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Emmanuel Macron a annoncé la création de six nouveaux EPR, à Belfort. Retour sur 15 ans de débats, de pas en avant et de retour en arriÚre sur le développement du nucléaire, de Flamanville à Fessenheim.
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There where the machine stopped ... - Nuclear power plant - Fessenheim, France - 2021
LĂ oĂč la machine s'est arrĂȘtĂ©e âŠ
Contre projet au démantÚlement de la centrale nucléaire de Fessenheim. Réflexions territoriales, architecturales et sociales sur sa possible réhabilitation.
Ce projet questionne le dĂ©mantĂšlement de la centrale nuclĂ©aire de Fessenheim prĂ©sentĂ© par EDF, qui se veut ĂȘtre le modĂšle Ă reproduire sur notre territoire national et Ă vendre Ă l'international. Nous souhaitons susciter le dĂ©bat et donner un point de vue critique dâarchitecte sur les enjeux immĂ©diats et futurs ainsi que locaux et territoriaux, qui gravitent autour de ce dĂ©mantĂšlement sans donner de rĂ©ponse absolue.Â
Ă lâaube dâune explosion probable au cours du siĂšcle du nombre de friches nuclĂ©aires, le site de Fessenheim offre une opportunitĂ© originale dâexpĂ©rimentation et de reconversion au cĆur de lâĂ©laboration dâun vĂ©ritable projet de territoire.
Un retour à l'herbe viendrait effacer totalement l'histoire, l'identité d'une commune et un héritage technologique. Quelle que soit notre opinion sur le nucléaire, on ne peut se résoudre à effacer cette partie de notre histoire. La patrimonialisation de ce site s'avÚre indispensable, sans pour autant rester dans le passé mais plutÎt se tourner vers le futur de la commune.
Penser la réhabilitation du site ne veut pas dire repartir de zéro mais venir se greffer sur un existant conservé, créer une nouvelle peau qui viendrait filtrer les nouveaux usages du site.
Penser comment connecter ce site au territoire permettrait de rĂ©soudre des enjeux Ă©conomiques et sociaux immĂ©diats ainsi que de crĂ©er la possibilitĂ© d'amener la population Ă traverser ces murs en sĂ©curitĂ© afin de comprendre ce qui se passe rĂ©ellement Ă lâintĂ©rieur de cette forteresses et d'ainsi la faire participer Ă sa transformation.
La rĂ©alisation du projet transformerait un tabou social en une attraction et un monument qui reprĂ©sente un manifeste, un manifeste qui est le rĂ©sultat dâune interaction entre lâhomme, la nature et la technologie.
par Olmo Galletti et Alexandra Runcan

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En cette pĂ©riode oĂč la frontiĂšre est brandie comme vecteur dâidentitĂ©, oĂč la libre circulation est remises en question, oĂč des murs sâĂ©rigent, oĂč les sĂ©parations sociales et raciales augmentent, nous connaissons une pandĂ©mie qui nâa que faire de ces frontiĂšres et qui nous montre Ă quelle point elles ne sont que des tracĂ©s.
Le studio de PFE de lâautre cĂŽtĂ© propose de dĂ©velopper une rĂ©flexion prospective sur les territoires frontaliers qui condensent en eux la rĂ©alitĂ© complexe du monde contemporain. La zone d'exploration se concentre sur  le triangle transfrontalier entre Mulhouse (F), Fribourg (A) et BĂąle (S) riche de ses diffĂ©rences et de ses partages. Il constitue une mĂȘme unitĂ© gĂ©ographique, le fossĂ© rhĂ©nan situĂ© entre les Vosges, la ForĂȘt-Noire, et les contreforts du Jura, au contact du Rhin et des grandes forĂȘts de plaine.
Nous avons choisi de nous concentrer sur la commune de Fessenheim, en Alsace, et de travailler sur sa centrale nucléaire qui a définitivement éteint son deuxiÚme réacteur durant l'été 2020.
Ce projet questionne le dĂ©mantĂšlement de la centrale nuclĂ©aire EDF de Fessenheim prĂ©sentĂ© par EDF, qui se veut ĂȘtre le modĂšle Ă reproduire sur notre territoire national et Ă vendre Ă l'international. Nous souhaitons susciter le dĂ©bat et donner un point de vue critique dâarchitecte sur les enjeux immĂ©diats et futurs ainsi que locaux et territoriaux, qui gravitent autour de ce dĂ©mantĂšlement sans donner de rĂ©ponse absolue. Nous ne sommes ni des spĂ©cialistes du nuclĂ©aire, ni du dĂ©mantĂšlement mais des citoyens, architectes de formation, qui se posent des questions sur ces enjeux et tentent dây rĂ©pondre diffĂ©remment.
Ă lâaube dâune explosion probable au cours du siĂšcle du nombre de friches nuclĂ©aires, le site de Fessenheim offre une opportunitĂ© originale dâexpĂ©rimentation et de reconversion au cĆur de lâĂ©laboration dâun vĂ©ritable projet de territoire.
