Si Moïse revenait aujourd'hui.
L'état de nos océans et la pollution plastique en inspirent plus d'un …

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Si Moïse revenait aujourd'hui.
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La technologie ne nous sauvera pas, à nous de le faire.
La technologie sert nos pulsions, lesquelles semblent insatiables. Pour réduire notre impact, et donc assurer notre survie, tentons de comprendre la racine de notre boulimie de biens et d'innovation.
En tant que docteur en sciences appliquées j'ai été formé à croire que la technologie pouvait résoudre tous les problèmes de l'humanité. Cette pensée se défendait à une époque où les ressources semblaient inépuisables, la pollution relativement contenue et les effets secondaires d'une vie hyperconnectée encore méconnus. Mais aujourd'hui, même les plus optimistes s'inquiètent, comme le résume la formule-choc d'Emmanuel Macron (qui n'est pourtant pas le plus connu des collapsologues ou des défenseurs de la «sobriété heureuses» : «Nous vivons la fin de l'abondance»
La technologie postindustrielle d'abord et les high-techs ensuite nous ont permis de vivre deux fois plus longtemps et dans des conditions bien meilleures que nos ancêtres. Ces avancées sont indéniables. Or, nous avons amorcé un nouveau chapitre de notre histoire. Un chapitre marqué par la raréfaction des ressources et de l'énergie, par une saturation de pollution et de déchets, tout en ayant dépassé depuis longtemps -du moins dans nos sociétés occidentales- les objectifs initiaux: améliorer notre santé et notre confort.
Notre monde a changé depuis les années 196o. Ne devrions-nous pas, nous aussi, faire évoluer notre rapport à la technologie, en embrassant une forme de techno-discemement, ce courant de pensée popularisé par l'ingénieur Philippe Bihouix qui invite à peser les impacts positifs et négatifs de chaque technologie afin d'uniquement mettre sur le marché celles dont le bilan serait nettement positif à tout point de vue?
Notre insatiable quête du «toujours plus»
Bien sûr, cette question lance une fois de plus le débat récurrent entre techno-solutionnistes et adeptes du techno-discemement. Il est pourtant à ce jour essentiel, si nous ne voulons pas que notre quête du «toujours plus» nous fasse perdre le butin amassé jusqu'ici: du confort et des années de vie. Pour ma part, deux arguments suffisent à clore ce débat. Tout d'abord, cela fait près de deux siècles que la technologie améliore notre quotidien. Or notre consommation (de ressources, d'énergie) et la pollution n'ont fait qu'augmenter depuis. Si nous utilisons les données passées pour prédire l'avenir, ce premier argument est imparable. Mais le suivant est à mes yeux plus fondamental. Il s'agit du paradoxe de Jevons ou l'effet rebond. A la fin du XIXe siècle, l'économiste anglais William Jevons constate que, malgré l'amélioration de l'efficacité des machines utilisant le charbon comme principale source d'énergie, la demande de charbon, paradoxalement, explose. Nous voyons cela, aujourd'hui encore, dans 90% des domaines où l'efficience technologique est améliorée: la technologie LED a, par exemple, divisé par 6 la consommation de chaque ampoule pour une luminosité égale. Résultat: nous en avons utilisé 10 fois plus. Les frigidaires ont vu leur efficacité multipliée, tout comme celle des téléviseurs ou l'avènement des voitures électriques. Résultat: l'illusion d'une sobriété technologique nous pousse à une boulimie matérielle.
Ne serions-nous pas, nous, le problème?
On dirait donc que l'impact négatif global de nos technologies est indépendant du degré quantitatif et qualitatif de nos technologies. Mais si la technologie n'a jamais eu d'impact positif sur notre environnement sans cesser elle-même de «s'améliorer» ne serions-nous pas dès lors, nous, le problème? Ce qui se joue ici, c'est un lien fondamental et trop rarement abordé - que l'on peut retrouver, entre autres, dans les travaux du professeur d'anthropologie économique Christian Amsperger - entre technologie, philosophie et psychologie: la technologie ne fait que suivre nos pulsions, lesquelles semblent insatiables. Si nous sommes incapables de mesure en tant qu'espèce, la seule façon de réduire réellement notre impact (et donc d'assurer notre survie) consisterait à comprendre la racine de notre boulimie de biens et d'innovation. Quelle blessure, frustration ou peur existentielle suis-je en train d'essayer de masquer (de façon temporaire et vaine) en faisant l'acquisition de (ou en mettant sur le marché) cette nouvelle technologie?
