Viennent ensuite des réalisations auxquelles les œuvres cinétiques renvoient plus directement. Le Manifeste Réaliste, publié en Russie par les frères Naum Gabo et Anton Pevsner en 1920, inaugure le Constructivisme en faisant du mouvement un médium à part entière. L’idée de concevoir des objets qui conjuguent le mouvement, l’espace et la lumière y est présentée comme porteuse de l’esprit moderne. Au-delà des théories qui lui sont liées, l’emploi du mouvement dans les arts trouve déjà sa mise en œuvre dans le projet de Monument à la troisième internationale que Vladimir Tatline conçoit au cours de cette même année. Importées au Bauhaus de Weimar entre 1921 et 1924 avec l’arrivée de nouveaux enseignants, notamment Paul Klee, Vassily Kandinsky puis Laszlo Moholy-Nagy, les idées du Constructivisme sont par la suite diffusées à travers toute l’Europe et les États-Unis [11].
Naum Gabo, Anton Pevsner, Lazar Lissitzky, Alexander Rodtchenko, mettent leurs idées en application au travers de réalisations picturales et volumétriques ; le mouvement est parfois signifié par des rapports de formes, de couleurs et de matériaux, parfois généré par des vibrations optiques et même concrètement mis en œuvre par Naum Gabo. Dès 1920, Gabo réalise l’une des premières sculptures motorisées, composée d’une boule et d’un fil tournant rapidement sur lui-même de telle manière, qu’avec la rotation du fil, un volume virtuel apparaît.