LIVING LA VIDA LOCAL (pt 109)
Faisant suite Ă un premier EP sorti en autoproduction en ce dĂ©but dâannĂ©e, Michael Galetto (alias DET90) passe Ă la vitesse supĂ©rieure avec la sortie de ce long player en forme de manifeste acide pour les copains de Chez Kito Kat. Son patronyme devrait dĂ©jĂ pouvoir te renseigner sur la musique du gazier. DET pour Detroit, lieu de naissance de la techno, et 90 pour la dĂ©cennie qui a vu le genre tout emporter sur son passage. Derrick May, Juan Atkins, quelques vieilles boĂźtes Ă rythme, 2/3 synthĂ©s analogiques et câest parti pour un voyage dans le temps. Ces huit nouvelles compositions aux patronymes plus quâĂ©tranges (sont-ce des coordonnĂ©es ? un code secret Ă dĂ©chiffrer ?) se dĂ©marquent par un ascĂ©tisme sonique bienvenu (les mĂ©lodies vont Ă lâessentiel, les âarrangementsâ sont tout sauf superflus), une production dans le ton et filent surtout Ă une vitesse hallucinante. Une urgence Ă©tonnante qui fait tout Ă la fois leur force et leur faiblesse. Leur immĂ©diatetĂ© accroche lâoreille, leur durĂ©e plutĂŽt courte pour de la techno hypnotique frustre sur le long terme. Mais câest pas plus mal. Et vu comme le loulou semble productif, je pense quâon risque dâen entendre Ă nouveau parler dâici pas trĂšs longtemps.
On lâa serinĂ© durant des annĂ©es avec ça.
âBon allez mec, câest quand que tu sors un beau vinyle ?â
Ben voilĂ . On est le 9 novembre 2015 et il est enfin lĂ . Ce Color Slide porte dâailleurs bien son nom, dĂ©clinant une palette sonore aux teintes pastelles et Ă©thĂ©rĂ©es, rappelant les heures de gloire du Berlinois Stefan Betke (alias POLE) tout comme les artistes de son label -Scape, Kit Clayton en tĂȘte. Les cinq titres qui le composent jouent ainsi adroitement avec des couleurs ambient dreamy scintillantes (les mĂ©lodies créées charment par leur complexitĂ©), alliant des structures progressives sensorielles (ça glitche pas dans le vide) Ă des rythmiques plus deep qui respirent lâamour que MR BIOS Ă©prouve pour la grande musique allemande des annĂ©es 70 (aprĂšs tout, câest une constante de son travail, de KOMPARCE Ă BINARY & DYSLEXIC). Le tout se fond parfaitement dans le moule de la musique Ă©lectronique moderne et pourrait carrĂ©ment passer en aprĂšs-midi sur les ondes de Nova que ça ne me choquerait absolument pas. Cet EP laisse en tout cas prĂ©sager, je lâespĂšre, dâun prochain full length aussi consĂ©quent quâabsorbant (allez, huit titres, quatre par face, et je serai le plus heureux des geeks).


















