Un petit extrait de ma fanfiction dans l'univers de Banana fish d'Akimi Yoshida.
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LA DESERTION D'UN MONTAIGU
LA DESERTION DâUNÂ MONTAIGU
Suite du Podcast âTouchĂ©eâŠĂ©vaporĂ©â Juliette dort pendant quelques heures dâun sommeil sans rĂȘves et, lorsque le rĂ©veil sonne, reste un long moment, hĂ©bĂ©tĂ©e, mortifiĂ©e. Et contemple sa chambre comme une scĂšne de crime, submergĂ©e par la honte. Elle avait trompĂ© Gael⊠Elle avait trahi celui qui dâune certaine maniĂšre lâavait sauvĂ©e dâelle-mĂȘme et de ses dĂ©mons. Maintenant que dire? queâŠ
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saveur caramel
Dans la voiture qui la raccompagne, elle reste silencieuse, absorbĂ©e dans ses pensĂ©es, comme prise dans une lutte sans merci, entre sa raison qui la somme de recouvrer ses esprits, de devenir cette Juliette que Gael aimerait tant quâelle soit et son fichu palpitant qui lui serine une toute autre mĂ©lodie. Elle remercie le ciel dâavoir Ă©loignĂ©, colocs et petit ami pendant trois jours, pour luiâŠ
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INTERMINABLE TANGO
(suite de lâextrait en Podcast: Effluves de combat) A bout de force, de larmes, repus de leurs sauvages Ă©treintes sur la table de la cuisine et sur lit, transformĂ©s pour lâheure en champs de bataille, ils sâendorment, Ă©puisĂ©s. Quand ils Ă©mergent de la ouate brumeuse, lâaurore dâun dimanche gris perle perçant Ă travers les fenĂȘtres nues, les corps se sĂ©parent brutalement, comme piquĂ©s parâŠ
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Pétales écarlates
Extrait âUne anonyme au bout du filâ Juliette NOREL- PĂ©tales Ă©carlates Lorsquâelle pĂ©nĂštre dans lâappartement, elle cherche des yeux Arthur, peu encline Ă rester seule avec ce drĂŽle de type. Lui toujours souriant mais silencieux se glisse dans la salle de bain pour lui ramener une serviette. Arthur sort de la cuisine, lâobserve une seconde et semble lire dans ses prunelles la scĂšne qui vientâŠ
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CANDEUR ET FOURBERIES
Et Juliette (re)dĂ©couvre ce que devrait ĂȘtre lâadolescence, avec sa sĂ©rie de drames presque enfantins, de crises de larmes pour des babioles, mais beaucoup de rires aussi, de petites bĂȘtises sans vraiment de consĂ©quences mais qui donnent toute sa saveur Ă la vie. Les dĂ©mons se sont tus; vaincus ou endormis, masquĂ©s Ă sa vue par lâaura lumineuse qui lâentoure. Elle virevolte, lĂ©gĂšre, apaisĂ©e deâŠ
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Le chemin de fer qui cheminait de la prĂ©fecture dâAomori Ă la presque Ăźle dâOga louvoyait entre les collines et le front de mer. Akako sâĂ©tait assoupie, Takawashi feuilletait ce journal quâil avait achetĂ© Ă la hĂąte dans la gare dâHirosaki. Survolant les articles, il humectait de tant Ă autre son index pour tourner plus aisĂ©ment les feuilles. Fuyomi le nez contre la vitre, observait le paysage qui semblait se dĂ©velopper Ă lâinfini. Le ciel Ă©tait envahi de nuages ronds, le soleil se reflĂ©tait Ă lâhorizon. La journĂ©e Ă©tait avancĂ©e.
           Au loin, un ootaka[i] sâĂ©lança dans le ciel, disparut un instant au-delĂ de sa vue, puis ressurgit Ă nouveau, fendant lâair, avant de sâĂ©vanouir derriĂšre lâune des pentes plus Ă lâest.
           Dans les dĂ©clivitĂ©s la locomotive bringuebalait lorsque la motrice peinait Ă charrier ses wagons, puis, elle reprenait de la vigueur, sâĂ©lançait, crissant sur les rails, avant de ralentir et de reprendre sa souffreteuse allure.
 à Nashiro, on fit un arrĂȘt. Les meccanos remplirent les rĂ©servoirs Ă niveau, lubrifiĂšrent les poches de graisse des tĂȘtes de bielles... Le train expectora une dense fumĂ©e de suie. Akako avait fait de sommaires commissions, Fuyomi, elle, sâĂ©tait amusĂ©e dâun chien qui essayait de se mordre la queue et tournait sur lui-mĂȘme sans y parvenir.
