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Galette #12 - Neal Morse - Sola Scriptura
Album : Sola Scriptura Artiste: Neal Morse Année : 2007 Pays : USA Genre : C-prog (Rock Progressif Chrétien) avec passages Heavy, Sympho, Folk, un peu de tout, quoi... A écouter : Au petit matin, au bord d'une falaise, face au lever du soleil (démerdez-vous avec ça)
Cliquez ici pour écouter l'album complet
Bon, la semaine dernière on a beaucoup trop parlé de choses ésotériques et païennes alors cette semaine, laissez-moi vous parler de Dieu.
Et là je me rend compte que quasiment tous les albums dont on a parlé sont en rapport avec une quelconque religion... Mais là c'est pas pareil ! On parle d'une vraie religion, et le mec y croit vraiment.
Le mec, c'est Neal Morse, ancien leader du groupe Spock Beard, c'est un compositeur, chanteur et multi-instrumentiste de génie extrêmement productif. A la suite d'un drame dans sa vie privée qui s'est résolu de façon miraculeuse, Morse a choisi d'uniquement consacrer son art à sa foi chrétienne protestante, mais ça n'en reste pas moins un génie, et un génie, ça produit des choses géniales.
La chose géniale dont on va parler aujourd'hui, c'est Sola Scriptura, un concept album sur la vie de Martin Luther. Neal Morse y exécute les voix, claviers et guitares tandis qu'on retrouve son fidèle ami Mike Portnoy (ex Dream Theater) à la batterie, Randy George à la basse et Paul Gilbert en guest pour quelques soli de guitare bien placés. Cet album est constitué de quatre pistes aux tailles très inégales, c'est le cas de le dire. Je ne comprends d'ailleurs pas vraiment l'intérêt de découper la galette de la sorte, cela la rend juste plus inaccessible... Mais bon, ce qui compte c'est le contenu.
La première piste, The Door est une suite de 30 minutes. Après une introduction qui fait le tour des différents thèmes musicaux qui seront traités dans l'album, on se met à osciller entre des parties assez heavy et des parties plus douces qui nous exposent les méfaits de l'église catholique avant d'arriver sur la partie Keep Silent et ses airs rock gospel qui donne une pêche incroyable. Cette première suite se conclue par une partie tout en douceur et en émotion : Upon the Door.
La seconde piste, The Conflict est une autre longue suite de 25 minutes avec une composition assez similaire à la première, elle commence d'emblée avec Do You Know My Name?, la partie la plus heavy de l'album où on entend un pape furieux contre Luther, puis la puissante et tubesque Party to the Lie et ses instants instrumentaux haletants. Au milieu de cette suite, on est surpris par une partie très folk/flamenco, Two Down One to Go, toute aussi efficace que la partie rock/gospell pour avoir envie de remuer dans tous les sens (attention, je vous rappelle que vous êtes au bord d'une falaise...), cette partie se change en une reprise heavy de l'un des premiers thèmes avant de terminer cette suite une fois de plus en douceur avec l'angélique Already Home.
La troisième piste, Heaven in my Heart est une ballade de 5 minutes assez classique mais très efficace, c'est un peu la chanson cliché qui nous rappelle qu'on est en train d'écouter du rock chrétien : «Oh god, help me to have Heaven in my heart ! ». Mettre une petite ballade de 5 minutes au milieux d'un album aux chansons titanesques, c'est en quelque sorte la marque de fabrique de Neal Morse.
Enfin, la quatrième piste est une suite de (seulement) 16 minutes. Nommée logiquement The Conclusion, cette dernière piste s'ouvre avec une introduction instrumentale qui est sûrement la partie la plus folle de cet album puis on se prend en pleine face plusieurs parties très épiques à la suite, se mélangeant avec des airs déjà entendus plus tôt dans l'opus avant de finir sur un Grande Finale, une fois de plus plein de douceur et de majesté.
Ainsi, dans cette galette, Neal Morse, au sommet de son art, nous prouve qu'un album de rock progressif chrétien peut être avant tout un excellent album de rock progressif, d'une variété de style et d'une richesse musicale peu commune. Les paroles, loin d'être un frein à la qualité de l'album, sont très bien tournées et étayent vraiment la musique. Bien que non croyant et ne connaissant rien à la religion protestante, je me suis reconnu plus d'une fois dans les paroles de cette galette et me suis surpris à chanter des passages comme « How can I keep silent when I know the truth? I ask myself one question: What would Jesus do? Ho Yeah ! ».
Donc, oui on peut écouter du rock chrétien sans être chrétien, tout comme on peut écouter du Black Metal néo-nazi sans être nazi, écouter du Booba sans vendre de drogue ou écouter du Patrick Sébastien sans être un gros Beauf (euh...) D'une manière générale, je pense qu'il y a deux façons d'écouter de la musique, l'écouter pour ce qu'elle représente et l'écouter pour ce qu'elle est. Et les phrases du genre : « Beurk, cette mélodie ça fait vraiment générique de dessin animé » ou « mouais, ça fait beaucoup trop porno ce solo de saxophone » ou encore « je rêve où on est en train d'écouter du rock chrétien ? » ne devraient jamais être prononcées si on écoutait la musique juste pour l'émotion qu'elle nous transmet et non en y cherchant les clichés qu'on peut y associer.
Quant à moi, je devrais arrêter de présenter des albums qui tournent autour de la religion parce que je m'emporte beaucoup trop à chaque foi(s)...
Livgren speaks of a time and place not unlike the current world situation
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