Au lieu de tout miser sur les high-tech, j'invite donc à une nouvelle forme d'épistémologie, où philosophie et psychologie iraient de pair avec les études d'ingénieur, et l'entrepreneuriat de façon générale. Il y va de notre survie. Après la connaissance des fuites de la nature, il est à présent nécessaire de nous atteler à l'amélioration de notre connaissance de l'humain: la (re)connaissance de nos rêves, de nos blessures et nos frustrations, nos rôles sur Terre, l'impact de nos choix de vie - ces éléments mêmes de notre réalité qui, lorsqu'ils sont frustrés, nous poussent à consommer toujours davantage, cherchant à les enfouir ou nous en distraire, au péril même de notre avenir. Maintenant que nous savons que la technologie ne nous sauvera pas, il ne reste plus qu'a nom sauver nous-mêmes. Pedro Correa Docteur en sciences appliquées, chroniqueur, auteur et conférencier Article paru dans L'Echo du 18 juin 2025
The New World... of Plastic Peter Kuper Chaque année, on produit plus de 350 millions de tonnes de déchets plastiques : alors que 19 % sont incinérés, près de 50 % finissent en décharge, 22 % sont abandonnés et seulement 9 % sont effectivement recyclés. Pollution plastique triplée d’ici 2060 : « Il y a urgence à agir », pour la Fondation Tara Océan. Un problème majeur qui ne cesse de prendre de l’ampleur car la production ne cesse de croître tandis que le recyclage reste très limité. D’ici 2060, la quantité de déchets plastiques devrait tripler sur le globe, dont la moitié risque de prendre le chemin de la décharge, tandis que moins du cinquième sera effectivement recyclé, selon des chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une cinquantaine de multinationales sont responsables de la moitié de la pollution plastique dans le monde La pollution plastique est présente partout dans le monde. Pourtant, une grande partie des déchets provient de moins d'une soixantaine de multinationales issues du secteur agro-alimentaire, des boissons et de l'industrie du tabac, à l'instar de Nestlé, Danone, Pepsi, Coca-Cola ou de Philip Morris. C'est ce que confirme une nouvelle recherche.
400 millions d'années d'évolution… Illustration : Dan Piraro Lutte contre la pollution plastique : 174 pays négocient pour un traité contraignant, ce n’est pas encore gagné Pollution. Le plastique est présent partout… Jusque dans les fœtus humains Les microplastiques que nous ingérons peuvent migrer vers notre cerveau Perturbateurs endocriniens : « La prévention pourrait stopper la progression alarmante des maladies »
Anthropocène Cartoon de Peter Kuper. Le concept d’ Anthropocène ne définit pas la première influence humaine, mais le moment accablant de son impact sur la planète entière, y compris les océans

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Electric cars are not invented to save the planet. They are only invented to save the car industry. Mikael Colville-Andersen
À cause des voitures électriques, un peuple indonésien risque l’extermination
La transition énergétique de l’Occident provoque une ruée vers le nickel dans les écosystèmes fragiles d’Indonésie. Parmi les principaux acteurs, une entreprise française accusée de faire disparaître un peuple autochtone. Les batteries des véhicules électriques alimenteraient-elles un génocide dans les forêts d’Indonésie ? L’ONG britannique Survival International, spécialisée dans les droits des peuples autochtones, sonne l’alarme à ce sujet depuis un an. Scène du crime : l’île d’Halmahera dans l’archipel des Moluques, où deux mondes sont en collision frontale. Lire la suite sur Reporterre
Christoph Niemann’s “Recipe for Disaster” The artist expresses his sense of urgency about the emergency unfolding all around us. La une The New Yorker
Il est plus que temps de cesser de prétendre que "nous avons l'avenir du climat entre nos mains", affirmation scientifiquement inconsistante, et désormais clairement irresponsable.
The Conversation. Nicholas Leach Postdoctoral Researcher, Climate Science, University of Oxford
Nous, les humains, sommes dépendants de la nature.
Pour l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, la nourriture que nous mangeons – pour être en vie. Notre économie repose également sur la nature. Les crises du climat et de la biodiversité menacent la fondation même de notre vie sur Terre. Nous avons accompli des progrès dans la lutte contre la crise climatique et, aujourd’hui, nous ajoutons deux nouvelles lois qui représentent un grand pas en avant pour faire face à l’écocide qui menace. En la restaurant, nous permettons à la nature de continuer à offrir un air propre, de l’eau et de la nourriture, et nous lui permettons de nous protéger des pires conséquences de la crise climatique."
Frans Timmermans, vice-président de la Commission chargé du pacte vert pour l’Europe.