Saint Vitus - Lillie: F-65
Théoriquement je serais censé commencer cet article par une formule bateau du style « Le grand retour après 17 ans d’attente » ou un truc dans le genre mais je m’en garderai bien pour cette fois-ci...Non pas que toute cette période de silence radio n’ait pas eu lieu –bien au contraire-, mais c’est l’adjectif « grand » qui fait défaut semble-t-il. C’est vrai que 7 titres peuvent faire un peu « cheap », sachant que Saint Vitus fait parti de la première génération des groupes Doom, n’ayant donc pas des morceaux d’une longueur démesurée comme cela peut parfois être le cas.
Abstraction faite de cet aspect quelque peu dérangeant, il reste tout de même la musique. Et là, il y a de quoi être plutôt satisfait. Notez que le batteur original Armando Acosta n’a pas rempilé pour ce nouvel album et cède sa place à Henri Vasquez, tandis que le chanteur de la « deuxième époque » Robert Scott « Wino » Weinrich fait son retour au sein du combo de Los Angeles, en parallèle de son autre groupe bien connu The Obsessed.
Pas d’intro ni je ne sais quelles fioritures sur Lillie: F-65, on entre tout de suite dans le vif du sujet sur le titre « Let Them Fall », où l’on retrouve immédiatement ce son si typique, un couple guitare-basse gorgé de fuzz dans une veine très Black Sabbath. Vasquez démarre cette expérience studio avec brio, restant fidèle à l’esprit du groupe, quant à Wino, sa voix à la fois mélancolique et détachée parle d’elle-même. « The Bleeding Ground » a lui aussi ce côté vintage qui rappelle clairement les grandes années, avec un refrain sale répondant à des couplets épurés jusqu’à ce que –ô merveille- la mesure s’emballe sur une rythmique Punk si caractéristique de cette formation (rappelons que Black Flag est leur autre grande influence). On apprécie d’autant plus cette accélération lorsque l’on découvre qu’il n’y en aura pas d’autre du reste de cet opus. Dommage...
« Vertigo » n’est pas anodin malgré son aspect interlude, de par sa longueur ainsi que son absence de chant : il maintient la pression, comme le montre l’omniprésence de la basse menaçante derrière le riff de gratte en apparence assez calme, tandis que la grosse caisse martelée en cadence annonce tranquillement le titre suivant, en la personne de « Blessed Night ». Un gros larsen et que je t’envoie du gros son dans la face ! Les fûts sortent un son « pachydermique » sous les coups tranchants de Vasquez, impression renforcée par un thème lorgnant du côté des infrabasses. Couplé à la voix rauque de Wino, on obtient là un morceau de très bonne facture digne des moments d’anthologie de Saint Vitus.
« The Waste of Time » est pesant, et pourtant hyper intense. Les déchirements de guitare vous collent aux murs, arrosés par des crashs en résonance perpétuelle. « Dependence » a de forts accents Drone, laissant tout le loisir à Dave Chandler et Mark Adams de se lâcher sur leurs instruments au cours de ce titre de 7 mn. Dépassant difficilement la demi-heure, cet opus se termine sur « Withdrawal », une conclusion tout à fait expérimentale marquée par des enchaînements d’effets de guitare, dans la continuité du titre précédent.
Sur le contenu, pas grand-chose à dire, « Saint Vitus is Back ! » sans doute possible, même si on regrettera que la grande majorité des titres demeure à un mid-tempo régulier. Deux-trois autres morceaux consistants n’auraient pas été de trop histoire d’être rassasié, Lillie: F-65 frôlant l’EP (il ne faudrait pas que cet opus en pâtisse, surtout lorsque l’on considère la qualité du contenu...). Ce qui est sûr, c’est que ce groupe à encore pas mal de choses à montrer pour les années à venir !
Saint Vitus - The Bleeding Ground
Saint Vitus - Vertigo
Saint Vitus - Blessed Night
Saint Vitus - The Waste of Time
Saint Vitus - Dependence










