on recherche à Pompéi les coutumes et les traditions des Romains ; on espère en déambulant le long des ruines retrouver un peu de leur vie perdue ; en vain, il n'y a ici que destructions, morts et fantômes muets ; et pourtant à quelques kilomètres de là, à Naples, en plein Spaccanapoli, résident, parmi les scènes du quotidien, les regards, les petits gestes, les présentations colorés et faussement aléatoires des étalages des commerces, l’artisanat varié des échoppes, les places déstructurées où s’agitent dans une concurrence acharnée les mains et les voix, toute une archéologie vivante qui remonte de très loin, de cette antiquité justement que l'on croyait retrouver parmi les ruines, une stratification spontanée dont le sommet est toujours visible car transmis à chaque génération depuis plus de deux millénaires au coeur du bazar du quartier qu'il faut apprendre à regarder avec minutie pour en saisir toutes les informations précieuses ; plus d'antiquité dans Spaccanapoli que dans tous les sites romains confondus d'Italie et d'ailleurs