RĂ©gion du Rhin SupĂ©rieure, le territoire proche de la centrale nuclĂ©aire de Fessenheim a connu des vastes transformations anthropiques Ă plusieurs reprises, la premiĂšre lors de la canalisation du Rhin en 1860, la deuxiĂšme lors de la construction du Grand Canal d'Alsace en 1929 et la troisiĂšme lors de la construction de la centrale nuclĂ©aire en 1977. Aujourd'hui ce territoire vit autour de la production d'Ă©nergie mais il est sur le point dâentamer une nouvelle transformation.
LâidentitĂ© «La frontiĂšre se dĂ©finit par ce qui dĂ©limite le pĂ©rimĂštre de lâexercice de la souverainetĂ© dâun Etat, selon un tracĂ© agréé ou imposĂ© Ă lâissue de conflits, de traitĂ©s, de nĂ©gociations et de dĂ©cisions» selon Michel Foucher dans Le retour des frontiĂšres. La frontiĂšre dĂ©finit une identitĂ© qui se construit par rapport Ă une autre, ce qui fait que les espaces se trouvant aux frontiĂšres ont des identitĂ©s ambiguĂ«s. AmbiguĂ«s  de par leur proximitĂ© avec lâidentitĂ© voisine qui vient se mĂ©langer avec la leur qui est Ă©tablie. Le philosophe Ătienne Balibar souligne combien ces lieux constituent Ă la fois le «point de fixation institutionnelle des identitĂ©s politiques, et le point oĂč ces mĂȘmes identitĂ©s redeviennent incertaines».
Si lâon sâintĂ©resse Ă lâĂ©tymologie du mot frontiĂšre, en français et dans les langues latines, elle vient de la notion de face-Ă -face violent (lâaffrontement). En anglais au contraire, câest au champ sĂ©mantique du lien que la «boundary» fait appel (to bind, relier). Si lâon pense au terme allemand de «grenze», on ouvre encore un autre pan de lâimaginaire frontalier, le mot dĂ©rivant dâun terme polonais proche signifiant la borne, câest Ă dire un ancrage matĂ©riel ponctuel pour soutenir une ligne qui nâexiste que comme construction mentale. Cette Ă©tymologie est intĂ©ressante dans le sens oĂč elle dĂ©finit la frontiĂšre comme une ligne immatĂ©rielle constituĂ©e dâune suite de points matĂ©riels. En 1842 dans Le Rhin de Victor Hugo les bornes qui ponctuent le Rhin sont les cathĂ©drales et les forteresses. Depuis la crĂ©ation du canal dâAlsace en 1959, ces bornes romantiques ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par les usines et les Ă©cluses qui ponctuent les eaux. Parmi ces nouvelles bornes, la centrale nuclĂ©aire de Fessenheim se dĂ©marque par la rĂ©volution technologique quâelle incarne, par son imposante dimension et par les conflits quâelle a gĂ©nĂ©rĂ©s depuis le dĂ©but de sa construction en 1970 jusquâĂ sa fermeture et lâarrĂȘt de son deuxiĂšme rĂ©acteur en 2020.
La crĂ©ation de cette centrale a Ă©tĂ© Ă l'origine, dans les annĂ©es 70, dâun cĂŽtĂ© d'une union Ă©nergĂ©tique entre la France, lâAllemagne et la Suisse, puisque la centrale fut originellement financĂ©e par les trois pays, une premiĂšre depuis la fin de la 2nde Guerre-Mondiale et, de lâautre, une alliance entre les opposants au nuclĂ©aire de ces trois pays, lĂ aussi une premiĂšre pour une population frontaliĂšre encore marquĂ©e par la 2nde Guerre-Mondiale. Cette contestation a donnĂ© naissance aux premiers mouvements Ă©cologistes encore existant aujourdâhui dans ces pays.
La commune de Fessenheim peut ĂȘtre perçue comme pays enclavĂ©, une citĂ© Ătat. Elle est indĂ©pendante Ă©conomiquement et Ă©nergĂ©tiquement. Elle est enviĂ©e pour sa richesse et crainte pour sa dangerositĂ©. La centrale nuclĂ©aire est Ă©rigĂ©e tel le  temple du Dieu Atome, comme cathĂ©drale de Victor Hugo le long du Rhin, avec son enceinte infranchissable et sacrĂ©e. Comme le dĂ©crit RĂ©gis Debray dans lâĂloge des frontiĂšres : «SacrĂ©, en français, vient du latin sancire: dĂ©limiter, entourer, interdire. Sanctuaire Ă©galement. Le latin templum (lâespace circonscrit dans les airs par le bĂąton de lâaugure) renvoie au grec temnein; qui veut dire dĂ©couper. Ce qui se tient devant lâenceinte rĂ©servĂ©e au culte est pro-fanum, le profane - stigmate spatial, qui en annonçait dâautres. Câest par la frontiĂšre, on le voit, que la politique rejoint le religieux, et lâactuel, lâimmĂ©morial.»
