Il ne la vĂźt pas.Â
   Il suivait, comme une habitude, il valsait dans sa vie comme on traverse un fleuve sans observer les contours, sans les analyser ni les apprĂ©cier. Il la manqua alors, cette ombre, cette brume, un Ă©lan de fraĂźcheur qui lui aurait Ă©tĂ© importante. Elle avait cette odeur qu'on ne capte qu'une fois, le mĂ©lange de la tendresse se mĂȘlant Ă une note farouche, saisissante et envoĂ»tante. Il ne la vĂźt pas. Mais cette ombre s'en est allĂ©e, comme une goĂ»te d'eau qui s'en va faire son chemin, comme la brise dĂ©croche les feuillĂ©es. NĂ©anmoins il connaissait son existence, l'attente avait d'ailleurs remplacĂ© la volontĂ© comme la lassitude primait sur le dĂ©sarroi. Pouvait-il seulement renverser le cours du temps ? Se permettre de lui lancer ne serait-ce qu'un regard, une infime chance de modifier son existence ?Â
   La rĂ©ponse il la connaissait, clair et simple, impossible, franc et cassant. Un autre moment, dans une autre situation, peut-ĂȘtre lors d'une saison nouvelle.
   Le temps et l'existence sont deux choses totalement variables, la complexitĂ© et l'incertitude y prennent donc tout leurs sens.Â
                                 - LesDéblatérationsAnonymes