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I donât usually take videos at concerts because itâs annoying and pulls me out of the moment (also because I like scream-singing and I donât want that on video), buuuut a friend asked me to film a bit of Pulp last night for him.
This is me struggling to see because Iâm smol but still managed to catch something.
Mis-shapes, mistakes, misfits We'd like to go to town, but we can't risk it, oh 'Cause they just want to keep us out You could end up with a smack in the mouth Just for standing out, now really

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Débris de songes dans mon café.
M comme mis-shapes (mistakes, misfits)
Jâaime bien regarder des documentaires musicaux. MĂȘme ceux qui traitent dâartistes que je ne connais pas ou nâapprĂ©cie guĂšre. Par exemple, mon favori, câest Some Kind of Monster alors que je nâĂ©coute pas du tout Metallica. Bon, OK, câest vrai, ce dernier est si what-the-fuckesque quâil ressemble plus Ă un film de Quentin Dupieux quâĂ un vĂ©ritable documentaire, mais tout de mĂȘme : punk rock en hĂŽpital psychiatrique, black metal sataniste en Lituanie, princesse de la pop en pleine ascension, starlette de la country en mal de sensations, câest bon, je prends. Aussi, ce week-end, avec lâhomme, on a regardĂ© We Are X, le film dĂ©diĂ© au groupe de visual kei japonais X Japan (plus de 30 ans de carriĂšre, plus de 30 millions dâalbums Ă©coulĂ©s). Encore un genre ou un sujet qui ne mâattirait pas en particulier⊠Mais au final, rien que pour les combi en dentelle et les coiffures je-fais-ce-que-je-veux-euh-avec-mes-cheveux, je me suis dis que jâavais bien fait de me laisser tenter.
CâĂ©tait un peu Ă©mouvant aussi. Faut dire que le batteur leader et fondateur du groupe, Yoshiki, en a un peu chiĂ© dans la vie. Ă sa naissance, les mĂ©decins lâont jugĂ© trop fragile pour survivre jusquâĂ lâĂąge adulte, son pĂšre sâest suicidĂ© quand il Ă©tait tout minot, il a lui-mĂȘme tentĂ© de se suicider au moins Ă trois reprises, le guitariste de son groupe aussi, mais lui a rĂ©ussi⊠Bref, le genre de trucs qui, sâils ne tuent pas, ne rendent pas forcĂ©ment plus fort mais certainement plus sensible. Et il en a de la sensibilitĂ© Ă revendre, Yoshiki. MĂȘme si on nâest pas fan de la grandiloquente sentimentalitĂ© du rock nippon, ça sâentend dans ses compositions. Il a aussi un sacrĂ© sens du sacerdoce ; une dĂ©votion Ă son art qui lâa conduit plusieurs fois au bloc opĂ©ratoire. Aujourdâhui, le mec vit Ă L.A. (financiĂšrement, ça va, quoi), mais il monte sur scĂšne avec une minerve, passe sa vie chez son mĂ©decin et pleure toujours la mort de son pĂšre et de Hide, son guitariste adorĂ©. Au bout du compte, le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? Le quinquagĂ©naire donne simplement lâimpression quâil nâaurait pas pu en ĂȘtre autrementâŠ
Quâon kiffe les chemises Ă jabot et lâeyeliner waterproof ou pas, difficile de ne pas abdiquer devant la dĂ©marche jusquâau-boutiste du groupe (et de leurs fans, cela va sans dire). Câest vrai, au moins jusquâĂ la reformation, ça transpire la passion. Le sens du devoir, mĂȘme, par moments. Et je me dis quâun tel phĂ©nomĂšne ne pourrait naĂźtre et perdurer quâau Japon, pour les bonnes (lâengagement, lâabnĂ©gation) comme pour les mauvaises raisons (le drama, lâabnĂ©gation). Puis ça mâa fait penser Ă Split aussi. Si vous ne lâavez pas vu mais quâil est Ă votre menu, dĂ©solĂ©e, mais nos chemins se sĂ©parent ici⊠Sauf si les spoilers ne vous font pas peur. Pour ceux qui ne lâont pas vu et pour qui ce nâest absolument pas prĂ©vu, connaĂźtre le scĂ©narâ nâa aucune sorte dâintĂ©rĂȘt. Et donc, voilĂ , ça mâa fait penser à ça : quand la 24e et monstrueuse personnalitĂ© Ă©pargne lâado scarifiĂ©e en lui disant, en somme, de se rĂ©jouir car elle appartient Ă la frange de lâespĂšce la plus Ă©voluĂ©e : celle des ĂȘtres abĂźmĂ©s, fĂȘlĂ©s, cassĂ©s. Le reste du film mâa moyennement emballĂ©e ; câest un divertissement sympathique, pas de quoi ĂȘtre extatique. Mais cette petite phrase a tout de mĂȘme continuĂ© Ă me travailler.Â
Bien entendu, câest de lâattrape-couillon facile ; on a tous connu des Ă©vĂ©nements malheureux qui nous ont plus ou moins façonnĂ©s et câest aisĂ© de sâidentifier, surtout quand on vient de se farcir une heure trente dâun bon vieux survival des familles⊠Pas sĂ»r que je puisse Ă©chapper des griffes dâun dangereux psychopathe grĂące aux traumas passĂ©s de ma vie de privilĂ©giĂ©e, cela dit (jâai tout de mĂȘme eu mon lot de pervers narcissiques, merci), mais nĂ©anmoins, câest comme quand le nerd ravit le cĆur de la belle et populaire cheerleader : quand on a soi-mĂȘme souvent lâimpression de jouer le rĂŽle du loser, un peu de catharsis de comptoir de temps en temps, ça fait du bien. Et forcĂ©ment, des instants « purgation des passions » ou « sublimation des pulsions », y en a plein dans les films documentaires musicaux. Quand Yoshiki explique comment la musique lui a sauvĂ© la vie. Quand les lĂ©gendaires Minutemen ne baissent pas les bras malgrĂ© les galĂšres. Quand Damon Albarn avoue quâil a Ă©tĂ© un sombre connard avec Graham Coxon. Quand Katy Perry comprend que son mariage prend dĂ©finitivement lâeau mais quâelle assure quand mĂȘme le show. Quand Lars Ulrich hurle âFuuuuuuuck!â à James Hetfield⊠Pour ce dernier, je plaisante, Ă©videmment, (et jâen pleure de rire rien que dây penser). Mais enfin, vous voyez le topo.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Ă vrai dire, je ne le sais mĂȘme pas⊠Si ce nâest quâun peu de compassion et de bons sentiments ne peuvent pas nuire, non ? Puis aussi que je me demande bien ce que je ferais sans les disques, les livres et le cinĂ©ma⊠Sans les gens qui racontent me racontent tous les jours mon quota dâhistoires. En tout cas, pour ma part, les Ă©couter ou les Ă©crire, je nâaimerais faire que ça⊠La preuve, je suis lĂ Ă vous parler de ce satanĂ© Yoshiki dont vous vous foutez sans doute Ă©perdument au lieu de chercher des contrats⊠Ah ben voilĂ Â ! Finalement, y avait pas besoin de pousser les investigations bien loin : je ferais nâimporte quoi pour ne pas me remettre au boulot... Ah ben, ça y est, câest lâheure de manger ! Allez, salut, Ă la prochaine, hein !