La commune de Fessenheim a connu deux traumatismes majeurs, lâouverture et la fermeture de la CNPE. Le premier traumatisme vient totalement renverser les dynamiques de la commune sur les plans Ă©conomique, dĂ©mographique et sociologique. DâaprĂšs les travaux de Teva Meyer sur les dynamiques territoriales de la centrale de Fessenheim,  le taux de croissance dĂ©mographique annuel entre les recensements de 1962 et 1968 est lourdement nĂ©gatif (-5%) Ă Fessenheim et proche de zĂ©ro dans les villages alentour. Le taux de croissance dĂ©mographique annuel moyen calculĂ© entre le dĂ©but de la construction de la centrale et sa mise en service est de plus de 10%, soit un des plus hauts taux du dĂ©partement. Entre les recensements de 1968 et 1982, Fessenheim passe de 896 Ă 2002 habitants et passe Ă 2500 habitants en 2020. La population non diplĂŽmĂ©e chute elle aussi drastiquement Ă la mĂȘme pĂ©riode et de maniĂšre prĂ©coce par rapport aux communes alentour. La population composĂ©e en quasi totalitĂ© dâagriculteurs et dâouvriers devient majoritairement composĂ©e de cadres et de professions intellectuelles supĂ©rieures.
La centrale employait 850 personnes en 2017, 750 en 2020 et prĂ©voit d'employer 60 personnes en 2023. A ceux-ci s'ajoutent 2200 emplois directs et 5000 emplois induits. Le central est vraiment le cĆur nĂ©vralgique de ce territoire. Une partie de ces employĂ©s sont dĂ©jĂ relocalisĂ©s dans un autre Ă©quipement EDF, une autre partie se voit accorder une retraite anticipĂ©e. Certains employĂ©s sont dĂ©concertĂ©s Ă l'idĂ©e de dĂ©raciner leur famille et optent pour une formation afin de changer de profession et rester dans la rĂ©gion.
La centrale nuclĂ©aire n'est pas le premier investissement d'EDF dans ce territoire. En 1956 EDF met en service la centrale hydroĂ©lectrique de Fessenheim sur le Grand Canal d'Alsace Ă 2km au Nord de lâactuel CNPE. De plus, EDF acquiert de nombreux terrains dans la commune et tout le dĂ©partement pour y construire son parc immobilier afin d'y loger les employĂ©s de ses centrales. Les employĂ©s ne payant pas lâĂ©lectricitĂ© et le parc immobilier vieillissant, ces logements ont de gros problĂšme d'isolation car elles n'ont jamais Ă©tĂ© remises aux normes.
La prĂ©sence de lâindustrie nuclĂ©aire influence de trois maniĂšres les revenus fiscaux des collectivitĂ©s territoriales : les taxes propres Ă cette industrie, les taxes propres Ă dâautres Ă©quipements nĂ©cessaires Ă cette industrie et lâensemble de taxes au mĂȘme titre que toutes autres usines. La commune de Fessenheim capte un peu moins de la moitiĂ© des retombĂ©es fiscales imputables Ă la prĂ©sence de la centrale nuclĂ©aire. PrĂšs de 6,6 millions dâeuros par an abondent au budget de la municipalitĂ©, faisant dâelle la commune disposant de recettes budgĂ©taires, par habitant, parmi les plus Ă©levĂ©es, si ce nâest les plus Ă©levĂ©es du dĂ©partement.
Ce budget abondant a permis Ă Fessenheim de se doter dâĂ©quipements et de services tels quâun complexe sportif et scolaire allant de la maternelle jusquâau collĂšge, ce qui nâest pas commun pour une commune de cette dimension. Elle a aussi des mĂ©decins qui se font rares en campagne et un hypermarchĂ© dont les clients viennent des communes voisines et aussi dâAllemagne. EDF est le premier sponsor des clubs et associations locales, permettant Ă ceux-ci de se dĂ©velopper et de se pĂ©renniser. Autant dâatouts attrayants mettant Fessenheim au cĆur de son territoire et des attentions.
Des attentions aussi nĂ©gatives puisque pour certaines communes alentour la centrale reprĂ©sente un danger, dâautant plus si elles ne bĂ©nĂ©ficient pas des apports de celle-ci. Le pĂ©rimĂštre du PPI a Ă©tĂ© Ă©tendu en 2018 suite Ă lâaccident de Fukushima en 2014, en passant dâun rayon de 10km autour de la centrale  à 20km. Ce rayon intĂšgre 54 communes et 137 883 habitants auxquels sont distribuĂ©s prĂ©ventivement de maniĂšre rĂ©guliĂšre  des iodes stables en cas dâaccident. Un nouveau rayon de 5km dâĂ©vacuation immĂ©diate a aussi Ă©tĂ© instaurĂ© en 2018. Ces mesures de sĂ©curitĂ© doivent bien entendu ĂȘtre prises en accord avec lâAllemagne et la Suisse.
