Qui se cache derriÚre notre journal arlésien ?
Si vous ĂȘtes Ă Arles, vous pourrez le trouver sur tout les lieux dâexposition pendant les Rencontres de la Photographie. Ce journal, compagnon de papier destinĂ© a vous accompagner au fil de la programmation arlĂ©sienne, est le fruit dâune collaboration entre OAI13 et un duo de choc. Rencontre avec CĂ©line PĂ©vrier, conception et coordination Ă©ditoriale, et Marc Schmidt, conception graphique : OAI13 : Bonjour CĂ©line, bonjour Marc. C'est Ă votre duo que l'on doit la prise en charge de notre papier ArlĂ©sien, de son concept graphique Ă sa rĂ©alisation. Pouvez-vous nous expliquer un peu mieux la rĂ©partition de vos tĂąches ? CĂ©line : DĂ©cliner OAI13 sur papier câĂ©tait trouver le bon costume pour cette Ă©dition arlĂ©sienne : un punk bien habillĂ© ! L'espace de la page imprimĂ©e ne se pense pas de la mĂȘme maniĂšre quâune page Web. Il fallait Ă la fois garder l'esprit et le ton du magazine Web, tout en explorant un nouveau support. LâĂ©quipe dâOAI13 mâa contactĂ©e pour mon expertise print. Jâai dâabord pensĂ© Ă la forme du journal (format, choix du papier, principe graphique) et donc Ă la personne avec laquelle jâallais collaborer. Je recherchais une personne Ă la fois rigoureuse et « prĂȘte Ă glisser » : câĂ©tait le graphiste Marc Schmidt ! Avec lui, le fond et la forme ont Ă©tĂ© travaillĂ© en parallĂšle afin dâaboutir au rĂ©sultat le plus juste qui soit.La conception Ă©ditoriale s'est menĂ©e Ă©troitement avec la rĂ©daction : le ton dĂ©calĂ© et optimiste dâOAI13 devait se distiller dans les pages du journal. Nous avons posĂ© ensemble les grandes lignes en dĂ©cidant des articles et sujets qui allaient composer cette Ă©dition. Ă moi ensuite dâorchestrer le tout et de penser lâarticulation interne du journal : Ă©laboration du chemin de fer, rĂ©troplanning en tĂȘte. Pour que le journal prenne corps, mon rĂŽle a Ă©tĂ© pivot pour articuler les intentions et leur rĂ©alisation : il a fallu avoir un Ćil sur les diffĂ©rents acteurs du journal : journalistes, secrĂ©taire de rĂ©daction, traductrices, graphiste, imprimeur⊠et se faire confiance. Lorsquâil a fallu passer en maquette, avec Marc nous avons parfois longuement discutĂ© les choix iconographiques, les titres, le ressenti sur les articles. Pour que le journal « respire », le chemin de fer a bougĂ© une bonne dizaine de fois, afin dâadapter â ou de sâadapter â au support papier. Sur la forme, OAI13 nous a fait Ă©normĂ©ment confiance en nous poussant Ă proposer des pistes parfois assez radicales. Toutes n'ont pas Ă©tĂ© retenues, mais les propositions issues de notre dialogue avec Marc ont permis d'aller assez loin. On a questionnĂ© sans cesse le fond et la forme, tant dans le tandem que nous avons formĂ© pendant plusieurs mois qu'avec Molly et François : formuler, reformuler, affiner.Jâai rarement eu une collaboration aussi harmonieuse, jusque dans le bouclage un dimanche Ă 4h du matin ! Je pense quâau final, nous avons tous fait un pas de cĂŽtĂ©. Marc : Notre collaboration a Ă©tĂ© trĂšs claire dĂšs le tout dĂ©but : CĂ©line Ă©tait en charge du fond en relation avec l'Ă©quipe d'OAI13, moi de la forme. Dans un premier temps nous avons Ă©laborĂ© ensemble le principe mĂȘme du journal-magazine : son format, le type de papier ainsi que le choix de l'encartage libre (absence de reliure).Lorsque nous sommes entrĂ©s en phase de production, chacun a continuĂ© Ă assumer son rĂŽle tout en interrogeant rĂ©guliĂšrement l'autre.Sans empiĂ©ter sur nos responsabilitĂ©s respectives, CĂ©line a nourri la forme par ses observations et propositions, tout comme j'espĂšre avoir nourri par moments le fond.Difficile d'imaginer une collaboration plus claire, plus fluide. Quelle est l'idĂ©e derriĂšre le concept du RVB dĂ©veloppĂ© dans le journal ? CĂ©line : Câest Marc