Au printemps dernier, elle Ă©tait invitĂ©e Ă lâEntrepĂŽt dans le cadre du festival dĂ©diĂ© Ă la chanson francophone, Le Haillan ChantĂ©. Il y a peu, elle Ă©tait artiste associĂ©e Ă la saison culturelle de la ville dâEysines. De lĂ Ă dĂ©duire que la blonde Corse possĂšderait un tropisme girondin, il ne faudrait pas abuser, non plus. Simplement se rĂ©jouir que lâinterprĂšte de LâAmour, lâArgent, le Vent soit rĂ©guliĂšrement visible, elle qui demeure malgrĂ© 15 ans de carriĂšre relativement confidentielle.
Peut-ĂȘtre faudrait-il porter ce juste regain dâintĂ©rĂȘt au bĂ©nĂ©fice de MagnĂ©tique, Ă©trange et perturbante livraison 2018, fruit des ses minutieux « laboratoires oniriques », ayant occupĂ© ses nuits et ses jours durant ces derniĂšres annĂ©es ? Belle revanche, Ă vrai dire, dans une Ă©poque oĂč la prise de risque dans lâindustrie du sentiment se rĂ©sume Ă lâemploi malheureux dâAuto-tune.
Cela dit, modĂ©rons notre enthousiasme, la moindre aspirante au trĂŽne de next big thing aura toujours plus de couverture mĂ©diatique et de ventes ad hoc⊠Pas bĂ©gueule, Carlotti a croisĂ© non le fer mais les octaves avec Juliette Armanet, la VĂ©ronique Sanson du pauvre, pour une rĂ©interprĂ©tation du cauchemar 70s Jâai encore rĂȘvĂ© dâelle. On a le droit de la prĂ©fĂ©rer aux cĂŽtĂ©s de Dominique A, Katerine ou Tristesse ContemporaineâŠ
Telle est sa force, un peu comme Daho, un pied Ă la marge, lâautre grand public. Borderline ? Pas certain. Malin, assurĂ©ment. Quant Ă son talent, il ne se dilue pas. Bien au contraire. Et le fan club de respirer.
Barbara Carlotti,
vendredi 14 décembre, 19 h 30, i.Boat.
www.iboat.eu