Ces interdictions, partout, Ă chaque coin de rue, chaque recoin de vie ! Elles te sautent aux yeux, te piquent la rĂ©tine. Partout ces foutus panneaux, dressĂ©s tels des guerriers en pleine parade, hurlant le « non », le « pas par ici », le « t'approche pas » ! Et puis cette barricade imaginaire, ce mur invisible qu'ils dressent, te repoussant, te tenant Ă distance, toi et ta curiositĂ© dĂ©placĂ©e. « PropriĂ©tĂ© PrivĂ©e », qu'ils clament haut et fort, avec une arrogance presque palpable. Pas une, mais deux fois, comme un Ă©cho, comme une insistance, pour que tu comprennes bien, que tu saches Ă quoi t'en tenir. Et voilĂ , tout est dit, tout est verrouillĂ©, et l'on se trouve lĂ , tous.tes, prisonnier.e.s de ce labyrinthe de dĂ©fenses et du « câest interdit » ! La libertĂ© de l'errance, elle, va se terrer dans l'ombre de ces signaux d'autoritĂ©. On nous tire par la manche vers un ordre préétabli, tentant de nous sculpter en citoyen.ne.s obĂ©issant.e.s et dociles, nous incitant Ă rester bien sagement sur les rails, lĂ oĂč l'on nous veut, lĂ oĂč l'on nous espĂšre. Et dans cet espace confinĂ©, qui tangue entre le confort de lâordre pour certain.e.s et le malaise de lâenfermement pour d'autres, l'homme navigue, oscille, se dĂ©bat parfois. Oui, parfois, se faufiler hors des sentiers battus se rĂ©vĂšle ĂȘtre plus qu'une tentation, c'est une nĂ©cessitĂ©, une brĂšche oĂč l'air semble un peu moins viciĂ©, oĂč le ciel, en dĂ©pit de tout, semble encore capable de s'Ă©tirer indĂ©finiment. Ainsi, le refus de ces « non » omniprĂ©sents devient un acte de rĂ©sistance, une petite rĂ©volte nĂ©cessaire, une maniĂšre de rappeler que l'humain, dans sa prĂ©cieuse et impĂ©tueuse volontĂ© de vivre, se rit bien des barriĂšres, qu'elles soient de mĂ©tal, de bois ou d'airain. Et de lĂ , dans cet infime sursaut d'insubordination, peut-ĂȘtre y trouve-t-on, l'espace d'un instant, l'Ă©bauche d'un souffle de libertĂ©.
