le coupable ! Câest lui qui a apportĂ© cette idĂ©e et jây ai adhĂ©rĂ© tout de suite. Ensemble, nous lâavons dĂ©fendu auprĂšs de la rĂ©daction comme un vrai parti pris graphique. OAI13 a une forte image dans sa libertĂ© de ton, il sâagissait de la retrouver graphiquement. Nous cherchions Ă ce que lâimage de couverture soit une mise en bouche, un tremplin pour aller vers le contenu. Câest une vĂ©ritable crĂ©ation interne Ă la rĂ©daction : Marc a amenĂ© lâidĂ©e, OAI13 a ajoutĂ© le principe du portrait morphĂ© avec les 13 personnes composant la rĂ©daction, la photographe Coline Sentenac lâa rĂ©alisĂ©. Ă lâintĂ©rieur, le principe RVB se dĂ©cline en bleu pour les textes français, vert pour les textes anglais et rouge pour les notes de bas de page. Ce choix de couleur participe nettement de lâidentitĂ© du journal. Marc : Sans rentrer dans une longue explication technique et en simplifiant, RVB est lâabrĂ©viation de « Rouge, Vert, Bleu » qui sont les trois couleurs primaires de l'espace colorimĂ©trique de la lumiĂšre.Câest cet espace qui est utilisĂ© notamment par les Ă©crans et les appareils photographique pour afficher les couleurs, tandis quâen imprimerie les couleurs primaires sont celles de lâespace CMJN (« Cyan, Magenta, Jaune » plus lâajout du « Noir »). Les couleurs sont alors obtenues un peu comme avec nos gouaches de lâĂ©cole primaire, en mĂ©langeant les couleurs primaires entrâelles.OAI13 est avant tout un magazine web dont le sujet essentiel est l'image photographique. Le RVB est pour ainsi dire l'espace natif d'OAI13. En Ă©ditant une version imprimĂ©e, il mâa semblĂ© Ă©vident de transposer cet Ă©lĂ©ment dans l'identitĂ© graphique du magazine en utilisant le rouge, le vert et le bleu comme couleurs principales et dominantes.Ce choix trĂšs simple est d'autant plus visible que l'absence de noir (ou presque) est assez rare dans l'univers de l'imprimĂ©. Quels sont vos plans aprĂšs le festival ? CĂ©line : Ă lâautomne 2015, câest le lancement de ma maison dâĂ©dition : sun/sun. Elle sera dĂ©diĂ©e au rĂ©cit sous toutes ses formes : livres photos (bien sĂ»r) mais aussi revue littĂ©raire et graphique, poĂ©sie graphique, objet Ă©ditoriaux incongrus. Câest en partie les rencontres qui prĂ©sident Ă la rĂ©alisation de nos livres et lâintĂ©rĂȘt propre du sujet portĂ© par lâauteur. Ce nâest pas un genre prĂ©dĂ©terminĂ© qui nous intĂ©resse, câest le propos et la forme quâil revĂȘt. Je vais donc passer un Ă©tĂ© Ă bichonner les premiers ouvrages et les amener jusquâĂ lâimprimerie, Ă commencer par Hayastan, le livre du photographe Nanda Gonzague. Je collabore avec Laurent Onde qui dĂ©veloppe lâaspect label avec des objets, des soirĂ©es et de la musique ! On pense dĂ©jĂ aux premiers Ă©vĂ©nements sun/sun sur Paris et Montpellier et sĂ»rement ailleurs aussi !Ăgalement au programme : une rĂ©sidence de crĂ©ation Ă Marseille cet Ă©tĂ© avec la photographe HĂ©lĂšne David et un duo de graphiste et illustrateur, ainsi quâune collaboration avec le collectif kom.post sur la mise en livret dâune piĂšce radiophonique sur plateau. Et puis soyons fous, imaginer avec OAI13 une version du journal pour dâautres festivals en France et Ă lâĂ©tranger ! Bref, continuer dâexpĂ©rimenter et de creuser mon sillon. Marc : Finaliser la direction artistique de la prochaine saison de LBB (un lieu de production et de diffusion ainsi qu'une compagnie de théùtre composĂ©e de comĂ©diens handicapĂ©s). Poursuivre ma collaboration avec la coopĂ©rative Illusion & macadam, le festival Tropisme⊠Suivre plusieurs modules de formation photo Ă l'ENCP d'Arles. Partir trois semaines travailler en Toscane. Enfin mettre en ligne le site de Context. Peut ĂȘtre mâassocier Ă la rĂ©alisation d'un magazine mensuel⊠DĂ©velopper davantage les collaborations avec lâĂ©dition et la photographie.











