Les peintures corporelles des Kayapos : au-delà des identités individuelles, le patrimoine d'un peuple
Crédit Photo : ©Serge Guiraud via Flickr
Chaque année de 2010 à 2016, Le Muséum de Toulouse a effectué une mission dans les terres brésiliennes, en Amazonie, chez les populations amérindiennes. L'objectif était de s'inscrire dans une démarche actuelle de sauvegarde du patrimoine. L'heure n'est plus au « pillage » des populations comme cela a pu être le cas au XIXe siècle mais davantage aux partenariats avec elles. Le territoire de ces populations est convoité par les Etats et les multinationales. Chaque mission, menée chez une population différente chaque année a contribué à sauvegarder leur patrimoine matériel mais aussi, et surtout, immatériel comme les rites, coutumes et traditions.
La dernière mission a eu lieu chez les Kayapos. Si les peintures corporelles font partie des coutumes de bien des populations amérindiennes, elle nous a semblé particulièrement emblématique de cette population et nous a donné envie de vous les faire découvrir en détail.
Crédit Photo : ©Serge Guiraud via Flickr
Le corps au centre de la société des Kayapos
L'ornementation corporelle des indiens du Brésil n'a éveillé l'intérêt des anthropologues qu'à partir des années 80. Lorsque l'on a compris que le corps, chez les amérindiens, représente un élément constitutif de leur civilisation. La fabrication, la décoration, la transformation et la destruction des corps sont des thèmes autour desquels s'organise la mythologie, les cérémonies et même l'organisation sociale.
Crédit Photo : ©Serge Guiraud via Flickr
Une façon de construire son identité au sein du groupe
L'activité est exclusivement féminine chez les Kayapos. La société est en effet très divisée dans le partage des tâches, les hommes s'occupant des ornements plumaires.
Quotidienne et exécutée dans la maison, domaine des femmes, l'activité de peinture corporelle est essentiellement liée à la morphologie sociale et à la socialisation des corps ( tandis que la confection plumaire est en rapport avec le cosmos et le chamanisme).
Crédit Photo : Valter Campanato, Agência Brasil (Abr) via wikipedia
Les peintures peuvent être constituées de bandes de couleurs ou de rayures différentes selon l’âge ou le sexe et sont réalisées sur le visage et le corps avec des fleurs de palmiers ainsi que de fins stylets. Elles révèlent les multiples facettes de chaque individu face aux autres dans l'espace et le temps : c'est le moyen de construire son identité et son altérité.
Cela n'est pas sans rappeler la tendance actuelle au tatouage des corps dans le monde occidental…
Crédits Photos : Tatiana Reis CCbySA_flickr.
S'essayer à la technique
Le samedi 28 janvier, vous pourrez vous essayer à la peinture corporelle Kayapo : Atelier peinture sur tissu autour du répertoire des peintures corporelles kayapo pour un public « familles » animé par Julie MAIGNE et NAKTHI KAYAPO (représentante de la communauté amérindienne Kayapo Gorotire) à l'espace Champs libres. (avec projection en boucle du film)
Rencontrer les kayapos
Le dimanche 29 janvier, NAKTHI ET BEP KAYAPO, représentants de la communauté amérindienne Kayapo Gorotire seront présents lors de la projection du film « Mè ikukràdja – Ma culture » (24 min, un film de la communauté kayapo du village de Motukôre)
+ d'infos http://www.museum.toulouse.fr/affichage-evenement/-/event/event/175337088
Sources : - La symbolique de l'ornementation corporelle chez les indiens Kayapo-Xikrin du Sud-Est du Para (Lux Vidal) http://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1994_ant_527_1_1443 - Kayapos (Wikipédia) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kayapos










