Echoes of the end
https://www.youtube.com/watch?v=Hi03NA9aLxY
Echoes of the End â Quand God of War prend des vacances en Islande
Il y a des projets qui intriguent dĂšs le premier coup dâĆil, et Echoes of the End fait clairement partie de ceux-lĂ . Non seulement parce quâil nous vient dâIslande â ce qui change agrĂ©ablement des Ă©ternelles superproductions amĂ©ricaines ou japonaises â mais aussi parce quâil a Ă©tĂ© conçu par une Ă©quipe dâĂ peine quarante personnes. Quarante ! Ă croire quâils se sont enfermĂ©s dans un sauna gĂ©ant avec lâUnreal Engine 5 et se sont dit : « Bon, on fait un God of War, mais version viking low-cost ». Et Ă©tonnamment⊠ça marche plutĂŽt bien visuellement.
Une fresque glaciale, entre ruines et magie
Lâaventure nous emmĂšne dans lâempire dâAema, jadis majestueux mais aujourdâhui rĂ©duit Ă des cailloux, des ruines et quelques colonies oĂč la survie ressemble plus Ă une punition divine quâĂ un choix de vie. Le conflit fait encore rage entre deux factions : Aurick, le despote qui rĂȘve de siphonner les Ă©nergies magiques du monde, et Noi Syrouve, la communautĂ© hippie qui veut « protĂ©ger lâĂ©quilibre ». Spoiler : ça va mal finir.
Au milieu de ce chaos, on retrouve Ryn, lâhĂ©roĂŻne et Vestige de son Ă©tat (traduction : elle peut Ă©puiser la force vitale des autres, ambiance cosy), accompagnĂ©e de son petit frĂšre Cor et dâAbram, un Ă©rudit qui cache mal son goĂ»t pour la bagarre. Autant dire que la bande ressemble Ă une sorte de famille recomposĂ©e entre sorcellerie, apprentissage douloureux et grosses baffes.
Un gameplay qui sent bon le déjà -vu
On ne va pas se mentir : si Echoes of the End a une personnalitĂ© visuelle, son gameplay a quant Ă lui dĂ©cidĂ© de copier les devoirs du voisin. Exploration, escalade, combats nerveux, compagnon qui vous balance des conseils ou vous aide Ă rĂ©soudre des Ă©nigmes environnementales⊠Tout respire le dĂ©jĂ -vu. Un peu dâAssassinâs Creed, une pincĂ©e de The Last of Us, et surtout une overdose de God of War. MĂȘme les sections en bateau sont lĂ , histoire de cocher toutes les cases.
Est-ce grave docteur ? Pas forcĂ©ment. LâoriginalitĂ© dans le jeu vidĂ©o est aussi rare quâune IA qui ne vous promet pas la lune. Ce qui compte, câest le rĂ©sultat. Et si certains passages fonctionnent, dâautres frĂŽlent carrĂ©ment le plagiat, ce qui rend la comparaison inĂ©vitable â et pas toujours flatteuse pour Myrkur Games.
Des combats aussi exigeants que frustrants
CĂŽtĂ© baston, Ryn dispose dâun arsenal plutĂŽt sympathique : des Ă©pines magiques, des parades, des esquives et quelques pouvoirs de Vestige qui permettent de projeter, repousser ou envoyer valser les ennemis dans le dĂ©cor. Les points de compĂ©tence enrichissent le systĂšme, et la variĂ©tĂ© des adversaires â soldats, trolls, insectes gĂ©ants, boss massifs â assure une difficultĂ© relevĂ©e. On est parfois surpris par la nervositĂ© des affrontements.
Mais lĂ encore, tout nâest pas rose. Des bugs techniques viennent pourrir lâexpĂ©rience : ennemis qui frappent mĂȘme pendant quâils encaissent, parades qui se dĂ©clenchent trop tard, grappin capricieux, collisions Ă©tranges⊠Mention spĂ©ciale Ă ces moments oĂč Ryn se bloque dans le dĂ©cor comme si elle sâĂ©tait subitement prise pour une sculpture moderne.
Entre beauté glaciale et performance en panne
Visuellement, câest une claque. LâUnreal Engine 5 fait des merveilles : dĂ©cors majestueux, lumiĂšre travaillĂ©e, textures dĂ©taillĂ©es⊠on en prend plein les yeux. Mais comme souvent, la technique a un prix. MĂȘme avec un PC costaud, les chutes de FPS et les micro-freezes sont lĂ©gion, et ce malgrĂ© la prĂ©-compilation des shaders. RĂ©sultat : un jeu qui peut ĂȘtre sublime un instant et agaçant lâinstant dâaprĂšs.
Ajoutez à ça des animations parfois rigides (lâescalade façon Playmobil en est le meilleur exemple), des bugs dâinterpĂ©nĂ©tration dignes dâun bĂȘtisier, et des effets sonores aussi timides quâun collĂ©gien en pleine dĂ©claration dâamour. La bande-son, elle, sauve un peu les meubles avec une atmosphĂšre rĂ©ussie et des doublages anglais convaincants.
Un diamant brut⊠qui aurait mérité un polissage
En fin de compte, Echoes of the End nâest ni un dĂ©sastre, ni un chef-dâĆuvre. Câest un projet ambitieux qui montre quâune petite Ă©quipe peut livrer une expĂ©rience visuellement impressionnante, mais qui manque cruellement de finition. Les combats sont parfois brillants, mais plombĂ©s par des problĂšmes techniques. Lâunivers intrigue, mais peine Ă se dĂ©marquer des modĂšles quâil copie.
Un jeu Ă surveiller donc, car son potentiel est Ă©vident, mais qui aurait mĂ©ritĂ© six mois de sauna supplĂ©mentaires pour Ă©liminer tous ses bugs. En lâĂ©tat, on oscille entre admiration et frustration, un peu comme devant une sĂ©rie Netflix prometteuse mais annulĂ©e aprĂšs une saison.














