9 septembre 2013, ćäșŹ (si ça, câest pas la classe international),
Me voilĂ enfin embarquĂ©e dans lâaventure de ma vie (ou du moins, son dĂ©but) ! Jâai donc pris lâavion samedi soir, Ă vingt-deux heures (au lieu de vingt heures vingt, certes, certes⊠Mais cela mâĂ©tonne-t-il rĂ©ellement que le seul avion avec un problĂšme technique soit le mien ?!). En rĂ©alitĂ©, les onze ou douze heures dâavion sont passĂ©es relativement vite entre le film (The Blind Side), Vanity Fair et les quelques heures de sommeil grappillĂ©es ici ou lĂ .
Jâai Ă©tĂ© rassurĂ©e que tous les panneaux de lâaĂ©roport (et partout, en rĂ©alitĂ©) sont traduits dans notre alphabet. Ce qui facilite grandement pour le mĂ©tro, je dois dire. Jâai Ă©galement Ă©tĂ© apaisĂ©e de voir quâon ne me refusait pas lâentrĂ©e sur le territoire chinois (pour une quelconque raison obscure liĂ©e Ă mon malchance lĂ©gendaire). Mais quâon nâavait pas non plus perdu mes valises. Parfait !
Bon, par contre, lâhomme qui sâoccupait du transfert ne parlait pas un mot dâanglais (lol), câĂ©tait donc un peu sinistre dans la voiture. Ma famille dâaccueil ne parle rien dâautre que le Chinois (rien dâĂ©tonnant pour un couple dâune soixantaine dâannĂ©es). Ils sont, en tous les cas, ultra gentils et ma chambre est grande, agrĂ©able. Jâhabite dans une tour de quinze Ă©tages (Ă©trange pour la petite campagnarde que je suis), oĂč deux appartements font un Ă©tage. Ils sont donc assez grands (comptez environs sept ou huit piĂšces). Bon, lĂ encore, la conversation nâest pas aisĂ©eâŠ
Mais nous sommes deux Ă©tudiants ! Avec moi, vit un garçon, LĂ©., de dix-huit ans (dediou, jâsuis vieille !) qui parle pas trop Chinois non plus. Hier, nous Ă©tions un peu perdus, surtout quand il a fallu aller acheter la carte de mĂ©tro. Et forcĂ©ment, jâavais pas prĂ©vu assez mais on sâest dĂ©merdĂ©, comme dâhabâ. Jâsuis la reine de la dĂ©brouille de toutes les maniĂšres.
Ce matin, câĂ©tait folklo aussi. DĂ©jĂ , ma host mom sâest levĂ©e Ă six heures pour prĂ©parer le petit dĂ©jeuner (la folle) et moi, Ă cinq heures trente tant jâĂ©tais stressĂ©e (faut dire aussi que je me suis couchĂ©e Ă neuf heures trente, hein). A sept heures trente, LĂ©. mâa dit quâon y allait (ah ? Mais on a pas encore mangĂ©). Mais notre host dad nous a arrĂȘtĂ© pour le petit dĂ©jeuner et a tentĂ© de nous expliquer que quelquâun viendrait nous prendre Ă huit heures vingt (il nous a fallu vingt bonnes minutes pour comprendre et encore, il a utilisĂ© google trad).
Huit heures trente, nous nous retrouvons avec un groupe dâune dizaine de personnes, toutes issues de je ne sais trop oĂč (Ă©quateur, Venezuela, BelgiqueâŠ). Le genre de situation qui me fout une trouille monstre : un tas de personnes inconnues qui sâinterrogent sur ta vie ! Un peu honteuse de mon accent de merde (toussetousseeuphĂ©mismetousse), jâai pas trop osĂ© parler au dĂ©but mais je me suis vite dĂ©tendue. Bon, il sâavĂšre que je suis une des plus vieilles du lot (pourquoi ?!) mais que, pour la toute premiĂšre fois de ma vie dâĂ©coliĂšre, mon groupe comporte plus de garçons que de filles⊠Non, non, vous ne lisez pas mal ! Du coup, câest un peu Ă©trange pour moi et je me suis longuement demandĂ© : si je reste suffisamment longtemps collĂ©e au mur, vais-je finir par me transformer en tapisserie ?! Et bien non.
La chose l'a plus étrange en Chine ? Le métro ! Dire qu'on ressemble à des sardines en boßte serait un bel euphémisme. En fait, les gens ici ont, comme les lapins, une faculté incroyable à se ratatiner et à s'aplatir qui fait que tout le monde rentre dans le métro. Alors nous, occidentaux qui aimons prendre toute la place, avons bien du mal à ne serait-ce que trouver un morceau de place pour s'y glisser !
Ce matin sâest consacrĂ© Ă un cours de dĂ©couverte du chinois avec prononciation et tutti quanti. Bon, certes, ma prononciation chinoise est aussi mauvaise que ma prononciation anglaise mais je ne dĂ©sespĂšre pas. Donc, je participe comme je peux, tant pis pour la honte. Il sâavĂšre, en rĂ©alitĂ©, que la majoritĂ© des Ă©tudiants sont dĂ©butants (hourra !) et que je nâai pas trop Ă mâinquiĂ©ter de ce cĂŽtĂ©-lĂ . Je nâai pas perdu mon anglais non plus (un deux mois, dâun autre cĂŽtĂ©) et je suis tout Ă fait apte Ă communiquer avec les autres (mĂȘme si parfois, mon accent me fait dĂ©faut).
AprĂšs, nous avons fait un tour des rues adjacentes lâĂ©cole et nous avons dĂ©jeunĂ© dans une sorte de self pour la modique somme de 15 yuans (soit un total de 1,86 euros) et je ne suis pas morte cet aprĂšs-midi. Dire quâon mâavait dit que jâallais ĂȘtre malade comme un chien⊠Certes, ce nâĂ©tait pas ultra Ă©picĂ© mais tout de mĂȘme, câest quoi ces estomacs ?!
LâaprĂšs-midi, nous nous sommes promenĂ©s dans le centre de Beijing, du cĂŽtĂ© de la CitĂ© Interdite æ
ćź« gĂčgĆng que jâirais probablement voir samedi, bien quâelle soit en travaux. Puis, nous avons fait un petit tour dans la rue marchande dâĂ cĂŽtĂ© (oĂč on peut manger plein de choses ultra raffinĂ©es : Ă©toiles de mer, hippocampes, scorpions, serpents, chiensâŠ) : çćșäș WĂĄngfÇjÇng. Ăa fait un peu peur, je dois dire, et ça pue pas mal. Mais ils vendent Ă©galement plein de babioles rigolotes et il a fallu que je calme mon cĂŽtĂ© acheteuse compulsif.
Jâai terminĂ© ma journĂ©e en retrouvant le groupe qui vit au mĂȘme endroit que moi. Le dĂźner Ă©tait un peu difficile aussi, parce que LĂ©. et moi ne comprenons absolument rien. Cependant, tout sâest tranquillement dĂ©liĂ© quand on a commencĂ© Ă apprendre le nom des aliments (je suis donc fiĂšre dâannoncer que je sais dire riz, aile de poulet, maĂŻs et je nâai plus faim) et Ă les réécrire. Â
Aventureusement et EF-ment,