Pourtant les habitants de Fessenheim ne semblent pas ĂȘtre prĂ©occupĂ©s par les risques potentiels de la centrale. Une majoritĂ© dâentre eux croient aveuglĂ©ment en la machine, une autre prĂ©fĂšre avoir confiance que dâavoir peur. Certains la surnomme leur «cube de sucre», dâautres ont cette image de «façade blanche avec une cheminĂ©e» gravĂ©e dans la mĂ©moire depuis leur plus jeune Ăąge.  En effet la centrale est un Ă©lĂ©ment visuel marquant du paysage du fait du faible relief de la vallĂ©e du Rhin supĂ©rieure. Du cĂŽtĂ© français du Rhin, la salle des machines et les bĂątiments rĂ©acteurs sont vraiment visibles Ă des kilomĂštres Ă la ronde alors que du cĂŽtĂ© allemand du Rhin, le canal et la forĂȘt la dissimulent dâavantage. Mais lorsque lâon prend un peu de hauteur sur les pans des Vosges ou de la ForĂȘt Noire, elle redevient un repĂšre.
Ayant toujours vĂ©cu avec celle-ci pour certains, y travaillant pour dâautres, il leur est difficile dâaller Ă lâencontre de leur source de vie. Le peu dâhabitants de la commune Ă©tant contre la centrale nuclĂ©aire oĂč du moins remettant en cause la sĂ»retĂ© absolue de celle-ci ne sont pas forcĂ©ment bien vus par le reste de la population.
Une forme de dĂ©pendance sâest instaurĂ©e pour la municipalitĂ© et les habitants et la perspective dâune fermeture a Ă©tĂ© mal reçue. C'est au tour des employĂ©s, des habitants et des Ă©lus de protester contre la fermeture. Cette fermeture signifie aussi un dĂ©part de lâĂtat, personnifiĂ© par EDF, qui signifierait une disparition de la sĂ©curitĂ© et de l'ordre ainsi qu'un retour Ă lâanonymat, une disparition de la carte du territoire national. La centrale est vieille, les piĂšces Ă changer sont coĂ»teuses et parfois elles ne sont plus produites, les gĂ©nĂ©rateurs sont mis Ă lâarrĂȘt durant de longues pĂ©riodes en attendant les rĂ©parations. EDF dĂ©pense plus pour la maintenir que ce qu'elle lui rapporte.
Paradoxalement la commune de Fessenheim est mal connectée au territoire. On ne peut y accéder que par la route. Les gares les plus proches se trouvent à 12km au Nord à Neuf-Brisach et à 12km au Sud à Bantzenheim. Ce manque de connexion avec le reste de la région a été l'un des critÚres pour l'installation de la centrale mais participe aussi à sa dépendance à celle-ci.
La sĂ©curitĂ© est un argument qui revient souvent. En effet la centrale se trouve sur une zone sismique. Un tremblement de terre majeur pourrait dĂ©truire digues et barrages en amont du canal et du Rhin et le site nuclĂ©aire pourrait ĂȘtre inondĂ© car il se situe entre 8 et 10m sous le niveau du canal et la catastrophe de Fukushima pourrait se reproduire. A cela s'ajoute le fait que son radier n'est que de 2m d'Ă©paisseur alors que celui de Fukushima Ă©tait de 8m d'Ă©paisseur et de plus elle ne se situe qu'Ă 3m au-dessus de la plus grande nappe phrĂ©atique d'Europe. Un accident serait dramatique pour le territoire proche mais aussi pour toute l'Europe. Les atomes ne connaissent aucune frontiĂšre, rien nâempĂȘcha les nuages de Tchernobyl de franchir les Alpes contrairement Ă ce qui Ă©tait avancĂ© Ă l'Ă©poque. En 2014 une soixantaine de militants de Greenpeace se sont introduits dans lâenceinte de la centrale nuclĂ©aire pour dĂ©noncer le vieillissement du parc nuclĂ©aire français. Cette action a aussi dĂ©montrĂ© la facilitĂ© d'accĂšs au site pour des actions qui pourraient ĂȘtre malveillantes.
AprĂšs tant de dĂ©bats, de protestations, de contestations et aprĂšs que la fermeture a Ă©tĂ© officiellement actĂ©e, les habitants de la ville semblent vouloir se dĂ©barrasser de cet hĂ©ritage et passer Ă autre chose. Cela montre bien comment lâĂtat a failli Ă prĂ©parer une transition mais a créé une rupture menant la population Ă rejeter sa propre identitĂ©.
La machine AprÚs 43 ans de fonctionnement, la centrale a donc fermé ses deux réacteurs en 2020. EDF a pour projet de démanteler la centrale en 20 ans, d'enterrer ses fondations et d'effacer toutes traces de celle-ci pour revenir à l'herbe. Comme c'est la premiÚre centrale de sa génération, si ce démantÚlement est réussi, EDF compte bien en commercialiser le processus.
