Câest par une « intime cessation de toute opĂ©ration intellectuelle » que lâesprit est mis Ă nu. Sinon, le discours le maintient dans son petit tassement. Le discours, sâil le veut, peut souffler la tempĂȘte ; quelque effort que je fasse, au coin du feu le vent ne peut glacer. La diffĂ©rence entre expĂ©rience intĂ©rieure et philosophie rĂ©side principalement en ce que, dans lâexpĂ©rience, lâĂ©noncĂ© nâest rien, sinon un moyen et mĂȘme, autant quâun moyen, un obstacle ; ce qui compte nâest plus lâĂ©noncĂ© du vent, câest le vent. Ă ce point nous voyons le sens second du mot dramatiser : câest la volontĂ©, sâajoutant au discours, de ne pas sâen tenir Ă lâĂ©noncĂ©, dâobliger Ă sentir le glacĂ© du vent, Ă ĂȘtre nu.
Georges Bataille, LâExpĂ©rience intĂ©rieure, Gallimard, 1954
