                      VoilĂ des jours quâelle imaginait la mer. CâĂ©tait pour elle un voyage merveilleux. Elle goĂ»tait tout ce quâelle pouvait vivre, se rĂ©galait des couleurs, du vent chaud qui sâengouffrait par les fenĂȘtres du compartiment. Dans sa robe blanche, que lui avait confectionnĂ©e sa mĂšre, elle croisait, dĂ©croisait ses jambes frĂ©nĂ©tiquement, avec impatience. Puis il y eut le train qui lentement ralentit, le cĆur qui se met Ă battre davantage, le ciel qui, lui, reste bleu, le soleil qui semble un ami, et les galets, de beaux galets lisses, que battent vagues, une grĂšve Ă©rodĂ©e luisante dans le reflux.
 Les jeunes pieds de Fuyomi pĂ©nĂštrent lentement dans lâeau. Ă mi-mollet, lâenfant se cambre en arriĂšre sous lâeffet de la fraĂźcheur. Les bras le long du corps, elle avance prĂ©cautionneusement dans la mer, reculant parfois lorsque le ressac la bat. Fuyomi, et bien que lâeau soit glacĂ©e, ne veut sâinterdire la baignade. Les galets roulent lorsque les vagues se brisent sur la plage. Lâenfant restera quelques minutes, puis ressort de lâeau. Elle vivra son content dâaventures entre les rochers, oĂč, assistĂ©e dâune brindille elle bousculera les crabes hors de leurs caches.
            à midi, ils dĂ©jeunent sous la frondaison dâun pin de mer. Repas dĂ©licieux, cuisinĂ© par Akako. Les crabes gris dans le bouillon redeviennent dâun rouge Ă©clatant. Chacun y va de sa technique pour briser la carapace des crustacĂ©s. La mer, ballet lent ; le vent iodĂ© fouette les visages et les cheveux. Un second bain pour la forme et ce sera lâheure de rentrer, les yeux Ă©blouis de lumiĂšre, le cĆur empli de joie. Lâesprit des jours entiers divaguera en songes. Fuyomi se souviendra des pĂ©cheurs, des filets, toiles dâaraignĂ©es fragiles oĂč la blancheur de lâĂ©cume se dĂ©pose en des gouttelettes miroitantes.
            Les yeux se sont clos, le train la berce, contre le corps bienfaiteur, chaud de sa mĂšre, lâenfant sommeille. Takawashi surprend le sourire aimant de sa femme, un regard est Ă©changĂ©. Dans le silence, tous se rendent Ă ce ravissement sans faille.
La nuit sâĂ©tend. Dans le compartiment les voyageurs sâendorment, lâenfant nâest plus de ce monde, elle fuit dans les rĂȘves, se devinant aux pieds des falaises noires, le regard portant sur lâhorizon, plus loin⊠Sur la Russie, ce pays Ă©tranger, oĂč elle imagine que tout est blanc, une neige Ă©ternelle, presque une ouate de coton vierge et soyeuseâŠ
[i] Rapace : Autour des palombes japonais.
extrait de Apres l'orage
Fuyomi en Ă©quilibre sur un billot de bois scrute au travers du Kagami-ita. Pupilles toutes Ă©carquillĂ©es, dissimulĂ©e par le trompe lâĆil, dans le nĆud de lâĂ©corce du pin, elle sâenquiert de lâarrivĂ©e des spectateurs. De toutes les reprĂ©sentations théùtrales, ses prĂ©fĂ©rĂ©s restent les NĂŽ de dĂ©mons. Ces piĂšces la passionne et lâapeure tout Ă la fois. Elle apprĂ©cie ce jeu rapide, lâĂ©lĂ©ment surnaturel, les danses rythmĂ©es, le battement saccadĂ© du tambour Ă baguettes. Les NĂŽ de femmes folles la tourmentent, ces scĂšnes, la lient Ă de sombres raisonnements, soustrayant tout plaisir. Fuyomi toujours sâinterroge sur la place du rĂ©el, sur lâessence mĂȘme de lâirrĂ©alitĂ©. Immanquablement elle en vient Ă se pressentir vieillissante, loin de la multitude, entravĂ©e par la dĂ©mence, ne se nourrissant que de lichens et dâeau, lĂ©chant le sel Ă mĂȘme la pierre, prorogeant lâenfance, recluse dans le cataclysme impĂ©nĂ©trable de la forĂȘt primaire. (...)
 Kagami-ita: Trou dans le trompe lâĆil de la scĂšne permettant dâobserver la scĂšne sans ĂȘtre vu.
 NÎ:  Le théùtre nÎ ou nÎ est un des styles traditionnels de théùtre japonais venant d'une conception religieuse et aristocratique de la vie. Le nÎ allie des chroniques en vers à des pantomimes dansées. Arborant des costumes somptueux et des masques spécifiques (il y a 138 masques différents), les acteurs jouent essentiellement pour les Shogun et les samouraïs.