Pourtant ce nâest pas la premiĂšre fois quâEDF veut dĂ©manteler une centrale nuclĂ©aire. En 1995 dĂ©bute le chantier de dĂ©mantĂšlement de la centrale nuclĂ©aire de Brennilis qui est Ă lâĂ©poque la premiĂšre tentative de dĂ©mantĂšlement totale et qui se veut ĂȘtre une vitrine pour EDF. Aujourdâhui, 26 ans plus tard, ce chantier nâest toujours pas terminĂ© Ă cause dâincidents de parcours et dâarrĂȘts du chantier. Le chantier ne devrait sâachever quâen 2032, selon EDF, et pourrait coĂ»ter jusquâĂ 482 millions dâeuros â un montant vingt fois supĂ©rieur Ă lâĂ©valuation de 1985.
EDF compte cette fois-ci rĂ©ussir son coups et faire de Fessenheim un modĂšle pour le reste de son parc vieillissant mais aussi pouvant ĂȘtre vendu Ă lâĂ©tranger . Pourtant mĂȘme si la dĂ©cision dĂ©finitive de la fermeture de la CNPE de Fessenheim date de 2018, le plan proposĂ© pour lâinstant par EDF semble trĂšs flou. Le dĂ©mantĂšlement dâune centrale reste pour le moment vague car il nâa pas Ă©tĂ© pensĂ© lors de la crĂ©ation des centrales. Nous avons créé une technologie sans penser Ă la fin de vie de celle-ci et sans penser aux dĂ©chets que celle-ci engendre. Cette technologie a Ă©tĂ© créée suite Ă la demande massive et imminente en Ă©nergie, pour produire facilement une quantitĂ© dâĂ©nergie abondante. "En France, on n'a pas de pĂ©trole, mais on a des idĂ©es", dans les annĂ©es 70 la France dĂ©cide de se lancer Ă bras ouvert dans le nuclĂ©aire de par le manque de ressources fossiles exploitable sur le territoire. Aujourdâhui la France est la deuxiĂšme puissance nuclĂ©aire mondiale derriĂšre les Etats-Unis mais le premier pays nuclĂ©arisĂ© par nombre dâhabitant. EDF est le seul propriĂ©taire des 18 sites nuclĂ©aires contenant 56 rĂ©acteurs en activitĂ©. Le parc nuclĂ©aire français fournit aujourdâhui plus de 70% de la production Ă©lectrique. Mais les centrales vieillissent. Ainsi, 52 des 56 rĂ©acteurs en service ont Ă©tĂ© construits dans les annĂ©es 1970-1980. Pour maintenir en 2035 la production Ă©lectrique de la France Ă son niveau et Ă son coĂ»t actuel, EDF prĂ©voit, a minima, la construction de trois paires de deux rĂ©acteurs de type EPR. Ainsi nous continuons Ă construire des rĂ©acteurs sans savoir comment les dĂ©construire La technologie nuclĂ©aire, comme le dit le sociologue allemand Ulrich Beck, est un «avion en vol sans piste dâatterrissage».
La centrale nuclĂ©aire de Fessenheim appelĂ©e aussi lâINB n°75 est constituĂ©e de deux tranches nuclĂ©aires identiques, de type rĂ©acteur Ă eau pressurisĂ©e (REP), dâune puissance unitaire de lâordre de 900 MW Ă©lectrique, mises en service industriel les 30 dĂ©cembre 1977 et 18 mars 1978. Les deux tranches sont refroidies en circuit ouvert par lâeau du Grand Canal dâAlsace. Elle a produit plus de 440 milliards de kilowattheures d'Ă©lectricitĂ© de 1977 Ă 2019. L'Ă©nergie produite est Ă©vacuĂ©e vers le rĂ©seau gĂ©nĂ©ral par un poste Ă©lectrique haute tension situĂ© Ă l'ouest du site. Le site, qui sâĂ©tend sur une superficie dâenviron 73 hectares, comporte quelques bĂątiments Ă caractĂšre nuclĂ©aire et divers bĂątiments non nuclĂ©aires, dits « conventionnels ». Les bĂątiments nuclĂ©aires sont composĂ©s des deux bĂątiments rĂ©acteurs (BR), de leur bĂątiment combustible (BK) et de bĂątiments auxiliaires faisant le lien avec le reste du site (BAN). Les bĂątiments conventionnels sont composĂ©s de la salle des machines (SDM) qui est le bĂątiment le plus grand du site et oĂč la vapeur est transformĂ©e en Ă©nergie. Puis, il y a divers bĂątiments industriels et tertiaires tel que : station de pompage, bĂątiments dâentreposage des gĂ©nĂ©rateurs de vapeur usĂ©s, alimentation en eau de secours, plates-formes d'Ă©vacuation de l'Ă©nergie Ă©lectrique, bĂątiment d'entretien de site, magasin gĂ©nĂ©ral, cantine, infirmerie etc. Les dĂ©cisions sur la fermeture et le dĂ©mantĂšlement du site de Fessenheim semblent avoir Ă©tĂ© prises en rĂ©action Ă des pressions qu'elles soient politiques, sociales ou Ă©conomiques et rĂ©pondent ainsi Ă des enjeux Ă court terme. Pourtant, un projet et une rĂ©flexion Ă long terme seraient plus adĂ©quats et auraient dĂ» commencer il y a dĂ©jĂ plusieurs annĂ©es pour apporter une transition homogĂšne et efficace. Cette erreur semble s'ĂȘtre dĂ©jĂ produite lors de la construction de ce site et nous en avons vu les consĂ©quences. MĂȘme d'un point de vue architectural, cette centrale a Ă©tĂ© construite par des thermiciens et c'est suite Ă cette rĂ©alisation qu'EDF engagea l'architecte Claude Parent et son colloque dâarchitectes afin de mieux dessiner les centrales suivantes et de crĂ©er un langage propre Ă celles-ci. Une nouvelle fois, EDF confie cette tĂąche uniquement Ă des ingĂ©nieurs et scientifiques, il serait peut-ĂȘtre avisĂ© de faire participer des architectes au dĂ©bat.
