MAYHEM (2017)
Après THE WALKING DEAD (2010-2017) et OKJA (2017), l’acteur coréen Steven Yeun revient dans MAYHEM aux côtés de Samara Weaving, que l’on avait découvert avec le très bon THE BABYSITTER (2017): film d’infectés de seconde zone, le long-métrage de Joe Lynch nous promet du sang et du fun. Version comique d’un THE BELKO EXPERIMENT (2016), MAYHEM tient son nom du carnage à venir et auquel on assistera, dû à un virus brisant l’inhibition de ceux l’ayant contracté -et accessoirement leur procurant des poussées de violence aiguë-: contexte du monde du travail oblige, le scénario profite de ce huis-clos à l’échelle “bâtiment”, l’action se déroulant à l’intérieur de celui-ci. Mise en quarantaine de l’entreprise dans laquelle Derek Cho va devoir survivre et s’allier, l’infection se faisant imprévue quant à ses effets secondaires ravageurs. La réalisateur tente de nous accrocher par un montage fou-fou, à l’exemple de cette séquence où le boss de la firme dévore un bonzaï, chaque bouchée étant accompagnée de death-metal bien gras: méritant, MAYHEM veut divertir et exploite ainsi toutes les ficelles pour tirer de meilleur de ce dont il dispose: parfois très amusant, parfois très -trop- prévisible, on est en pleine série B. Comme promis, les confrontations, meurtres et autres dialogues “couillus” sont là: à l’inverse, l’empathie du long-métrage l’est moins, car datée de par sa forme. MAYHEM aurait pu avoir un gros impact dans les années 90: l’énergie dont il fait preuve, bien que sincère, et son rythme prenant sont déjà vus, créant le manque de consistance que l’on ressent en le regardant. Mais death-metal et new retro wave ne suffisent pas. Flemmarde, cette “peste virale” est représentée par des crises d’agression physique et décelable par un des yeux du contaminé devenant très rouge: pas terrible. On devine le film “de potes” fait en toute connaissance de cause, grâce à ces retournements de situation scénaristiques trahissant une certaine liberté créative ailleurs absente. Il manque de la punchline et de l’audace à ce MAYHEM finalement moyen: l’exigeance de certains spectateurs ne sera pas respectée, le long-métrage se faisant terriblement avare en charisme. Ascenseur de satisfaction, MAYHEM déçoit plus qu’il ne déroute, film de substitution peu nécessaire: produit de qualité “marque-repère” du Cinéma, on se dit “dommage” en s’imaginant mieux. Ratant son duo et se masturbant un peu trop devant un miroir, on réserve ce MAYHEM aux fans hardcore de la gueule à Steven Yeun, qui signe ici un faux-pas oubliable. Bof…
THE WALKING ZÈBRE /20