âIl semble que pour, Krishnamurti, le corps soit un instrumentarium, qui, vibre Ă chaque mouvement de l'esprit " rĂ©alisant " le monde.
En ce sens, sensation, perception et attention ne forment qu'un seul et mĂȘme acte d'intelligence im-mĂ©diate : la mĂ©ditation. La mĂ©ditation est " l'intelligence de la perception ".  Elle appartient aux sens et Ă la fois les transcendent. La sensibilitĂ© est attention, laquelle est intelligence. Il n'y a pas d'intelligence sans une sensibilitĂ© du corps et de l'esprit, c'est-Ă -dire une sensibilitĂ© sensorielle et une clartĂ© dans l'observation. Toutefois, nos prĂ©jugĂ©s, nos conditionnement culturels, bref, notre moi, font Ă©cran Ă cette " vision pĂ©nĂ©trante " et agissent comme des miroirs, des rĂ©flexions, dĂ©formants. Alors le jugement et, simultanĂ©ment, la peur d'ĂȘtre jugĂ©s, apparaissent, introduisant une dichotomie entre le coeur et la tĂȘte, et en rejetant le corps dans le domaine des objets Ă interprĂ©ter, Ă Ă©tudier. Comme Charybde et Scylla, catĂ©gories et sentiments se renvoient et s'arrachent dĂ©sormais les sensations d'un corps-vaisseau morcelĂ© : " L'Ă©motivitĂ© et la sentimentalitĂ© sont des entraves Ă cette sensibilitĂ© ".La sensation du maintenant est totalement diffĂ©rente du mot, lequel appartient au temps. En rĂ©sulte de la douleur, qu'il s'agit Ă tout prix de neutraliser, d'anesthĂ©sier : " Nos corps ont Ă©tĂ© insensibilisĂ©s, de mĂȘme que nos esprits et nos coeurs, par notre habitude de nous conformer aux modĂšles qu'impose la sociĂ©tĂ©, laquelle insensibilise les coeurs. Pour oublier cette douleur, sont poursuivis des plaisirs, et la roue tourne, et ainsi va le manĂšge de nos vies. Nous avons un corps physique, il a ses dĂ©sirs. Ils sont avivĂ©s et influencĂ©s par la sociĂ©tĂ©. Le dĂ©sir est-il un produit de la pensĂ©e. Pourquoi distinguez-vous le besoin physiologique de l'exigence psychologique ? Toutefois, ce n'est pas en fuyant cette douleur, mais au contraire, c'est en l'acceptant pour ce qu'elle est, c'est en dĂ©couvrant l'Ă©tat de division qui la provoque, que peut s'opĂ©rer le revirement de la conscience : " L'observation, non verbale ou intellectuelle, mais rĂ©elle, rendra nos corps et nos esprits intensĂ©ment sensibles. Les corps exigeront les aliments qui leur conviendront, les esprits ne tomberont pas dans le piĂšge des symboles, ou des platitudes de la pensĂ©e ". Et Krishnamurti, lĂ encore, nous averti et nous met en garde contre une forme de plaisir-oubli, qui se fait appeler mĂ©ditation, et qui n'est encore qu'une des ruses du moi pour Ă©viter de mourir : " Si l'on ne connaĂźt pas les activitĂ©s du moi, la mĂ©ditation devient une excitation sensorielle et a trĂšs peu de sens â