temps assez infructueuses. La page WikipĂ©dia me paraĂźt mal renseignĂ©e. Je crois comprendre quâil y a une importante fracture, dĂ» Ă la fermeture des industries dans les annĂ©es 50-60, et Ă un exode blanc vers des banlieues plus agrĂ©ables Ă vivre⊠Mais ces informations Ă©parses nâexpliquent pas assez, quel est le mĂ©canisme Ă lâĆuvre ? ...Je regarde cela de loin. Il faudra chercher davantage. Internet est plus loquace quant aux surnoms de la ville : Monument City, Mobtown, Harm City, The Greatest City in America, Charm City, Bodymore, Murdaland, The City that Reads, Crab Cake Capital of the World, etc. Je mâinterroge particuliĂšrement sur âCharm Cityâ, on le retrouve sur les bus gratuits qui arpentent la ville, et dans de nombreuses vitrines. Quelle dĂ©ception quand jâapprends que cela vient dâune campagne de pub des annĂ©es 70, comme la plupart des nicknames dâailleurs. Du Marketing, tout simplement... Tout le monde a oubliĂ© la campagne, le surnom est restĂ©...
On nâa rien Ă se dire avec J.Z, mais le bar est cool. Le genre de bar amĂ©ricain que jâadore : la playlist impeccable, la lumiĂšre rouge, lâabsence de foule, quelques groupes ou binĂŽmes stylĂ©s, un couple qui se roule des grosses pelles au fond de la salle... La barmaid est une dĂ©esse, tout en elle est dâune beautĂ© Ă©tourdissante : ses cheveux noir de jais, son corps, son anneau dans le nez, ses bras tatouĂ©s, sa bouche, ses yeux violets (je refuse de croire quâelle est nĂ©e avec), je pourrais passer des heures Ă la regarder. Câest lundi soir. Il me donne une liste dâendroits oĂč aller Ă©couter des concerts. On nâa rien Ă se dire mais il est cool. Et il est beau. Dommage quâon nâait rien Ă se dire.
Câest sur ses conseils que je vais Ă©couter Parquet Courts, un groupe de rock indĂ©. Câest au 2640 Space, une ancienne cathĂ©drale. TrĂšs belle. Dans une bien moindre mesure, ce lieu me rappelle le SacrĂ©-Coeur de Casablanca, anciennement cathĂ©drale, vide, parfait pour un concert. J.Z me demande si je suis lĂ , je lui rĂ©ponds que oui. A ma grande honte je rĂ©alise que je nâai aucune idĂ©e de comment lui indiquer ma position en anglais. Mon cerveau est fatiguĂ©. En français, jâaurai dit âDevant, cĂŽtĂ© jardinâ, mais je rĂ©ponds bĂȘtement In the front rows ⊠Quelques chansons plus tard, je reconnais sa veste en daim et ses cheveux mi-longs in the front rows. Il danse et me cherche de la tĂȘte. Je nâai pas envie dâaller au milieu. Le groupe est mieux en live que ce que jâai pu Ă©couter avant sur internet. Quatre garçons, dans le vent, trois guitares Ă©lectriques aux couleurs pastels, des cheveux qui sâagitent et un chanteur qui chante trĂšs fort. Si la conversation des amĂ©ricains nâest pas encore parvenue Ă aggraver ma surditĂ©, ce concert lâaura sĂ»rement fait, au demeurant la sensation de flottement qui suit est agrĂ©able. Entre chaque chanson, les musiciens papotent, font des blagues. Je ne les trouve pas trĂšs drĂŽles. Ou peut-ĂȘtre que je ne comprends pas leur humour⊠Un des chanteurs en vient naturellement Ă critiquer le âMuslim Banâ(Note : nous sommes le mercredi 1er fĂ©vrier), comme lâaurait fait tout individu raisonnable ayant la chance de sâexprimer devant 200 personnes. Il est acclamĂ© et chante un morceau en lien avec le sujet pour la peine. De toutes les interventions entre les chansons, je retiendrai une phrase : We are a secular band, but very spiritual individuals (le concert a lieu dans une cathĂ©drale, suivez un peu). Cette phrase rĂ©sonne en moi, fille sĂ©culaire mais incroyablement spirituelle, qui ne lâest pas ?
A la fin du concert, J.Z me trouve, il a lâair content de me voir, mĂȘme si nous nâavions rien Ă nous dire la derniĂšre fois. Je suis contente quâil soit content, câest aussi bĂȘte que ça. Il me prĂ©sente Ă ses amis, jâai oubliĂ© la moitiĂ© des prĂ©noms. Il sâagite comme un fou parce quâil fait un concert demain. Les filles du groupe ne mâadresse pas la parole, je suis un peu contrariĂ©e. Nous quittons le 2640 pour lâOttobar. Il y a un concert en bas et un karaokĂ© en haut. Je voulais chanter mais lâattente est longue et je ne compte pas rester trĂšs tard. Je finis par parler aux deux filles, nous buvons des NattyBo, la biĂšre de Baltimore, mĂ©diocre mais toujours mieux quâune Kro ou une 16. Rebecca et moi parlons surtout de Trump. Ăvidemment. Elle me raconte quâen novembre 2008, elle Ă©tait en Inde, Ă Puna, quand Obama a Ă©tĂ© Ă©lu. Elle passait le semestre dâhiver Ă lâĂ©tranger. La premiĂšre fois quâelle quittait les Ătats-Unis... Le jour de l'investiture dâObama, elle avait compris quâelle Ă©tait en train de manquer un Ă©vĂ©nement historique, et que le monde entier regardait les Ătats-Unis, tout le temps. Elle avait ressenti Ă lâautre bout du monde la force de ce qui Ă©tait en train de se passer⊠Et maintenant, elle se demandait comment on avait pu en arriver là ⊠Huit ans, câest long, et en mĂȘme temps⊠assez pour un tel grand Ă©cart ? Le sujet est vaste, mais la conversation finit par dĂ©vier sur Puna (jây suis allĂ©e en 2014, et me rappelle une promenade dans les jardins de l'universitĂ© oĂč Rebecca a Ă©tudier la philosophie du droit). On dirait que je me suis fait une copine...
Je la retrouve le lendemain au concert de J.Z, câest pas mal, surtout le reprise de Jefferson Airplanes, Somebody To Love, chanson que jâadore depuis A Serious Man des frĂšres Coen. Les autres groupes me plaisent. Surtout cette fille du groupe Lenore Lenoire, avec son grand t-shirt jaune, ses chaussures holographiques et ses nattes. Les premiĂšres chansons sont assez banales et plus ca avance, plus câest bien. A magic show follows one simple rule⊠The show must get better as it goes alone. Je parle longuement avec Mark, et avec Chris aussi, je ne sais plus de quoi. Ma sociabilitĂ© s'accroĂźt de jour en jour. Ou peut-ĂȘtre est-ce juste parce que jâai recommencĂ© Ă boire ...