Est-ce que Dieu joue au cache-cache?
Prédication par Andrew Rossiter au temple de Castelmoron le 10 mai 2026
1 Pierre 3.15-18, Actes des Apôtres 17.22-31
"Hide and Seek" par Pavel Tchelitchew
Soyez toujours prêts à défendre l’espérance que nous avons en nous (1 Pierre 3.15), c’est avec ces mots que Pierre encourage ses lecteurs. J'entends sa question comme s'il me l'adresse: est-ce que je suis prêt à défendre l’espérance qui est en moi? Et quels sont les moyens à ma disposition?
J’entends dire qu’étant un chrétien je dois être positif et aimant et bienveillant envers les autres. C’est l’image que la Bible nous renvoie avec les histoires de méchants et des bons. Les bons sont celles et ceux qui font œuvre de charité, de générosité et qui sont prêts à pardonner. Il me semble que l’instruction chrétienne nous place devant les tests pour savoir oui ou non nous sommes de bons croyants par l’effet de notre foi dans nos actes dans le monde. A la fin de la parabole du «bon» Samaritain, Jésus dit «va et faire la même chose». Paul nous dit que trois choses demeurent: la foi, l’espérance et l’amour, mais le plus grande est l’amour. Nous entendons parler souvent de la foi et de l'amour, mais moins souvent, l'espérance.
Défendre l’espérance qui est en nous. Alors je me suis dit, qu’est-ce c’est cette espérance que Dieu place en nous? Nous avons deux mots qui sont souvent confondus: espoir et espérance. Espoir c’est l’action d’attendre, parfois avec angoisse ou avec impatience, quelque chose très souvent aperçu comme meilleure ou qui n’existe pas encore. L’espoir se situe au niveau de nos émotions et de nos passions.
L’espérance, par contre n’est pas un synonyme d’espoir, mais comme dit Jacques Ellul, il s’agit de les opposer. L’espérance se fonde non pas sur nos émotions, mais se trouve ancré dans nos convictions. L’espérance signifie que nous souhaitons cette chose et que nous sommes prêts à mettre en œuvre ce qu’il faut pour le voir venir. Ce n’est pas une simple attente, mais une attente agissante. Dans la Bible nous entendons parler d’une espérance sûre et certaine, d’une espérance confiante. L’espérance nous procure une joie et une confiance profonde, loin de l’angoisse devant nos espoirs.
Je crois que le monde a besoin de l’espérance et nous sommes appelés à partager la part qui est placée dans nos mains et dans nos vies. C’est l’espérance que Paul défend dans son discours à Athènes.
Quand il arrive à Athènes il est perturbé de découvrir qu’il y avaient des dieux partout, ou plutôt les autels dédiés à des différents dieux. Où se trouve le bon, le seul, l’unique sauveur parmi eux. Est-ce que Dieu joue à cache-cache? Il a conclue que les gens, très croyants, étaient en recherche de l’espérance - mais qu’ils la cherchait, là où elle ne se trouvait pas. «Cache-cache, vient me trouver, je suis prêt!»
D’abord Paul se tourne vers les responsables juifs de la ville. Les juifs, comme lui, essayaient de vivre selon les precepts dans la Torah. En suivant les enseignements de Dieu ils pensaient s’approcher de Dieu. Leur espérance était fondée sur vivre une bonne vie, correcte, respectueuse des autres et de Dieu. Il n’y a rien de mauvais de vivre la vie en pensant aux autres, en respectant les lois et en faisant attention. Mais ce n’est pas le chemin qui va vers Dieu. L’espérance que Paul a trouvé était dans une relation renouvelée avec Dieu par le don de sa grâce. Les conséquences peuvent se produire dans une vie saine. Mais pas dans le sens contraire.
Puis Paul va à la rencontre des philosophes. A son époque tout le monde (ou presque) croyait dans l'existence de Dieu. L’existence de Dieu n’était pas LA question philosophique comme aujourd’hui. Mais quel Dieu? Pour beaucoup, si Dieu existe, Dieu est une idée lointaine qui n’a rien à voir avec mon expérience de tous les jours. Une sorte d’autre dimension qui est parallèle avec ma vie actuelle, comme si on pouvait entamer un saut en Hyperdrive comme dans le Millenium Falcon en Star Wars. Et bien sûr revenir dans la vraie vie après.
D’autres considèrent que la vie est destinée et que nous n’avons pas grande chose à faire, il faut la subir. Dans cette optique nous devons focaliser sur nous-mêmes et mener une vie qui nous convient, il ne faut pas attendre qu’on nous aide. Si nous n’espérons pas, nous ne serons pas déçus, nous n’allons pas souffrir. Beaucoup de ces personnes participent dans le monde, et veulent voir un monde meilleur. Mais ils ne comptent que sur eux-mêmes et leurs forces. Alors est-ce que l’espérance existe pour eux? Voici la question que Paul leur pose.
Paul a constaté le nombre d’autels à Athènes. je me suis amusais à imaginer ce qu’il verrait dans nos villes aujourd’hui. J’imaginais l’embarquer dans ma voiture pour fair un tour.
Je pense qu’il remarquerait nos buildings, nos stades et nos centres commerciaux. Parfois il apercevrait une église, mais ce ne sont plus les églises qui dominent nos horizons aujourd’hui. Ce n’est pas le commerce ni les succès qui nous sauvent. Le sport et le shopping sont les divertissements, certes, qui donnent plaisir, mais le salut? Avons-nous l’espérance en nos caddies pleins et nos équipes de rugby? Quand ils gagnent, peut être.
Alors Paul aurait remarqué aussi, sans doute, tous les panneaux publicitaires avec leurs suggestions que pour notre bonheur nous avons besoin de toutes ces choses. Quels autres autels et sanctuaires trouverait-il, nous incitant à placer notre espoir dans des choses qui ne feront que nous décevoir? Loin d’être fataliste, Paul voit que tous ces faux espoirs ont une raison, ils nous poussent vers cette espérance qui ne nous décevra pas.
C’est ainsi que Paul conclut son discours, mais ce n’est pas la fin de son témoignage. Loin de là . La vie de Paul est tout aussi importante pour son témoignage que ses paroles. Paul a trouvé une telle espérance en Jésus qu’il lui a consacré sa vie. Rien d’autre ne compte pour Paul. Toute son espérance repose sur Jésus. Ce n’est plus lui qui vit, mais le Christ qui vit en lui. C’est tout ce qui compte pour lui. Et toutes les personnes qui rencontraient Paul le savaient. Sa vie témoignait de son espérance et il la défendait avec plus que ses paroles. Nous n’avons pas besoin d’être éloquents pour défendre notre espérance. Nous n’avons pas besoin de trouver les mots justes pour témoigner de notre foi. Il nous suffit de vivre ce que nous croyons. Comme le dit la phrase attribuée à saint François: «Prêchez l’Évangile chaque jour. Si nécessaire, utilisez des mots.»