Avant le dĂ©mantĂšlement proprement dit, des opĂ©rations de mise Ă l'arrĂȘt des procĂ©dĂ©s et de mise en ordre de l'installation seront menĂ©es durant 5 ans, le plus important Ă©tant d'attendre le refroidissement des rĂ©acteurs et l'Ă©vacuation des combustibles afin d'Ă©vacuer 99,9 % de la  radioactivitĂ©. Puis, le vrai chantier commence et se divise en plusieurs Ă©tapes qui, sur l'ensemble du site, peuvent se chevaucher. La durĂ©e totale prĂ©vue pour le chantier du dĂ©mantĂšlement est de l'ordre de 15 ans, de lâentrĂ©e en vigueur du dĂ©cret de dĂ©mantĂšlement Ă la fin des travaux. LâĂ©tat final visĂ© Ă lâissue du dĂ©mantĂšlement est un site non nuclĂ©aire, dans lequel tous les bĂątiments sont dĂ©molis jusquâĂ une profondeur d'un mĂštre au-dessous du niveau du sol, le tout recouvert de terre et de gravas pour un retour Ă l'herbe. Au vu des autres tentatives de dĂ©mantĂšlement en France ou dans le monde, EDF semble trĂšs optimiste que ce soit sur la durĂ©e et le budget de ce chantier. Pour une tranche de 900/1000 MW comme celle de Fessenheim, l'Allemagne a chiffrĂ© 1/1.2 milliards d'euros alors qu'EDF ne prĂ©voit que 350/400 millions d'euros.
EDF a prĂ©vu un planning de chantier de dĂ©mantĂšlement en 4 phases majeures. La premiĂšre phase est le dĂ©mantĂšlement Ă©lectromĂ©canique. Elle consistera Ă dĂ©poser et dĂ©couper tous les Ă©quipements et machines se trouvant dans les bĂątiments nuclĂ©aires ainsi que dans la salle des machines. La salle des machines sera notamment utilisĂ©e pour dĂ©sassembler les machineries et systĂšmes de production d'Ă©nergie. Cette Ă©tape est censĂ©e durer 10 ans. La deuxiĂšme phase est lâassainissement des structures. Elle consistera Ă Ă©liminer la contamination restante dans les bĂątiments nuclĂ©aires. Il est nĂ©cessaire qu'il n'y ait plus aucune radioactivitĂ© sur place. Cette Ă©tape est censĂ©e durer 10 ans. La troisiĂšme phase est la dĂ©molition des bĂątiments. Comme son nom l'indique cette Ă©tape consistera Ă dĂ©molir les bĂątiments du site. Cette Ă©tape se chevauche avec les autres puisque les bĂątiments conventionnels pourront ĂȘtre dĂ©truits dĂšs qu'ils n'auront plus d'utilitĂ©. Les bĂątiments nuclĂ©aires ne seront dĂ©molis que lorsqu'ils seront totalement assainis. Cette Ă©tape est censĂ©e durer 6 ans. Mais cette Ă©tape interroge sur la nĂ©cessitĂ© de dĂ©molir tous les bĂątiments mĂȘme ceux conventionnels qui n'auront jamais Ă©tĂ© en contact avec de la radioactivitĂ©. Si le site compte un jour ĂȘtre rĂ©habilitĂ©, peut-ĂȘtre que ces bĂątiments pourront trouver une nouvelle utilitĂ© sans avoir besoin d'en construire d'autres. La derniĂšre phase est la rĂ©habilitation du site. Cette rĂ©habilitation consiste principalement Ă s'assurer de la bonne condition des sols et au rebouchage des trous laissĂ©s par la dĂ©molition des bĂątiments et un retour Ă l'herbe. Cette Ă©tape est censĂ©e durer 3 ans. Ce retour Ă l'herbe questionne sur la trace et l'hĂ©ritage que nous voulons laisser du nuclĂ©aire dans l'histoire.
