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Ghosts

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KAÏRO, Kiyoshi Kurosawa (2001)
Si un manque fait le désir, si l’absence nous fait désirer, alors on désire à la mesure de notre solitude. Le désir le plus fort, le désir déchirant, au plus haut point délirant, il est à trouver dans la solitude la plus profonde. Dans la solitude la plus profonde qui n’est pas seulement privée de rencontre, mais qui prive, elle, de rencontre, qui l’interdit, l’exclut d’avance. Dans l’état de manque aussi total que non seulement la présence se dérobe à nous, mais nous dérobe nous-mêmes. Le désir le plus fort est à trouver dans la mort. Aucun délire qu’on peut vivre ne saura se mesurer au délire qui s’empare de nous quand on ne vit plus, quand on ne vit plus rien, au délire mort-vivant. Le fantôme, le revenant, un délirant, déchiré par le délire de la solitude et du désir au point où le seul mot prononcé engloutira tout langage, que le seul message possible sera : « aide-moi, TASUKETE… » Le génie du KAIRO, c’est qu’on commence en ayant peur des fantômes, mais on finit par être terrifiés par leur solitude. Au début on a la peur humaine, mais à la fin, c’est la peur propre aux fantômes qui s’empare de nous.
Kairo (2001)
Il Grido (Michelangelo Antonioni, 1957) vs Kaïro (Kiyoshi Kurosawa, 2001)