Une raison majeure de l'anxiĂ©tĂ© autour du nuclĂ©aire est le secret qui gravite autour de cette technologie. Claude Parent avait imaginĂ© que les centrales pouvaient ĂȘtre visitĂ©es librement par la population pourtant trĂšs rapidement elles sont devenues des bunkers, des places fortes avec des grilles, des barbelĂ©s, des camĂ©ras de surveillances, des postes de contrĂŽles aux entrĂ©es, des gendarmes spĂ©cifiquement affectĂ©s Ă la sĂ»retĂ© du lieu. Sur les images satellites tout public, les sites sont floutĂ©s tels des bases militaires. Il est interdit sous peine d'amende de survoler la centrale. Tous ces efforts pour sĂ©curiser cette technologie contre de possible personnes malintentionnĂ©es et rassurer la population, n'a engendrĂ© que l'inverse et la peur de l'inconnu a grandi.
L'ouverture du site au public lors du dĂ©mantĂšlement permettrait de possiblement rassurer la population et de faire tomber des frontiĂšres mentales qui se sont construites autour du secret du nuclĂ©aire. Ce dĂ©mantĂšlement demeure "nĂ©buleux" pour de nombreux spĂ©cialistes, donc il l'est encore plus pour une population non-initiĂ©e. Il semble ĂȘtre une parenthĂšse oĂč le temps sâarrĂȘte, sans connaĂźtre ce qu'il se passera aprĂšs. D'autant plus que pour le moment il n'y a pas de projet de reprise du site. La rĂ©habilitation du site pourrait dĂ©buter plus tĂŽt durant le dĂ©mantĂšlement et ne pas attendre la fin de celui-ci dans 20 ou 50 ans lorsque la commune de Fessenheim aura Ă©tĂ© oubliĂ©e.
Pourtant de nombreux projets s'esquissent pour venir compenser les pertes fiscales entraßnées par la région Grand-Est en partenariat avec la communauté de commune et l'Allemagne. Des projets de ZAC et de parcs énergétiques, projets génériques, venant répondre à des enjeux économiques immédiats sans forcément répondre aux enjeux sociaux et paysagers. Ces projets sont éparpillés et ne dialoguent pas entre eux et avec le démantÚlement. Il manque un projet global, de vases communiquant entre les différents projets et une vision à long terme du territoire et  de son évolution.
La trace Si lâon en croit Victor Hugo dans Notre Dame de Paris, lâarchitecture fut longtemps comme le livre de lâhumanitĂ©, la pierre disant le sens comme plus tard ce seront les livres imprimĂ©s qui diffuseront la parole et la pensĂ©e. On pouvait «lire la pierre». Dans cette perspective l'on peut se questionner sur ce qu'on laissera comme lectures aux gĂ©nĂ©rations futures. Dans ce territoire, l'Homme a dĂ©jĂ laissĂ© des traces immuables en canalisant dans un premier temps le Rhin, puis en crĂ©ant le Grand Canal d'Alsace. Toute cette nature se dĂ©ployant autour de ces deux axes aquatiques est artificielle. Le site de la centrale nuclĂ©aire est entourĂ© d'une Ă©paisse forĂȘt crĂ©ant une barriĂšre dite naturelle mais qui ne l'est pas. Paradoxalement cette mise Ă distance et le peu d'activitĂ© autour de la centrale ont permis Ă des espĂšces rares animales et vĂ©gĂ©tales de se dĂ©velopper et de prospĂ©rer. Cette tranquillitĂ© devrait ĂȘtre conservĂ©e.
Pour les sites nucléaires EDF semble déjà avoir tranché pour ne rien leur laisser du tout. Pourtant la technologie nucléaire se fonde sur le fait de laisser les générations futures trouver une solution pour réutiliser, requalifier ou recycler totalement tous les déchets nucléaires que nous sommes en train d'accumuler depuis plus de 5O ans. Pour l'instant, les déchets nucléaires sont la seule trace de cette technologie que nous allons laisser dont certains d'entre eux pour plusieurs centaines de milliers d'années.
Le démantÚlement de Fessenheim générera, selon EDF, 380 000 tonnes de déchets, dont 94 % de déchets conventionnels, qui seront recyclés ou utilisés comme remblais, 3% de TFA, qui seront stockés au CIRES, 2% de FMA-VC, qui seront stockés au CSA et 0,1% de MA-VL qui seront stockés au Cigéo.
La ruine, câest ce qui tombe (ruere, tomber, sâĂ©crouler). Mais câest aussi ce qui reste : lent processus de chute et rĂ©sultat de cette destruction, la ruine demeure: lambeau dâun autre temps, pierres dâun autre Ăąge, percĂ©e dâune autre Ă©poque dans le prĂ©sent nostalgique. Nous pourrions laisser un autre type de trace afin de montrer ce moment d'histoire oĂč l'Homme tenta de sâaffranchir de l'Ă©nergie. Pour cela il faudrait laisser en place des ruines des sites nuclĂ©aires qui permettraient dans un premier temps de patrimonialiser l'hĂ©ritage du nuclĂ©aire et  par l'architecture de celui-ci montrer nos accomplissements.
Albert Speer, architecte controversĂ© pour sa loyautĂ© envers Hitler, crĂ©a la notion de "valeur de ruine" pour les bĂątiments qu'Hitler lui commanda car ceux-ci devaient ĂȘtre conçus pour finir par tomber en ruines esthĂ©tiquement agrĂ©ables, dĂ©montrant aux futures gĂ©nĂ©rations la puissance du 3Ăšme Reich. Ici, bien Ă©videmment, ce n'est pas la puissance en tant que telle qu'il faut montrer mais la recherche de celle-ci.
Diderot Ă©nonce la poĂ©tique de la ruine dans Salon de 1767: «L'effet de ces compositions, bonnes ou mauvaises, c'est de vous laisser dans une douce mĂ©lancolie. Nous attachons nos regards sur les dĂ©bris d'un arc de triomphe, d'un portique, d'une pyramide, d'un temple, d'un palais, et nous revenons sur nous-mĂȘmes. Nous anticipons sur les ravages du temps, et notre imagination disperse sur la terre les Ă©difices mĂȘmes que nous habitons. A l'instant, la solitude et le silence rĂšgnent autour de nous. Nous restons seuls de toute une gĂ©nĂ©ration qui n'est plus ; et voilĂ la premiĂšre ligne de la poĂ©tique des ruines.». Comme le remarque Roland Mortier, «La mĂ©ditation de Diderot se veut ici plus prospective que rĂ©trospective.». La ruine fait moins rĂȘver sur ce qui fut que sur ce qui sera ou plus exactement sur ce qui ne sera plus.
Ainsi laisser un trace par la ruine permettrait aussi aux gĂ©nĂ©rations futures de se questionner sur leurs existences, de remettre en question leur propres accomplissements et prĂ©parer les transitions vers un futur dĂ©clin, ce qui nous a profondĂ©ment manquĂ©, au mĂȘme titre que lâarchĂ©ologie est ce qui nous a permis d'interroger les ruines et de comprendre comment nous en sommes arrivĂ©s Ă ce que nous sommes aujourd'hui.
Vers le projet La CNPE de Fessenheim s'est imposée comme le symbole de la commune de Fessenheim malgré elle. Perdre ce symbole revient à perdre une partie de son identité, "C'est comme si on retirait le clocher du village." Un retour à l'herbe viendrait effacer totalement l'histoire, l'identité d'une commune et un héritage technologique. Quelle que soit notre opinion sur le nucléaire, on ne peut se résoudre à effacer cette partie de notre histoire. La patrimonialisation de ce site s'avÚre indispensable, sans pour autant rester dans le passé mais plutÎt se tourner vers le futur de la commune.
Construit sur la racine «mantel» signifiant le manteau, le dĂ©mantĂšlement Ă©voque lâaction dâĂŽter le manteau, de se dĂ©vĂȘtir. Si ce terme se dĂ©finit comme lâacte de dĂ©construction dâune structure, il pourrait aussi ĂȘtre perçu comme un moyen de rĂ©vĂ©lation de cette structure. En effet, en retirant de la matiĂšre, le dĂ©mantĂšlement permettrait de mettre en lumiĂšre des parties autrefois invisibles du bĂątiment. La rĂ©habilitation du site et un projet territorial pourraient s'imbriquer dans la temporalitĂ© du dĂ©mantĂšlement sans attendre la fin de celui-ci pour rĂ©pondre aux enjeux de maniĂšre chronologique selon la temporalitĂ© qu'ils nĂ©cessitent. Un projet qui viendrait accompagner l'attente des travaux qui pourrait s'Ă©terniser.
Penser la réhabilitation du site ne veut pas dire repartir de zéro mais venir se greffer sur un existant conservé, créer une nouvelle peau qui viendrait filtrer les nouveaux usages du site.
Penser comment connecter ce site au territoire permettrait de rĂ©soudre des enjeux Ă©conomiques et sociaux immĂ©diats ainsi que de crĂ©er la possibilitĂ© d'amener la population Ă traverser ces murs en sĂ©curitĂ© afin de comprendre ce qui se passe rĂ©ellement Ă lâintĂ©rieur de cette forteresses et d'ainsi la faire participer Ă sa transformation.
La rĂ©alisation du projet transformerait un tabou social en une attraction et un monument qui reprĂ©sente un manifeste, un manifeste qui est le rĂ©sultat dâune interaction entre lâhomme, la nature et la technologie.
par Olmo Galletti et Alexandra Runcan
LĂ oĂč la machine s'est arrĂȘtĂ©e âŠÂ
Contre projet au démantÚlement de la centrale nucléaire de Fessenheim. Réflexions territoriales, architecturales et sociales sur sa possible réhabilitation.
par Olmo Galletti et Alexandra Runcan
La centrale nuclĂ©aire de Fessenheim mise Ă la retraite aprĂšs 43 ans de serviceâ!